LA SIGNIFICATION DU TAUREAU / AUROCH DU PREMIER PANNEAU DE LA LICORNE DE LA GROTTE DE LASCAUX

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OBJECTIF DE CET ARTICLE

Cet  article va traduire le sens de la fresque du taureau / auroch avec ses signes, en langage idéographique proto-sumérien et ses langues associées : le sumérien et le hiéroglyphique. Il prouve qu’il s’agit de la grande divinité préhistorique et nous révèle son nom.

Table des matières

LIEN DE CET ARTICLE AVEC TOUTE LA SÉRIE  LITTÉRAIRE  « LA VÉRITABLE HISTOIRE DES RELIGIONS DE L’HUMANITÉ »

 

Cet article est extrait du livre lui aussi disponible sur ce site :

Le déchiffrage du language des cavernes

Livre que vous pourrez aussi trouver à la rubrique :

Livres déjà parus

Pour bien comprendre la raison d’être de ce livre au sein de la série littéraire la véritable histoires des religions de l’humanité, rendez-vous à la page :

Introduction / Structuration et contenu

Je vous souhaite maintenant une excellente lecture de cet article que je mets à votre disposition, dans son intégralité, ci-dessous :

Grotte de Lascaux : Le premier taureau du panneau de la Licorne

 

Vous vous rappelez sans doute que ce signe est présent sur la première fresque et on le retrouve quasiment en bout de course, au niveau du diverticule des félins avant les dernières figures du tréfonds et l’arrivée sur l’Abside et le puits. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_Lascaux#/media/Fichier:Lascaux_painting.jpg

Diverticule des Félins. Panneau I. Le « XIII ». Croix diagonale et triple trait parallèles, peints en noir au fond d’une niche de la paroi Ouest

Que signifie-t-il ?

Ce signe (noté 92A dans le tableau comparatif en annexe) se retrouve aussi bien en proto-cunéiforme[1] : qu’en hiéroglyphes :

Pour comprendre ce signe, il faut déjà comprendre ce que I c’est-à-dire un seul bâtonnet veut dire.

 

Le signe I

 

En proto-cunéiforme

, un seul trait, signifie a ou e[2].

Or, que signifie « a » en sumérien ?

a signifie notamment un père, un cours d’eau[3]. Ajoutons à cela qu’en sumérien le phonème « i » signifie aussi un cours d’eau par i7[4].

Nous comprenons ainsi qu’un seul trait puisse désigner le père à travers notamment le symbolisme du cours d’eau.

 

En hiéroglyphe

 

Le trait simple vertical

Son sens polysémique y est tout aussi profond et très important[5]

Le trait unique sert à désigner « l’unique, le seul » comme dans le hiéroglyphe wa « un ; l’unique, le seul », un qualificatif qui est notamment par son équivalent, waty utilisé pour désigner la grande divinité sous son avatar sbA waty « l’étoile du matin, la planète Vénus »[6] lorsqu’elle réapparaît régénérée après sa mort. Ce dieu Vénus est la contrepartie du soleil noir égyptien, c’est-à-dire la même grande divinité durant sa mort et son passage par les enfers.

est un signe qui était aussi utilisé comme substitut à des hiéroglyphes figures humaines afin de ne pas avoir à les prononcer par crainte superstitieuse de leur pouvoir magique puisque s’agissant de grandes divinités.

Il est intéressant de remarquer qu’il peut aussi avoir le sens de « i », « moi, je ».

On retrouve d’ailleurs dans le lexique le fait que le i (avec le déterminatif du « balai / buisson ») signifie « moi, je » (voire le balai / buisson seul)[7]

Concernant le i, remarquez qu’en égyptien, il est interchangeable avec A.

Les exemples sont nombreux[8].

Et puisque a signifie « père » en sumérien, la langue sœur aînée de l’égyptien[9], ce « i » véhicule symboliquement et cultuellement aussi le sens de « père ».

Enfin, le simple trait vertical peut aussi remplacer sous la forme du hiéroglyphe la figure de l’homme » : qui s’écrit  « s ».

Que comprenons-nous ?

Que cultuellement, symboliquement, ce simple trait  que l’on peut vocaliser i, mais aussi A, désigne un homme, un père, divinisé sous la grande divinité principale, le seul dieu, l’unique dieu.

Nous verrons d’ailleurs dans la partie II de Dieu à Adam pourquoi « s » ou « sa » est pour désigner l’homme et au premier chef d’entre eux, l’homme primordial.

