LES TEMPLES DE MALTE : SYNTHÈSE DES DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES

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Table des matières

OBJECTIF DE CET ARTICLE

Comme ce titre l’indique, cet article va résumer tout ce qui a été à ce jour découvert et dit de saillant sur ce site sacré.

Cet article n’est donc pas l’explication du site. Vous la trouverez dans un post distinct, à suivre, intitulé :

LES TEMPLES DE MALTE : LA RÉSOLUTION DU MYSTÈRE

Il m’a semblé en effet très utile pour ne pas dire nécessaire, avant de déchiffrer ce site et sa raison d’être sacrée, de faire la synthèse de tout ce qui jusqu’ici a été dit et découvert à son sujet par le monde de l’archéologie. Ceci vous permettra de bien connaître tous les éléments utiles préalables à mémoriser. Après quoi tous ces éléments seront ensuite décryptés (dans l’article dédié au déchiffrage de ce site spécifique), grâce à la connaissance de la langue symbolique sacrée préhistorique, qui vous le verrez, nous permettra de déchiffrer le sens sacré de chacun de ces éléments. Cette langue symbolique sacrée y ayant été, comme sur tout site sacré préhistorique, abondamment utilisée par la haute prêtrise pour y encoder ses enseignements et sa doctrine, dont sa doctrine majeure : la renaissance du père des dieux (l’homme primordial divinisé) dans le dieu-fils grâce à la déesse-mère (la femme primordiale divinisée) et sa matrice.

LIEN DE CET ARTICLE AVEC TOUTE LA SÉRIE LITTÉRAIRE « LA VÉRITABLE HISTOIRE DES RELIGIONS DE L’HUMANITÉ :

Cet article précède l’article dévolu à l’explication du mystère du site de Stonehenge que vous trouverez dans un article distinct de ce site :

LES TEMPLES DE MALTE : LA RÉSOLUTION DU MYSTÈRE

ou bien dans le livre intitulé :

Les temples mégalithiques de Malte, Göbekli Tepe et Stonehenge

que vous trouverez aussi en vente à la rubrique suivante :

Livres déjà parus

Pour bien comprendre la raison d’être de ce livre au sein de la série littéraire la véritable histoires des religions de l’humanité, rendez-vous à la page :

Introduction / Structuration et contenu

Je vous souhaite maintenant une excellente lecture de l’article mis à votre disposition dans son intégralité ci-dessous :

DATE À PARTIR DE – 5 400 AV. J.-C./ LES TEMPLES MÉGALITHIQUES DE MALTE ET HYPOGÉE DE HAL SALFIENI

 

SYNTHESE RÉCAPITULATIVE DES INFORMATIONS DISPONIBLES À CE JOUR

 

INTRODUCTION

 

Les temples mégalithiques de Malte sont un ensemble de temples présents dans l’archipel maltais, sur les îles de Malte et Gozo. Ce petit archipel concentre un nombre important de temples mégalithiques : actuellement dix-sept sites inventoriés regroupent trente-trois temples. Il faut y ajouter une quinzaine d’autres sites qui représentaient au moins autant de temples supplémentaires, aujourd’hui disparus sous les bombes de la Seconde Guerre mondiale ou le pic des démolisseurs.

Parmi les sites majeurs, classés par l’UNESCO, citons les sept temples mégalithiques Skorba, Ġgantija, Ta’ Ħaġrat, Ħaġar Qim, Mnajdra, et Tarxien.

Ce sont des constructions préhistoriques monumentales édifiées pendant le IVe et le IIIe millénaire avant J.-C.

 

PLAN USUEL

 

On peut relever de manière synthétique :

  • Avant cour elliptique, façade concave, façade et murs en dalles verticales (orthostates) surmontées de blocs horizontaux.
  • Entrée au centre de la façade, conduisant par un passage monumental à une cour pavée avec de part et d’autre de l’axe principal des chambres semi-circulaires appelées absides, disposées symétriquement de part et d’autre de l’axe principal, avec parfois trois absides ou avec des cours supplémentaires avec quatre, cinq et même, dans un cas, six absides.
  • Les monuments avaient des toits à encorbellement, probablement couverts de poutres horizontales.
  • Les décorations sont des panneaux décorés de trous percés et de panneaux avec des bas-reliefs représentant des motifs en spirale, des arbres, des plantes et divers animaux.

