ADAM, « LE ROI, LE MAÎTRE », « HADES » : LA SIGNIFICATION DES FRESQUES 200 ET 138 DE LA GROTTE DE MARSOULAS

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Décryptage Grotte de Marsoulas - Fresques 200 et 138

Le Déchiffrage du Langage des Cavernes : Grotte de Marsoulas (France) — Fresques 200 & 138

Objectif de cet article

Après la démonstration de la parfaite correspondance entre le langage rupestre (couple animaux & signes) et le langage idéographique proto-sumérien qui a été faite dans le livre :

Cet article, lui aussi tiré du même livre, l'illustre en décryptant deux fresques de Marsoulas, la 200 et la 138, avec un focus particulier sur la première qui représente un bison orné de signes.

Cet exemple est un des dix exemples de déchiffrage cités dans l'ouvrage. Il constitue une preuve supplémentaire que le langage de la Préhistoire et celui de l'Histoire la plus archaïque ne font qu'un, tout comme la Mythologie qu'ils véhiculent.

Cela, en dépit de la théorie scientiste qui domine encore le monde de l'archéologie, phagocyté par un corporatisme de chercheurs pour la plupart ignorants de la science de la linguistique archaïque comme de la science sacrée de la symbolique, et qui continuent pourtant de monopoliser le débat sur le sens à donner à ces fresques.

Le déchiffrage de la fresque 200 et 138 de la grotte de Marsoulas

Évidenciation

Voici les différents signes que relève André Leroi-Gourhan comme provenant eux aussi de la grotte de Marsoulas suivant ses références (200 et 198)[1] :

Signe 200 Signe 198

Le signe qu’il m’intéresse de vous expliquer est Signe Marsoulas

Remarquez SVP qu’il est différent de celui déjà observé sur la fresque du grand panneau de Marsoulas Signe Grand Panneau puisque sa dent gauche est parfaitement droite alors que celle du grand panneau de Marsoulas est incurvée, ce qui, nous l’avons vu, donne le signe šu ou tak.

Quel est alors le signifié de ce signe ?

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Signification

En proto-cunéiforme

Pour le comprendre, je vous renvoie au signe proto-cunéiforme N°20A du tableau comparatif en annexe (du livre) et à ses multiples déclinaisons :

Signes Proto-cunéiformes GAL

Signes qui se translittèrent gal[2] et qui signifie « grand, puissant » et qui désigne « un chef »[3].

C’est ce signe que l’on retrouve par exemple dans le nom royal « Lugal-dalu » en écriture proto-cunéiforme avec ici à droite le même nom sous sa forme stylisée en cunéiforme :

Lugal-dalu

L’idéogramme de Lugal est suivant la CDLI aussi donné pour ou [4] et signifie « un roi, un maître »[5].

C’est donc très simple. Il ne faut franchement pas sortir de Saint-Cyr pour s’en rendre compte pour peu que l’on connaisse, ou que l’on s’intéresse, allez, un tant soit peu, vraiment, aux écritures idéographiques archaïques.

En hiéroglyphe hittite

La preuve en est, s’il en était besoin, de son sens cette fois en hiéroglyphe hittite. En effet, est le signe pour le latin dominus, c’est-à-dire « maître »… Je ne pense donc pas utile d’en rajouter.

En proto-élamite

On peut relever que ce signe est présent en proto-élamite sous la forme (signe M38a). Même si cette écriture n’a pas été traduite, il est quasi certain que ce signe a le même sens qu’en proto-cunéiforme (étant donné la grande proximité temporelle, cultuelle, culturelle, géographique entre Sumer et l’Elam) même s’il ne se prononce pas nécessairement de la même manière.

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Le déchiffrage de la fresque 200 de la grotte de Marsoulas

Il est bien sûr plus qu’évident que ce signe appliqué au bison désigne par là un roi, un dirigeant, un maître.

C’est parfaitement en phase avec ce que nous avons dit tout à l'heure savoir que le père primordial a été vénéré, adoré, déifié sous la forme animale du taureau sauvage, de l’auroch, du bison en tant que père des dieux ou la divinité suprême.

Notez concernant cette figure qu’elle comprend non seulement , mais aussi les deux cornes dont nous connaissons (maintenant) le sens (a = père).

Notez aussi, SVP, que le signe se translitère giš en proto-cunéiforme[6].

Quant au signe de la côte/lune (ti en sumérien[7][8] ; spr en égyptien[9][10][11]), il a déjà été abordé et, comme je l’ai déjà dit, il sera démontré ultérieurement, essentiellement dans la partie III du volume 2, en quoi il est le symbole de l’épouse de l’homme primordial, de la femme primordiale.

Dès lors, il faut réaliser que si l’ensemble + bison + donne : ada am(a) gal : le roi/maître Adam(a), il est absolument, je répète absolument remarquable que le couple d’idéogrammes + signifie giš-ti alors même que gišti est l’autre nom sumérien de côte, car la côte se dit « ti » ou bien « gišti ».

Comprenez, s’il vous plaît que seul ti la côte aurait pu être idéographiée mais en en idéographiant + gišti qui est, des deux idéogrammes pour désigner la côte, le plus complexe, les auteurs de cette fresque nous démontrent, même si sans le vouloir, que c’est assurément le système sémiologique proto-cunéiforme / hiéroglyphique qu’ils ont utilisé ici.

En effet, la probabilité est nulle qu’il s’agisse d’un hasard que ces deux logogrammes qui s’associent pour dire gišti et signifie « une côte », soient placés exactement à cet endroit du corps de l’animal qui désigne aussi de toute évidence une côte !!