 

Le trait simple horizontal

La variante du trait simple vertical, le trait horizontal, est tout autant digne d’intérêt[10].

En effet, il est utilisé uniquement dans le hiéroglyphe diwt  qui signifie un « cri perçant ; un hurlement, un beuglement ».

 Or, si l’on connaît le sumérien, ce « cri » nous parle, ou plutôt nous hurle, car il hurle le mot « père ».

En effet, un des mots pour père en sumérien est ada, ad qui signifie outre père, aussi un cri[11]

Par ailleurs, l’égyptien dniwt en vertu de l’élision du w[12] est homophone de dnit qui désigne notamment un canal[13]. Canal que nous savons être par le sumérien un symbole du père.

Nous retrouvons ainsi associés avec ce simple trait horizontal (une variante du vertical), les symboles d’un père criant, d’un bovidé beuglant…

Le fait de le retrouver triplé face au premier taureau de la fresque de la licorne n’est assurément pas un hasard…

Si vous doutez qu’en termes de père il s’agisse du père primordial, eh bien jetons un coup d’œil au sens du trait simple en diagonale.

 

Le trait simple en diagonale

Ce signe ou est tout aussi explicite[14].

En effet, outre le fait que c’est lui aussi un substitut de figures humaines faisant référence à des divinités dont il ne faut pas prononcer le nom par crainte superstitieuse de leur pouvoir magique, ce signe sert aussi à remplacer le hiéroglyphe  qui, comme vous pouvez le visualiser désigne un vieillard avec son bâton de vieillesse.

En effet, il est utilisé dans  en remplacement de  qui se vocalisent indistinctement tous les deux smsw terme qui désigne « un aîné, le plus ancien, l’aîné ».

Il est donc clair que la divinité à laquelle ce trait renvoie n’est nul autre que l’ancêtre de l’humanité divinisé, l’homme primordial.

Il n’est pas question d’un dieu tout puissant qui l’a(urait) toujours été, exerçant depuis toujours sa domination depuis le « ciel » symbolique, mais d’un mâne, c’est-à-dire d’un ancêtre humain qui a été divinisé après sa mort.

 

Le signe de deux traits simples obliques ou verticaux

Puisque nous y sommes, voyons ce que les deux traits obliques ou verticaux en égyptien ont à nous dire :

En fait, ils illustrent un même aspect que nous avons déjà évoqué savoir le fait qu’ils servent de substitut à la représentation de divinités.

En effet, que dans certains cas remplace les représentations humaines considérées comme magiquement dangereuses[15], avec pour exemple le hiéroglyphe en remplacement de qui se vocalisent tous Axt(i) et qui désignent « les deux glorieuses ». Par ces « deux glorieuses », il est fait allusion à Nekhbet et Ouadjet, les déesses vautour et serpent protectrices de la Haute et Basse-Égypte.

Le hiéroglyphe Axt  est aussi le nom de la déesse Akhet et le hiéroglyphe Axt  désigne la tombe du roi en tant qu’habitant de l’horizon[16], ce à quoi il faut ajouter que Axty  un « habitant de l’horizon » est en fait une épithète de divinité[17].

Nous comprenons ainsi que ce signe de deux traits inclinés ou verticaux désigne une divinité majeure, un dieu-roi, ou une déesse-reine.

 

Le signe III

 

En proto-cunéiforme

On retrouve en proto-cunéiforme le signe  ou ou avec le sens de « a » ou « e » triplé[18].

Qu’est-ce que cela signifie ?

Voyons en quoi la langue sœur cadette du sumérien, l’égyptien hiéroglyphique peut nous aider.

 

En hiéroglyphe

 

Le trait triplé vertical Z2

En hiéroglyphes, ce signe sert de déterminatif pour indiquer « à multiplier par trois » ou la pluralité trois.

C’est là encore un signe qui était utilisé comme substitut à des hiéroglyphes figures humaines afin de ne pas avoir à les prononcer par crainte superstitieuse de leur pouvoir magique puisqu’il s’agit de grandes divinités.

D’ailleurs, au Moyen Empire, ce signe était intégré dans le hiéroglyphe wrw  qui désignent « les grands », c’est-à-dire « les dieux » d’une région[19] 

Nous comprenons alors que ce signe est en fait un signe du pluriel de majesté affecté à la (plus) grande divinité ou divinité suprême.

Si un seul trait, voire deux, représentent déjà de grandes divinités, réitéré trois fois il désigne la déité suprême.