 

LOCALISATION DES PRINCIPAUX SITES

 

Image Google/Gozo est l’île au nord-est/Malte est au sud-est.

 

DATATION

 

Le mégalithisme maltais, indépendant du mégalithisme méditerranéen ou de l’ouest européen, précède de 400 à 700 ans le plus vieux site mégalithique continental, le cairn de Barnenez qui daterait de 4 850 – 4 450 av. J.-C., tandis que les alignements de Carnac ne dateraient que de 4 000 av. J.-C.

Pour situer dans le temps le mégalithisme maltais, voici l’échelle de temps communément agréé :

5 200 – 4 100 av. J.-C. période néolithique

  • 5 200 – 4 500 av. J.-C. phase Għar Dalam
  • 4 500 – 4 400 av. J.-C. phase Skorba grise
  • 4 400 – 4 100 av. J.-C. phase Skorba rouge

4 100 – 2 500 av. J.-C. période des Temples A

  • 4 100 – 3 800 av. J.-C. phase Żebbuġ
  • 3 800 – 3 600 av. J.-C. phase L-Imġarr
  • 3 600 – 3 000 av. J.-C. phase Ġgantija
  • 3 000 – 2 900 av. J.-C. phase Ħal Saflieni
  • 2 900 – 2 500 av. J.-C. phase Ħal Tarxien

2 500 – 700 av. J.-C. âge du bronze

  • 2 500 – 1 500 av. J.-C. phase des cimetières de Tarxien
  • 1 500 – 725 av. J.-C. phase Borġ in-Nadur
  • 900 – 700 av. J.-C. phase Baħrija

L’on observe ainsi que les mastabas (2 700 av. J.-C.) et les pyramides d’Égypte (2500 av. J.-C.) sont en fait contemporains des derniers temples maltais tout comme Stonehenge (avec son double fer à cheval de pierres bleues [2600 av. J.-C.], ses trilithes [2400 av. J.-C.] et son cercle de sarsen [remanié jusqu’en 1600 av. J.-C.])

La grande période mégalithique maltaise est terminée depuis environ 700 ans lors de la construction du vieux temple de Cnossos (1900 – 1800 av. J.-C.).

Chaque monument se distingue par son plan, son articulation et ses techniques de construction.

Habituellement, on s’en approche en passant par une avant-cour elliptique, située devant une façade concave. La façade et les murs intérieurs sont constitués de dalles en pierre verticales, appelées orthostates, surmontées de blocs horizontaux.

En général, l’entrée de la construction se trouve au centre de la façade, conduisant par un passage monumental à une cour pavée. L’intérieur des bâtiments est formé de chambres demi-circulaires, communément appelées absides, disposées symétriquement de part et d’autre de l’axe principal. Le nombre d’absides varie d’un monument à l’autre, certains comptent trois absides s’ouvrant sur la cour centrale, d’autres ont des cours qui se succèdent avec quatre, cinq et même, dans un cas, six absides. 

Les rangées subsistantes d’éléments de maçonnerie horizontaux indiquent que les monuments avaient des toits à encorbellement, probablement couverts de poutres horizontales. Cette méthode de construction était une solution remarquablement élaborée pour son époque.

Les éléments décorés trouvés dans les monuments témoignent d’un haut niveau de savoir-faire. Ces éléments consistent essentiellement en des panneaux décorés de trous percés et de panneaux avec des bas-reliefs représentant des motifs en spirale, des arbres, des plantes et divers animaux. La forme et le plan de ces constructions, ainsi que les objets d’art trouvés à l’intérieur, donnent à penser que celles-ci étaient un centre important pour la pratique des rites d’une société extrêmement organisée.

 

TEMPLE DE SKORBA (5 400 – 2 500 av. J.-C.)

Plan du site de Skorba (à 118 m d’altitude)

/réalisé par Hamelin de Guettelet

Skorba, aussi orthographié Sqolba, est le nom d’un ensemble de temples mégalithiques, situé à Żebbieħ, au nord-ouest de l’île de Malte.