Rappel visuel :

Fresque 200 Rappel

Cela constitue une autre preuve indubitable que nous sommes face au système idéographique qui a donné naissance au proto-cunéiforme et aux hiéroglyphes.

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Le Déchiffrage de la fresque 138 de la grotte de Marsoulas

Fresque 138

Cette fresque se lit simplement en a(da)– gal pour la partie haute et a(da) šé ou a(da) eš.

Pourquoi cette scission par un trait en pointillé intermédiaire ? Parce que le signe du haut, a-gal qui signifie un déluge[12] (et est donc un synonyme de père[13]), mais aussi le père (a) – roi/maître (gal), est le dieu d'en haut, le dieu du ciel.

Tandis que sous a(da)eš, il est le père-roi-maître de l'inframonde, des enfers. Nom, adeš qui est, vous l’avez sans doute compris en le prononçant, à l’origine archaïque du nom du futur dieu grec des morts, de la tombe et des enfers, Hadès.

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Références et Notes de bas de page

[1] Étude Leroi-Gourhan (Persee) / Le symbolisme des grands signes dans l'art pariétal paléolithique André Leroi-Gourhan ; Bulletin de la Société préhistorique française Année 1958 55-7-8 pp. 384-398

[2] 20A (Falkenstein, 1936, p. 91) (CDLI, p. 67)

[3] gal, ñal : n., a large cup ; chief ; eldest son. adj., big, large ; mighty ; great (chamber + abundant, numerous) (A.Halloran, 1999, pp. 30, 31) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : gal, ñal = nominatif : une large coupe, un chef, un fils ainé ; adjectifs = grand, large, puissant (chambre + abondant, nominatif nombreux)

[4] (CDLI, p. 128)

[5] lugal : king; owner, master (lú, 'man', + gal, 'big') (A.Halloran, 1999, p. 62) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : lugal : roi ; propriétaire, maître (, homme + gal, grand)

[6] 3 (CDLI, pp. 81, 82)

[7] ti : side, rib; arrow (cf., te, diĥ, and tìl) (A.Halloran, 1999, p. 17) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : ti = côté, côte, flèche (cf., te, diĥ, and tìl)

[8] Ñišti : strut, brace, rib ('rib'). (A.Halloran, 1999, p. 148) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : Ñišti = support, attèle, côte.

[9] Croissant de lune (aussi vertical) ou lorsqu'il est utilisé comme déterminatif) ; Idéo. ou dét. dans iaH ou , lune / Gardiner p. 486, N11.

[10] Dans certaines inscriptions, est écrit pour spr côte / Gardiner p. 486, N11.

[11] Forme alternative de comme dans iaH lune ; Ce signe peut être confondu avec spr côte / Gardiner p. 486, N12

[12] a-gal: overflow of flood waters ('waters' + 'big') (A.Halloran, 1999, p. 72) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : a-gal: débordement d’eaux diluviennes ('eaux' + 'grand(es)').

[13] Volume 4 / syllabaire sumérien-français : a, e4 = nominatif ; eau, cours d’eau, canal, fluide séminal, descendance, père, larmes, déluge. (A.Halloran, 1999, p. 3)

Synthèse Lexicale des Signes

Signe Translittération Signification & Concept
Signe GAL GAL / LUGAL Grand, Puissant, Roi, Maître. Déterminatif de supériorité.
Signe ADA A / ADA Père primordial, Géniteur, Eau, Déluge.
Signe GIŠ GIŠ Outil, Arbre, Membre. (Composante du nom de la côte).
Signe TI TI / GIŠTI La Côte, la Vie. Symbole de l'épouse de l'homme primordial.

Bibliographie

Voir les notes de bas de page de chaque section en lien avec cette liste ci-dessous (non exhaustive) :

Proto-sumérien :

CDLI. Full list of proto-cuneiform signs

& Falkenstein, A. (1936). Archaische Texte aus Uruk.
Lien CDLI - Late Uruk

Proto-élamite :

On peut trouver la liste de signes du proto-élamite sur le site de la CDLI[1] :

Corpus Proto-Elamite
ou Proto-Elamite Period

Il est aussi vrai, toutefois, que ces liens de la CDLI sont souvent dysfonctionnels. Il est donc délicat de visualiser cette liste de signes par ce biais.

Un moyen simple et direct est alors d’aller directement à la source où la CDLI va puiser cette liste de signes :

  • Meriggi, 1974, La scrittura proto-elamica. Parte IIa: Catalogo dei segni (Rome).
[1] Livres sources du CDLI :
Scheil, 1905, Documents archaïques en écriture protoélamite, Paris (MDP, 6), Pp 83 - 114.
de Mecquenem, 1949, Épigraphie protoélamite, Paris (MDP, 31), Pp 44 - 150.
Meriggi, 1974, La scrittura proto-elamica. (Rome).

Sumérien :

A.Halloran, J. [1999]. Lexique Sumérien 3.0.

Hiéroglyphique :

Faulkner. [réed.2017]. Concise dictionary of Middle Egyptian.

Hiero (Pierre Besson)

Hittite hiéroglyphique :

Mnamon / Antiche scritture del Mediterraneo. Luvio geroglifico.

Mnamon - Luvio geroglifico

Hethport - Signlist PDF

Archéologie :

Leroi-Gourhan, A. (1958). Le symbolisme des grands signes dans l’art pariétal paléolithique. Bulletin de la SPF Année 55-7-8 pp. 384-398.

Rappel du lien de cet article avec toute la série littéraire
"La véritable histoire des religions de l'humanité"

Cet article est extrait du Volume 2, livre 1 lui aussi disponible sur ce site. Vous pourrez également retrouver cet ouvrage à la page :

Les Livres

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