Ce pluriel de majesté est le même principe que l’on retrouve dans la Genèse avec le terme Élohim que d’aucuns traduisent par les dieux comme si Dieu était pluriel, afin généralement de soutenir la doctrine de la Trinité. C’est ne pas comprendre que cette forme même si plurielle sert à mettre l’accent, l’emphase sur la suprématie du Dieu en question, et pas sur une réelle nature triple, d’autant que comme nous l’avons déjà vu le trait unique signifie qu’il est le seul, l’unique. La triple répétition de ce fait n’entraîne donc pas sa démultiplication, mais bien au contraire ne sert qu’à accentuer qu’il est l’unique entre tous autrement dit le Dieu suprême unique.

Si le trait simple est donc « i » le « moi, je », le trait triple est le « nous » un peu comme le roi qui dit « nous » en parlant de lui et de ses décisions à la première personne du pluriel. Encore une fois, ce « nous » ne signifie pas que le roi est ni pluriel ou trinitaire, mais qu’il est l’autorité suprême en son royaume.

 

Les trois traits superposes Z3 et Z3A

Lorsque superposés ou , ces deux signes ont le même emploi que .

Ce signe est surtout intéressant, car on le retrouve dans iAt un tertre, un monticule, une butte[20]. Le fait est que iAt signifie aussi une ruine  et on nous renvoie à son synonyme : AA qui désigne un tas de décombres, une ruine[21].

Or, comme nous le verrons dans la partie II de Dieu à Adam, ce tas de décombres, cette ruine, ce AA ne désigne nul autre que l’ancêtre humain primordial sous son état de cadavre.

Disons ici simplement et pour l’heure que a-a est un autre nom sumérien pour désigner un « père »[22].

Il en résulte que à travers ou  renvoie encore et toujours à un père.

 

Les trois traits inclinés Z2C

Ce signe a le même emploi que .

Il est alors intéressant de relever[23] qu’il est utilisé dans le hiéroglyphe  translittéré en awt qui signifie troupeaux dont le (gros) bétail et dont la variante hiéroglyphique awt signifie « hommes ».

Ainsi, l’homme, ou les hommes sont en Égyptiens homonymes du gros bétail. Il est alors logique qu’ils puissent être représentés par eux comme dans la fresque que nous analysons…

De plus, ce awt masque l’identité de l’homme primordial le premier à avoir été associé à un animal du bétail, bovidé ou caprin.

En effet, de par l’élision du w[24] (cas déjà cité ; cf. le trait simple horizontal), awt peut se dire at ; et at, en sumérien[25] comme en égyptien[26] est un équivalent de ad qui désigne… le père[27].

 

Les trois traits en minaret Z2A

Cet autre signe va dans le même sens que les précédents.

En effet, il nous est dit[28] que est une variante du signe en tant que déterminatif pluriel.

Il est alors particulièrement intéressant de noter que ce signe est utilisé dans rT en équivalence de qui est lui utilisé dans rT  ou   et qui sont souvent les hiéroglyphes déterminatifs pour « hommes, gens, genre humain ».

D’ailleurs, les hommes, le genre humain se dit rmTt ou rTt (aussi ) ou rtmt

Qu’est-ce que cela nous confirme sinon que si  est, comme nous l’avons vu, un pluriel de majesté affecté à la plus grande divinité, celle-ci a de toute évidence été originellement un être humain ?

 

En démotique

Pour ce qui est de l’apport du démotique sur cette question, j’attire votre attention sur l’abécédaire de Champollion.

[29]

En relation avec le signe vous remarquez qu’il existe en démotique

Notez que Champollion l’associa par deux fois :

  • Il associe les signes démotiques aux hiéroglyphes .

Or le hiéroglyphe du bras  se translittère en « a »[30].

Et le hiéroglyphe du vautour   se translittère en « A »[31] [32].

  • Et Champollion associe aussi les signes démotiques aux hiéroglyphes

      Or, le double roseau  est le hiéroglyphe qui se translittère en « y » (consonne ou voyelle longue comme en français). Le double roseau est lui-même le redoublement du roseau simple et qui lui se translittère en « i ». Or, « i », en égyptien s’interchange régulièrement avec A. Les exemples sont nombreux[33]

On retrouve aussi dans son script le bras qui se translittère en a.

De sorte que par ces équivalences aussi, peut se translittérer en a ou AA.

Tout cela nous démontre quoi ?