Il y a deux temples, un premier temple méridional de la phase de Ġgantija (3 600 – 3 000 av. J.-C.), et un temple septentrional de la phase de Tarxien (2 900 – 2 500 av. J.-C.). Les plus vieux vestiges consistent en un mur de 11 m de long datant de la première moitié du IVe millénaire av. J.‑C.

Le temple méridional est de forme tréflée à trois absides. Il est orienté suivant un axe sud-est/nord-ouest. Il mesure environ 20 x 12 m, dans une enceinte de 25 x 15 m.

Un détail important est le pavage en pierre à l’entrée du temple. Ces dalles, au nombre de six, comportent cinq trous sur trois d’entre elles. Ces trous sont interprétés par D. H. Trump comme étant destinés à recevoir des libations.

Un bloc de 3,90 m de haut, utilisé pour la construction de l’embrasure intérieure, semble être lié à un réaménagement ultérieur de la phase Tarxien. Ce bloc a la particularité d’être en calcaire à globigérine, absent de l’environnement géologique proche du temple. La carrière la plus proche se trouve à plus de 1 500 m, et le transport d’un bloc de plusieurs tonnes dans un paysage accidenté est en soi une sorte d’exploit.

Le temple septentrional multitréflé, pourtant plus récent, est mal conservé. D’environ 15 x 15 m, il est accolé au premier suivant un axe sud-nord.

La fouille du site a mis au jour des figurines de pierre et de terre cuite. Il s’agit de torses féminins stylisés, mais montrant clairement poitrine et triangle pubien. Trouvés également, des os de bovidés usés par frottement pour leur donner la forme de phallus, et des crânes de chèvre fracassés comme on pourrait le voir dans un abattoir.

 

TEMPLE DE ĠGANTIJA (4 100 A 3000 AV JC)

Plan du temple de Ġgantija/Plan réalisé par Hamelin de Guettelet

Ġgantija (« tour des géants » en maltais) est le nom d’un ensemble de deux temples mégalithiques de Malte situé au centre de l’île de Gozo près de la ville de Xagħra, avec un temple méridional et un temple septentrional.

Le temple méridional (28 × 24 m) est de forme tréflée (peut-être 4 100 av. J.-C. dans une forme primitive) précédée d’une salle à double abside (3 600 av. J.-C.).

Le temple septentrional (20 × 18 m) est une succession de deux salles à double abside (postérieur à 3 600 av. J.-C.). La salle du fond comporte une niche à la place de la traditionnelle abside frontale. Le site est utilisé entre 4 100 et 3 000 av. J.-C.

Dans le temple méridional, l’abside de droite en entrant semble avoir une importance particulière pour le culte. Un écran de pierre, précédé d’un foyer, délimite le fond de l’abside. S’y trouvent deux autels bas sculptés de spirales, disposés sur des marches formant estrade. Au-dessus se situe une niche qui devait recevoir la pierre conique (1 m de haut), parfaitement polie, qui est exposée aujourd’hui au musée national d’archéologie. L’abside de gauche a révélé lors des fouilles un enduit d’argile revêtu de plâtre décoré à l’ocre rouge. Le couloir permettant le passage dans les absides du fond est constitué de pierres dressées décorées de petites concavités. L’abside de gauche comporte trois niches constituées de blocs parfaitement équarris montrant encore des traces d’outils peut-être métalliques.

 

TEMPLE DE Ta’ Ħaġrat (3 600 à 3 000 av jc)

Plan du temple de Ta’ Ħaġrat/réalisé par Hamelin de Guettelet

Le complexe de temples mégalithiques de Ta’ Ħaġrat est daté du Néolithique. Il se trouve à L-Imġarr, sur l’île de Malte, très proche de Skorba. C’est le site de référence de la phase Mġarr (3800 – 3600 av. J.-C.) 1.

Le premier temple trilobé, orienté sud-est/nord-ouest, fait 18 x 16 m. Il est daté de 3 600 – 3 000 av. J.-C. Le deuxième temple, doté de quatre absides, orienté sud-nord, est plus petit. Il fait 10 x 8 m, et est daté de 3 300 – 3 000 av. J.-C. Son entrée n’est pas extérieure, elle donne dans l’abside est du premier.