Qu’incontestablement le signe en démotique renvoie à « a » ou « AA » (même à travers y).

Et dans la langue sumérienne, sœur aînée de l’égyptien, ce « a[34] » ou « a-a[35] » désigne le père.

De plus, si l’on s’intéresse soi-même au démotique, qu’y trouve-t-on en rapport avec le  ?

Ce signe existe en effet, il est noté et se translittère en y[36].

Il peut avoir, tout comme i, le simple trait vertical, le sens de « moi ; je » de la première personne du singulier :

[37]

Mais, ce qui nous intéresse particulièrement est qu’il sert aussi à introduire un nom magique, un nom divin comme avec yt[38] « qui signifie mon nom divin est… » (notez au passage que ce yt démotique a pour pendant hiéroglyphique it qui signifie père…) ou bien avec (lire y…A) ou bien avec  (lire y.a) !

Conclusion sur III

Autrement dit, lorsque vous voyez que vous translittérez Y et que vous pouvez prononcer Y, a ou AA, vous savez que vous êtes en train d’introduire un nom « magique », un nom de divinité, en l’occurrence le nom de la divinité suprême avec son pluriel de majesté et qui était autrefois un humain, un père, un aîné, un vieillard, le plus ancien : l’homme primordial

De quel nom s’agit-il ?

Nous allons le voir.

 

Le signe autour du signe III 

Vous avez aussi remarqué un même signe disposés de chaque côté du signe présent au-dessus de la gueule de l’auroch du premier panneau de la licorne :

 

apport du hittite hiéroglyphique

J’attire alors votre attention sur le fait qu’en hiéroglyphes hittites, le signe sert à désigner un animal[39].

Attaché au signe  qui désigne le père primordial divinisé, ceci permet de confirmer le fait qu’il est ici représenté sous une forme animale en l’occurrence ici celle de l’auroch.

 

Apport du démotique

Toutefois, si l’on regarde de plus près, on s’aperçoit que ce signe est plutôt de type point-trait-point que de type trois points en triangle.

De ce point de vue, le démotique nous permet encore de mieux comprendre le sens de ce qui est dit ici.

En effet, si y…A introduit un nom divin, comme nous venons de le voir, son inverse, Ay qui s’écrit , mais aussi  signifie « louer » (to praise en anglais)[40].

(Notez au passage qu’Ay, est un équivalent de hy qui signifie aussi « interpeller saluer, héler, acclamer » « to hail » en anglais, car nous le reverrons plus loin)

[41])

Les deux formes d’Ay signifient « louez » ou « que soit loué » après quoi s’ensuit le nom du dieu à louer.

Or, vous remarquez que le A est constitué d’un trait/point qui évoque bien le signe placé avant et après .

Vous vous demandez peut-être ce que signifie le point à l’opposé ?

C’est en fait assez simple si l’on connaît le démotique.

En effet, Re (le dieu ra) s’écrit .

(comme dans  [ou ou ] qui se translittère

c’est-à-dire Re [t] des deux terres [42] [le t après Re indique ici une déité féminine, ici pour la déesse d’Armant]).

Que pouvez-vous donc lire en voyant  ?

« Louez Re, le seigneur des deux mondes (le fait que le point se trouve au-dessus et en dessous sert aussi à signifier qu’il est le roi du ciel [en haut] et des enfers [en bas] »[43]

Mais quel est le nom imprononçable qui suit cette formule introductive ?

 

Le nom imprononçable de ce dieu auroch !

J’ai parfaitement conscience que ce que vous allez lire avec moi maintenant va brûler les lèvres de bien des lecteurs, mais il nous faut lire cette figure dans sa langue mère.

Nous sommes parvenus à identifier le sens de  .

Il se vocalise a ou AA, et comme c’est fondamentalement, un triple i/A, c’est un pluriel de majesté pour désigner le père des pères, l’ancêtre primordial, le premier humain, lequel a été divinisé sous la forme symbolique animale ici de l’auroch, comme le père des dieux, la plus grande divinité, dont le nom est imprononçable pour ses dévots de peur des terribles conséquences magiques que la simple prononciation de son nom pourrait leur causer, d’où la nécessité d’y substituer ces signes qui auraient, sans cela, représenté un être homme-dieu.

Rappelons que nous avons vu que le « a » sumérien qui signifie donc père, a aussi pour équivalent a-a qui signifie aussi père ainsi qu’ada, ou ad.