Ils sont tous les deux construits de grosses pierres sèches. Le premier temple comporte une entrée mégalithique s’évasant à l’intérieur sur l’espace central. Les fouilles ont révélé que ces deux temples ont été construits sur un site plus ancien datant de 4100 – 3800 av. J.-C.

Découverte pendant les fouilles, une miniature (6 x 4 x 5 cm) en calcaire représente un temple de forme ovale. Il est possible de reconnaître le portail trilithe, les murs en gros appareil, et un toit constitué de grandes dalles. Il faut donc imaginer ces temples, aujourd’hui à ciel ouvert, comme ayant comporté une couverture lithique.

 

TEMPLE DE MNAJDRA (3 600 A 2 500 AV JC)

Plan du temple de Mnajdra/Plan réalisé par Hamelin de Guettelet

Mnajdra est situé près de la ville de Qrendi, à 500 m du site de Ħaġar Qim, près de la rive sud de l’île de Malte. Le site s’élève à 200 m de la mer Méditerranée, au-dessus des falaises, l’îlot de Filfla visible à 5 km au large.

« … » Les temples sont principalement composés de corbeaux et de pierres plus petites, et de colonne et linteaux faisant usage de grandes dalles de calcaire.

« … » Le plan en trèfle de Mnajdra est plus régulier que celui de Ħaġar Qim et semble rappeler le temple antérieur de Ġgantija. La structure préhistorique consiste en trois temples joints, mais pas connectés : les temples supérieur, moyen et inférieur :

  • Le temple supérieur est la plus vieille structure du complexe de Mnajdra et date de l’époque de Ġgantija (3600-3200 av. J.-C.). C’est un bâtiment à trois absides, dont l’entrée est formée par un trou découpé dans une grande dalle de calcaire verticale, un type de construction typique des autres entrées mégalithiques de Malte. Le temple semble avoir possédé à l’origine un plafond voûté, mais seule la base de celui-ci est toujours en place au sommet des murs. Les piliers sont décorés de trous percés en rangées horizontales sur leur surface interne.
  • Le temple moyen est construit à la fin de l’époque de Tarxien (3150–2500 av. J.-C.) et est la structure la plus récente. Il est constitué de dalles surmontées de pierres horizontales.
  • Le temple inférieur, bâti au début de l’époque de Tarxien, est la structure la mieux conservée et la plus impressionnante. Elle possède une avant-cour contenant des bancs de pierre, un passage d’entrée recouvert de dalles horizontales et les restes d’un possible toit en dôme. Le temple est décoré de gravures en spirales et d’indentations, et percé de fenêtres, certaines donnant sur des pièces plus petites et une dernière sur un ensemble de pierres.
  • Le temple inférieur est aligné astronomiquement et pourrait avoir servi de site d’observation astronomique ou de calendrier. Aux équinoxes, la lumière du soleil passe par l’entrée principale et éclaire l’axe du temple. Aux solstices, elle illumine les bords des mégalithes à la droite et à la gauche de cette entrée.

« … » En décembre 1949, sont découverts deux petites statues, deux grands bols, des outils et une grande pierre ronde, probablement utilisée pour déplacer les pierres du temple.

 

TEMPLE DE Ħaġar Qim (3 600 A 2 500 AV JC)

Plan du temple de Hagar Qim/réalisé par Hamelin de Guettelet

Le site néolithique de Ħaġar Qim est situé près de la ville de Qrendi, au-dessus des falaises au sud de Malte.

Les ruines de quatre temples sont échelonnées sur une période de mille ans (3 600-2 500 av. J.-C.). Les restes de la plus vieille construction sont aujourd’hui peu identifiables. Au sud du site, des ruines, maintenant difficilement lisibles (environ 18 × 12 m), remontent au moins à la phase Mġarr (3 800-3 600 av. J.-C.). Au nord du site, le temple septentrional (25 × 20 m) montre un plan polylobé de la phase Ġgantija (3 600-3 000 av. J.-C.).