Sachant cela et sachant aussi que, comme nous le verrons plus avant, les figures animales font partie, dans les proto-langues dont le proto-cunéiforme, des éléments de langage au même titre que les signes et sont donc usuellement prononcées, demandons-nous simplement : comment se dit « auroch » en sumérien ?

 

Adam(a)

Voici ce que nous lisons au lexique sumérien Halloran[44] :

 

áma, am = « wild ox or cow (aurochs) » ce qui traduit veut dire « vache ou bœuf sauvage (auroch) ».

Si vous mettez bout à bout d’un côté ada/ad et de l’autre áma/am que lisez-vous ?

adam ou adama.

Je comprends parfaitement que ce nom soit tout à fait imprononçable pour les scientistes qui ont cloisonné toute l’histoire humaine en tranches et en sections totalement déconnectées les unes des autres (sans parler de leur totale abstraction des événements de la Genèse biblique), au même titre qu’il était imprononçable pour ses dévots de la Préhistoire.

Même si, nous l’avons compris, ce nom ne doit pas être prononcé par les uns et les autres pour exactement la même raison.

Bien que, dans les deux cas, cette impossibilité sera de nature tout aussi religieuse, puisque les scientistes ne réussiront pas à le prononcer (tout de suite), car elle infèrerait de leur point de vue une remise en question totale et fondamentale de tout leur dogme.

Pourtant, nous n’avons fait que lire une écriture idéographique, en l’occurrence du proto-cunéiforme, qui nous donne le nom de cette déité auroch, de ce dieu taureau sauvage, « ad(a)– am », le « père auroch ».

 

Les autres prononciations du nom magique du dieu auroch

Nous allons voir dans cette partie comment ce nom peut aussi se prononcer, notamment en sumérien, mais aussi plus accessoirement en égyptien hiéroglyphique et en hittite, ce qui en confirmera le sens, et nous permettra de comprendre que l’auroch, taureau sauvage, bœuf est un symbole, une allégorie des plus archaïques de l’ancêtre primordial de l’humanité divinisé.

 

le sumérien A – gu(d) (ku ; a-ka ; ugu)

Il est impératif de comprendre que tout comme áma, am désigne une notamment un bœuf sauvage, ou un auroch, il existe un autre logogramme de sens quasi identique.

Ce logogramme est le logogramme « gu » qui par gu4 et son strict équivalent, « gud », désigne un bœuf (domestique) ou un taureau[45].

Ainsi, le signe III suivi du symbole de l’auroch, du taureau sauvage peut aussi parfaitement se lire a-gu (ou a-gud)

 

Les implications de ce fait simple sont presque aussi importantes que le sens ada-am(a) pour expliquer la constante allégorie mythologique homme primordial-bœuf-taureau

 

Pour le comprendre, il faut se rappeler que les consonnes « g », « k » « ñ », sont parfaitement interchangeables.

Nous avons vu dans le paragraphe initial sur la prononciation des consonnes et voyelles sumériennes translittérées que les exemples de cette équivalence entre « g », « k », « ñ » sont très nombreux.

Qu’est-ce que cela implique ?

Que gu est un strict équivalent de ku.

 

Et que signifie ku ?

 

Sens de ku

Le terme « ku » désigne un ancêtre géniteur procréateur biologique :

En effet, l’idéogramme ku se dit ugu4 qui a le sens verbal de « porter, procréer, produire »[46] [homophone de « úgu »[47] équivalent de « a-ka »].

ugu4 (et ùgun) a aussi le sens verbal d’« engendrer, porter », le sens nominatif d’« un ancêtre », un ancêtre dont on hérite la génétique[48]. Le terme ama-ugu qui associe les termes mère « ama » et « ugu » signifie « une mère naturelle ou biologique »[49].

ugu a donc aussi le sens de naturel, biologique.

L’idéogramme ku se dit aussi a-ugu4  [strict équivalent de « a-ka »] qui signifie « le père qui engendra quelqu’un »[50].

Ainsi l’idéogramme ku et sa phonétisation en ugu ou a-ka signifie donc un ancêtre géniteur procréateur biologique, masculin ou féminin.

C’est d’ailleurs aussi pourquoi son redoublement : « kuku » signifie « un ancêtre fondateur »[51]

 

Sens de a-gu/ku ou de a-aka ou de a-ugu

Ayant compris que gu est un strict équivalent de ku, de a-ka, de ugu qui tous désignent un ancêtre géniteur procréateur biologique, masculin ou féminin quel sens cela a-t-il maintenant d’après vous de rajouter devant ces logogrammes le triple III, a, a-a ou AA ?