Au centre du site, le mur d’enceinte méridional (environ 35 × 28 m) englobe un temple et une succession d’agrandissements/aménagements sur une période d’au moins cinq siècles. Le temple d’origine (3 000-2 500 av. J.-C.) à quatre absides et abside distale remplacée par une niche est d’abord agrandi d’une salle communiquant avec la deuxième abside ouest. Les trois agrandissements ultérieurs ont en commun une originalité par rapport au plan canonique, ils s’ouvrent directement à l’extérieur et n’ont pas de communication interne entre eux. L’ensemble de Ħaġar Qim, construit entièrement en pierre taillée dans du calcaire à globigérine, marque le point culminant de l’esthétisme architectural de la « culture des temples » qui s’étend de 3 000-2 500 av. J.-C. 4,5.

La façade nord-est comporte, juste à côté du couloir donnant accès au trou de l’oracle, un sanctuaire abritant deux bétyles ; un élancé, supposé représenter le sexe masculin, et un beaucoup plus bas, de forme trapézoïdale, supposée représenter le sexe féminin. Sur la gauche des bétyles, la plus importante pierre d’enceinte utilisée dans un temple maltais fait 6,4 m de long par 5,2 m de haut pour un poids estimé de vingt tonnes. Les fouilles mirent au jour dans la première abside ouest la « Venus de Malte », une statuette de nu féminin très naturaliste, retrouvée sans tête.

 

TEMPLE DE TARXIEN (3 600 A 2 500 AV JC)

Plan du temple de Tarxien/réalisé par Hamelin de Guettelet

Les Temples de Tarxien forment un complexe de quatre édifices religieux

Le temple primitif, à l’est, est daté de 3 250 av. J.-C. pendant la phase Ġgantija (3 600-3 000 av. J.-C.). Orienté sud-nord, d’environ 15 x 10 m, les vestiges sont difficilement déchiffrables même si la restauration laisse imaginer un petit temple à cinq absides.

Les temples oriental et occidental sont datés de 3 000 av. J.-C. pendant la phase Saflieni (3 000-2 900 av. J.-C.), ils sont tous les deux orientés sud-ouest/nord-est. Le temple oriental, le plus simple, mais peut-être le mieux travaillé, fait environ 20 x 20 m. Les deux absides du fond, dont celle de droite dite abside de l’oracle, sont constituées de grandes dalles parfaitement ajustées, légèrement inclinées vers l’intérieur et encastrées dans la roche-mère.

Le temple occidental à cinq absides fait environ 25 x 25 m. Il présente une traditionnelle façade concave comportant, au niveau du sol, à chacune de ses extrémités (aujourd’hui uniquement à l’extrémité sud) une pierre parfaitement taillée et encadrée, percée de plusieurs trous. Les archéologues, à la suite de T. Zammit, pensent à la pierre divinatoire d’un petit sanctuaire. Une fois passée l’entrée monumentale, reconstruite en 1956, la première abside de droite abrite la partie inférieure d’une statue colossale qui devait faire près de 3 m de haut. La taille de cette statue ne peut faire penser qu’à une idole et non à une représentation humaine. Sa ressemblance avec les autres statuettes découvertes sur plusieurs sites confirme le statut d’idole de toutes ces statuettes. Ce qui est le plus remarquable dans ce temple est le nombre de pierres sculptées en bas-relief de motifs géométriques (volutes, spirales…) ou animaliers (bouc, chèvre, cochon…). Une de ces pierres décorées comporte une ouverture en demi-lune, bouchée par une pierre parfaitement ajustée et décorée. Les fouilles ont révélé que cette pierre donnait ouverture à un espace où étaient déposés des offrandes et le couteau rituel de pierre.

Le temple central vient s’immiscer entre les deux temples précédents, il est daté de la phase Tarxien (2 900-2 500 av. J.-C.). C’est un temple à six absides et niche distale orientée aussi sud-ouest/nord-est d’environ 28 x 20 m. Il ne communique avec l’extérieur que par une entrée située dans la première abside nord, mais son entrée principale est accessible par la deuxième abside sud du temple occidental.

 

ÉVOLUTION DES TEMPLES

On trouve à cet égard sur le site YouTube Arcana un schéma intéressant de l’évolution des temples :

Arcana Les mystères du monde

 

TOMBE DE XEMXIJA

Remarquez que le Site d’Arcana mentionne comme schéma la tombe de Xemxija. En effet, elle serait le modèle à partir duquel les temples ont ensuite été conçus.

Voici la description de ce site de Xemxija faite par Jess Emma Thompson :

Les tombes de Xemxija comprennent sept tombes taillées dans la roche dans le calcaire corallien supérieur du Plateau de Xemxija, sur la crête d’une colline surplombant la baie de Saint-Paul.

Chaque tombe est accessible par un petit puits d’entrée dans le plateau qui peut avoir à l’origine bloqué par de grosses pierres. Les puits d’entrée mènent

à des chambres en forme de dôme, certaines avec des marches conservées dans la roche (voir l’annexe 2.1 pour le plan et plans en coupe de chaque tombe). Les tombes peuvent avoir été initialement présentées comme des cavités dans le calcaire qui ont été agrandies par la suite. Les tombes 1 et 2 ont trois lobes internes, soutenus par des colonnes de calcaire ; ces tombes sont maintenant interconnectées, mais étaient à l’origine construites séparément. Les tombes 3 et 4 sont plus simples, toutes deux avec une seule chambre en forme de rein.

La tombe 5 est la plus complexe, avec cinq chambres lobées rayonnant depuis l’entrée. « … »

Tous, à l’exception de la tombe 4, contenaient des céramiques (annexe 2.2), y compris des bols à carreaux dessins caractéristiques de la phase Ġgantija (Evans 1971, 112-116). Certaines tombes peuvent avoir été construites pendant la phase Ġgantija, tandis que le tombeau 5 date peut-être du dernier Saflieni

phase (Evans 1971, 115 ; Pace 2004, 165).

Curieusement, cette tombe contenait le plus grand assemblage d’artefacts, comprenant 12 bols et bassins en céramique, ainsi que des ornements personnels (cinq coquilles de Spondylus avec des boutons perforés en V, deux perles de coquille de Spondylus, trois pendentifs de coquille et deux pendentifs miniatures de hache en pierre verte)

Plan des tombeaux de Xemxija (redessiné après Trump 2002, 163).

Entrées des tombes 1 et 2 (à gauche) et de la tombe 5 (à droite), photos de l’auteur/Tombeaux de Xemxija

(thèse de Jess Emma Thompson octobre 2019/Magdalene College, University of Cambridge)

        

HYPOGÉE DE HAL SAFLIÉNI À MALTE

 

RÉCAPITULATIF DES INFORMATIONS DISPONIBLES À CE JOUR DU SITE

 

Plan de l’hypogée de Ħal Saflieni/réalisé par Hamelin de Guettelet

Description

Le site comporte une cinquantaine de salles sur environ 2 500 m2 réparties sur quatre niveaux. Le niveau du sol primitif, avec la restauration de l’entrée de l’hypogée, le premier niveau, environ à – 3 m, comprend les premières chambres datées de la phase Żebbuġ (4 100-3 800 av. J.-C.) et les agrandissements de la phase Ġgantija (3 600-3 000 av. J.-C.). Le deuxième niveau, à environ – 6 m, avec les plus belles salles, puis le troisième niveau, à un peu plus de – 10 m, datent de la phase Tarxien (3 000-2 500 av. J.-C.) 7.

Sol primitif :

La restauration du site à la fin du XXe siècle a permis la mise en valeur du niveau initial. L’entrée du site se fait désormais par ce niveau et non plus directement au deuxième niveau. De plus, il est maintenant possible de voir les portails trilithes marquant l’entrée de l’hypogée ainsi qu’un premier puits à offrandes, lieu de découverte d’une statuette de femme stéatopyge sans tête ainsi que deux têtes sans corps.