Vous le comprenez aisément, puisque « a » désigne un père[52], cela permet de genrer (en plus du III) cette grande divinité primordiale sous l’auroch, le taureau sauvage, le bœuf, comme étant le père ancêtre géniteur procréateur biologique, naturel, l’équivalent de ada-am(a).

 

l’Égyptien

Comment l’égyptien hiéroglyphique prononcerait quant à lui une telle figure ?

Pour le savoir, voyons comment peuvent se dire bœuf et taureau en égyptien :

 

Le Bœuf gw, ngAw, iwA

gw

Bœuf peut se dire « gw » (prononcez gu) qui désigne une race de taureau, un taureau ou bœuf à longues cornes[53] [54].

Ce gw (gu) égyptien est donc parfaitement redondant avec le sumérien que nous venons de voir : gu4 (comme ses équivalents, gud, guð) qui désigne lui aussi un bœuf domestique, un taureau[55].

ngAw

Citons aussi ngAw[56] qui signifie « un taureau ou bœuf à longues cornes ».

À propos de ce mot, il faut relever que le « ng » égyptien est l’équivalent du « ñ » sumérien.

Et puisque les consonnes « g », « k » « ñ », sont parfaitement interchangeables, ngAw se lit ñAu ou gAu ou kAu qui est on le comprend phonétiquement très proche du sumérien « gu ». Il l’est d’autant plus qu’en égyptien on observe souvent l’élision du A[57].

ngAw peut donc se translittérer aussi gw en égyptien, ce qui est la raison de son équivalence de sens avec lui.

Il en résulte qu’en égyptien aussi, cette figure peut parfaitement se lire a-gw comme en sumérien.

C’est une des nombreuses preuves de l’intrication que nous observerons entre le sumérien et le hiéroglyphique égyptien, intrication qui nous permettra de comprendre le sens profond de la mystique égyptienne, et qui nous permet ici de comprendre que le sens à donner à ce a-gw égyptien est strictement le même que le sens sumérien.

iwA

Une autre manière de dire bœuf en égyptien hiéroglyphique est iwA   qui désigne un bœuf ou plus généralement du bétail à longues cornes [58].

Mais qui peut parfaitement désigner ce bœuf, iwA ?

Le père, l’ancêtre, le vieillard, le triple AAA, qui a fait l’objet d’une adoration.

Pourquoi peut-on affirmer cela aussi en égyptien ?

Pour deux raisons étymologiques et donc symboliques et cultuelles parfaitement complémentaires :

iwA= AA

Remarquez que iwA peut se dire « AA », car « iw » en égyptien peut-être équivalent de « A » en début de mot[59] !

Par cet angle étymologique, le iwA le « bœuf… à longues cornes » est par AA l’équivalent du père sumérien a-a.

Mais il est aussi le grand-père, le vieillard.

Voyons pourquoi :

iwA = iAw

Le fait est que iwA peut aussi se dire iAw en égyptien en vertu de l’inversion consonantique que l’on constate parfois[60] comme celle de type iAm, imA (le hiéroglyphe pour arbre iAm  est une variante du hiéroglyphe  imA [qui signifie aussi arbre] : où les sens sont strictement équivalents bien que les deux dernières lettres soient inversées).

Or, que signifie iAw ?

iAw [61] signifie « un vieillard ».

Un vieillard visiblement objet d’adoration puisque iAw a pour hiéroglyphe homophone iAw  qui signifie adoration…

De plus, iAw peut aussi s’écrire iAa ou iaA[62].

Et iAa s’écrit aussi AAa en vertu de la règle égyptienne souvent observée selon laquelle le « i » initial est interchangeable avec un A[63]

Nous nous retrouvons donc face au « père » « a » sumérien, ou plutôt au grand-père sumérien « a-a-a » (avec le mot père redoublé en a[64] a-a[65] d’où le grand-père, le vieillard).

Ainsi, iwA, le bœuf à longues cornes, l’auroch, est le simple miroir inversé de iAw, le vieillard égyptien qui équivaut à AAa en égyptien qui équivaut au a-a-a le grand-père sumérien, qui a fait l’objet évident d’une adoration et auquel comme l’implique son nom, on peut rattacher le triple  égyptien, le signe du pluriel de majesté spécifique à la grande divinité.