Premier niveau :

Le premier niveau comporte, directement sur la droite, mais aussi dans la première salle à gauche, les lieux où fut découverte la très grande majorité des ossements. Zammit a estimé à environ 7 000 le nombre total de squelettes que l’hypogée a abrités. Il ne subsiste aujourd’hui que six crânes dolichocéphales entreposés dans deux boîtes au Musée National d’Archéologie de Malte. Au bout de la salle de gauche, un grand espace relativement profond est interprété par les spécialistes comme pouvant être une citerne datant de 4 000 av. J.-C. Toujours sur la gauche, un trilithe laisse supposer une partition de cet espace.

Deuxième niveau :

Le deuxième niveau est le plus vaste ; son plan est le plus complexe et le plus remarquable. Tout de suite sur la gauche se trouve une salle qui semble être inachevée (la superficie des parois ne comporte pas partout le même aspect de finition), mais qui est pourtant décorée. Son plafond comporte 14 disques d’ocre rouge. Les petites alcôves de cette salle ont fait dire aux archéologues que cet endroit était réservé à des inhumations plus ou moins individuelles. En avançant dans l’hypogée, sur la droite se situe une salle dite « chambre de l’oracle » au plafond décoré de spirales ocre dans l’esprit des bas-reliefs découverts au temple de Tarxien. Une petite ouverture en hauteur dans le mur donne sur une niche, elle-même décorée, dite « niche de l’oracle » en raison de l’écho qui résonne dans le temple si l’on parle dans l’ouverture. Aujourd’hui, les spécialistes pensent plutôt à l’emplacement d’une statue ou d’un objet cultuel.

En avançant toujours vers le fond de l’hypogée, on entre dans une nouvelle salle au plafond décoré de volutes inscrites dans des pentagones. C’est là que se trouve le deuxième puits à offrandes où les archéologues ont découvert des amulettes, des bijoux et la célèbre « Sleeping Lady » :

Sleeping Lady (musée national d’archéologie de La Valette)

Derrière le puits à offrandes se trouvent les trois pièces les plus remarquables de l’hypogée : la chambre principale (supposée être un lieu de culte), le « Saint des saints » (supposé réservé aux officiants) et le « Trésor » (supposé être un lieu d’inhumation). Ces salles ont pour particularité, jamais retrouvée dans aucun autre hypogée, que leurs parois représentent, sculptées dans le calcaire à globigérine, toutes les apparences extérieures et intérieures des temples de surface, avec leurs entrées trilithes, leurs orthostates, leurs autels, leurs voûtes en encorbellement, leurs banquettes, etc. Le traitement de la pierre, particulièrement soigné, donne à l’ensemble un véritable aspect monumental.

Troisième niveau :

Un escalier en partie tournant, composé de sept marches dont la dernière, sur deux pierres dressées, est assez haute par rapport au sol, donne accès au troisième niveau. Ici les salles, situées en grande partie sous celles du niveau supérieur, sont disposées de telle façon qu’elles laissent subsister des pilastres supportant la charge du niveau supérieur. Des traces d’ocre rouge laissent supposer une riche décoration. La fonction de ces salles est sujette à controverse, certains voulant y voir des réserves protégées par un escalier dangereux dans l’obscurité.

 

ÉVIDENCE DU CULTE DE LA DÉESSE-MÈRE

 

Pour comprendre ce site en harmonie avec ce qui a déjà été démontré par ailleurs, il faut aussi constater que le culte de la déesse-mère est évident.

En effet, ont été retrouvés sur place des figurines voir des éléments de statue de déesse-mère, de plus, avec des caractéristiques particulières.

Voici à quoi devait ressembler la déesse-mère locale, ici en position debout :   

Réplique de la figurine trouvée à Ġgantija (disponible au centre touristique de Ġgantija.)

Il est remarquable que l’idole colossale (2,5 mètres) qui se trouve dans l’abside de droite après l’entrée principale du temple occidental de Tarxien est cette déesse-mère.

Voici ce qui reste du socle de la statue encore présent sur site :

WK/Temples de Tarxien/Galichon-Jerome-Temples-de-Tarxien

De toute évidence, il ressemble comme 2 gouttes d’eau à la robe avec laquelle est revêtue la figurine de Ggantija.

Il convient de constater que, que par rapport à figurine de la déesse-mère représentée debout, sur ce site, le fait que les jambes soient apparentes laisse comprendre qu’elle est représentée comme étant assise.