 

Le Taureau kA, le bœuf skA

Voyons maintenant comment peut aussi se dire taureau ou bœuf en égyptien :

kA

Il peut se dire kA  taureau, bœuf.

Or ce logogramme kA est strictement le même que celui du hiéroglyphe  kA qui désigne le « Ka » c’est-à-dire, « l’âme, l’esprit » d’un être dans la religion égyptienne[66].

Le fait que kA désigne à la fois une âme et un taureau ou un bœuf montre bien l’intime association entre les deux dans la pensée égyptienne.

Nous aurons l’occasion de largement détailler et illustrer dans les livres suivants comment en Égypte le père des dieux fut répétitivement réputé s’être incarné dans un bœuf-taureau kA, d’où bien sûr le culte qui sera voué en Égypte (et dans quasiment toutes les autres mythologies) à des bœufs ou taureaux sacrés incarnation de l’avatar du père des dieux local.

skA

Enfin, notez que le hiéroglyphe skA signifie un bœuf de labour[67].

Mais que signifie « s » en égyptien ?

« s » désigne un homme, un homme de haut rang[68].

 

De sorte que ce s-kA, ce bœuf au labour est étymologiquement et symboliquement une incarnation de l’âme d’un être kA d’un humain, un homme de haut rang « s ».

 

Constatation

Tous ces mots égyptiens que nous avons vus (gw, ngAw, iwA ; kA, skA) convoient ensemble l’idée de l’âme du grand-père, du vieillard adoré comme la grande divinité marquée du pluriel de majesté et incarnée dans un bœuf-taureau.

Ce sont des logogrammes équivalents des logogrammes sumériens gu / ku (a-ka / ugu).

C’est en correspondance parfaite avec :

  • le a-ku sumérien le père « a» ancêtre-géniteur-procréateur « ku / a-ka / ugu » représenté sous « gu, gud » par l’imagerie du bœuf, du taureau, comme le père des dieux et la grande divinité
  • le ad(a)–am, le père auroch.

 

le hittite a-ga

Je trouve aussi intéressant d’observer comment un hittite, dont, nous l’avons vu, le système sémiologique mixait des éléments du sumérien et du hiéroglyphique égyptien, prononcerait cette représentation d’un taureau.

Une chose est certaine, il prononcerait le taureau « ga »

 

Pourquoi ?

 

Reprenez simplement le syllabique hittite cunéiforme que je vous ai mentionné dans la grande première partie : la démonstration scientifique sémiologique :

ga =  = un taureau (blessé ?)

Par ailleurs, revoyez aussi comment le hittite hiéroglyphique représente la syllabe a : avec la figure d’un homme

De sorte que si un Hittite prononçait aga ou entendait prononcer par un sumérien aga, qui est, nous l’avons vu, un strict équivalent de a-ka, ugu, ku cela convoierait immédiatement dans son esprit l’imagerie d’un homme-père-taureau, avec toute la mystique sumérienne et égyptienne sous-jacente que j’ai développée.

 

Conclusion

Ainsi, proto-cunéiforme, sumérien, hiéroglyphique (et plus accessoirement le hittite cunéiforme et hiéroglyphique) concordent pour démontrer que cet auroch introduit par le double signe  et le triple peut se traduire (avec la seule translittération sumérienne) :

 « Louez Re, le seigneur des deux mondes »

III « Nous, le dieu suprême, dont le nom divin est… »

  • adam(a) : III « ad(a) / a-aa, le père humain, le grand-père, le vieillard » áma, am l’auroch, le taureau sauvage
  • a-aa-ku/gu : III « ad(a) / a-aa, le père humain, le grand-père, le vieillard » ku (a-ka, a-ga, ugu) l’ancêtre géniteur procréateur biologique, gu le bœuf, le taureau

 

 

NOTES ET RÉFÉRENCES DE BAS DE PAGE 

[1] 92A (Falkenstein, 1936, pp. 88, 97, 124)

[2] 90A (CNIL, p. 94) ; (Falkenstein, 1936, p. 341)

[3] a, e4 = nom. : water; watercourse, canal; seminal fluid; offspring; father; tears; flood (A.Halloran, 1999, p. 3) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : a, e4 = au nominatif  = eau, cours d’eau, canal, fluide séminal, descendance, père, larmes, inondation ou déluge. 

[4] ída, íd, i7 = river; main canal; watercourse (éd,’to issue’, + a,’water’) (A.Halloran, 1999, p. 18) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français :  i7= (cf., ída) —) ída, íd, i7 : rivière, canal principal, cours d’eau (éd « générer + a “eau”).