C’est d’ailleurs l’avis de Mr Evans cité par Mr Ferguson  :

La silhouette devait mesurer environ deux mètres de haut quand elle était intacte « … » Le personnage a sans aucun doute été présenté comme assise. Certaines des statuettes trouvées à Tarxien donnent une bonne idée de ce que devait être quand elle était complète. » (Evans 1971 ; 120) (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.187)

Voici d’ailleurs des moules du Musée local reproduisant des figurines retrouvées sur place de la déesse-mère locale.

Moule reproduction de la déesse-mère stéatopyge (c.-à-d. avec de très grosses fesses), retrouvée sans tête. Musée de Malte

Statuettes trouvées à Hagar Qim

http://web.infinito.it/utenti/m/malta_mega_temples/stattuet/statt/stat/sitknee.html

Sleeping Lady (musée national d’archéologie de La Valette)

Correspondant visiblement à celle découverte au puits à offrande de l’hypogée de Ħal Saflieni

Une autre femme endormie (?) de l’hypogée de Hal Safliéni.

Fabriqué en argile brune polie, le personnage est tourné vers le bas et semble être nu jusqu’à la taille. Le cou est manquant et une partie du dos est cassée, mais une jupe plissée peut être distinguée de ce qui reste.

http://web.infinito.it/utenti/m/malta_mega_temples/stattuet/statt/stat/sitknee.html

Figurine trouvée lors de l’excavation du Cercle de Xaghra (un site funéraire à 400 m à l’ouest de Ggantija).

Voici ce dit dans sa thèse, Mr Ferguson, à propos de ces différentes figurines :

Si les figurines de déesse apparemment symbolisent la maternité (dont l’archétype suprême est la mère allaitant son bébé), alors elles peuvent raisonnablement être appelées figurines de la déesse mère. S’ils se trouvent dans un contexte archéologique tel qu’un temple ou un sanctuaire qui est approprié aux pratiques sectaires, alors il est raisonnable de parler d’un culte de la déesse mère. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.13).

Il n’y a donc absolument aucun doute que nous sommes sur un site dédié principalement à la déesse-mère

Remarquez cependant que certaines caractéristiques de cette représentation locale de la déesse-mère interpellent à l’observation de ces figurines :

  • Elle est plantureuse. Elle a des épaules, des bras des hanches ou fesses, des jambes des cuisses et mollets rondes et volumineuses.
  • Elle est représentée assise ou bien allongée sur le dos, sur le côté, voire sur le ventre.

BIBLIOGRAPHIE

LES TEMPLES MÉGALITHIQUES DE MALTE 

J’en profite pour remercier aussi le travail que je juge exceptionnel réalisé par Hamelin de Guettelet, en ce qui concerne les plans des temples sans qui cette analyse n’aurait sans doute pas eu la même résonnance.

  • Chaîne You Tube Arcana.
  • https://www.youtube.com/watch?v=6EIZYWwSZAs
  • Thèse de Jess Emma Thompson octobre 2019/Magdalene College, University of Cambridge
  • The temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology)
  • http://web.infinito.it/utenti/m/malta_mega_temples/stattuet/statt/stat/sitknee.html

RAPPEL DU  LIEN DE CET ARTICLE AVEC TOUTE LA SÉRIE LITTÉRAIRE « LA VÉRITABLE HISTOIRE DES RELIGIONS DE L’HUMANITÉ :

Cet article précède l’article dévolu à l’explication du mystère du site de Stonehenge que vous trouverez dans un article distinct de ce site :

LES TEMPLES DE MALTE : LA RÉSOLUTION DU MYSTÈRE

ou bien dans le livre intitulé :

Les temples mégalithiques de Malte, Göbekli Tepe et Stonehenge

que vous trouverez aussi en vente à la rubrique suivante :

Livres déjà parus

Pour bien comprendre la raison d’être de ce livre au sein de la série littéraire la véritable histoires des religions de l’humanité, rendez-vous à la page :

Introduction / Structuration et contenu

 

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Revoir l’explication à ce propos en en-tête de la rubrique la note préalable de l’auteur sur sa politique de mise à disposition de ses livres :

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