[5] Le signe Z1 : Sources : https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z1 ; Gardiner p. 534, Z1

Il est utilisé comme un déterminatif dans l’un, l’unique, le seul : wa  un; l’unique, le seul voir aussi wai  être tout seul (Faulkner, réed.2017, p. 70).

Ce signe  a été utilisé (comme  et  ° ) pour remplacer des figures humaines, considérées comme magiquement dangereuses ; p.ex. sur les sarcophages du M.E.

Rarement, des extensions de cet usage apparaissent dans l’emploi de comme suffixe de 1re pers. sing. . « i » je, moi ; peut-être aussi dans l’écriture assez courante de pour remplacer s ou  ou  homme

[6] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français :  waty  unique, seul waty, wat captif, prisonnier waty  chèvre ; sbA waty  l’étoile solitaire = l’étoile du matin (planète Vénus) (Faulkner, réed.2017, p. 70)

[7] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : i roseaux (Faulkner, réed.2017, p. 9)

utilisé rarement («écriture cryptée») pour i  je, moi d’où aussi

[8] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : / « i » / règle selon laquelle « i » est parfois identique à « A » au début des mots. Par exemple : 

ims  montrer de la sollicitude (Faulkner, réed.2017, p. 26) vs Ams    montrer de la sollicitude/ (Gardiner, p. 58)

irt œil (Faulkner, réed.2017, p. 31) vs Axt œil (d’un dieu) (Faulkner, réed.2017, p. 5)

ihm  être triste (Faulkner, réed.2017, p. 33) vs Ahmt douleur, chagrin, peine, tristesse (Faulkner, réed.2017, p. 4)

ixxw  iwxxw  axxw    crépuscule, nuit tombante; aube, point du jour (Faulkner, réed.2017, p. 35)

iHA  se battre, combattre ; combat ; (Faulkner, réed.2017, p. 34) variante de aHA se battre, combattre ; combat (Faulkner, réed.2017, p. 57)

iAwt grand âge, vieillesse ; petit bétail ; troupeaux (Faulkner, réed.2017, p. 10) vs Awt petit bétail ; troupeaux (voir IAwt) 

Etc…

[9] Nous verrons plus avant dans ce livre ainsi que dans la partie II de Dieu à Adam, les preuves de l’intrication linguistique entre le sumérien et la langue des hiéroglyphes.

[10] Le trait simple horizontale Z1A / Sources : https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z1A

 C’est une Variante de   en position horizontale.

Ses deux occurrences répertoriées sont dans diwt :

diwt  Équipe de 5 et dans diwt  « cri perçant ; hurlement, beuglement » une variante de dniwt  « cri perçant; hurlement, beuglement » (https://www.hierogl.ch/hiero/dniwt)

[11] ada, ad : n., father; shout; song. v., to balk. (A.Halloran, 1999, p. 18) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français = ada, ad = nominatif : père, cri, chant / verbe : rechigner

[12] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français / élision du w : Si l’on tient compte de la règle que, dans certains cas, le signe  ou  (w/u=ou) est superflu. D’après le copte, il ne doit pas être prononcé, Gardiner p. 52, §59.

Voici quelques exemples :

iwf (if)  chair ; viande ; chair de poisson (Faulkner, réed.2017, p. 16); se lit if. Le signe  ou  est superflu d’après le copte, et ne doit pas être prononcé, Gardiner p. 52, §59. Voir aussi if  chair ; viande; chair de poisson (Faulkner, réed.2017, p. 21)

imyw-mw  Cf. imy qui est dans et mw eau (Faulkner, réed.2017, p. 22)

imyw-tA  serpents (Faulkner, réed.2017, p. 23)

Cf. imy qui est dans et tA terre

Hwtt  mine, carrière ; variante de Htt mine, carrière (Faulkner, réed.2017, p. 205)

abwt  bâton de fonction; fourche à foin (Faulkner, réed.2017, p. 50) vs abt  attachement, lien  un objet rituel funéraire  bâton en forme de fourche ; variante de abwt bâton en forme de fourche (Faulkner, réed.2017, p. 50)

[13] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : dnit barrage, digue fossé, canal terrine, écuelle panier, corbeille une fête (Faulkner, réed.2017, p. 387)

[14] Trait simple en diagonale Z5A ; Sources : https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z5A

 trait diagonal selon dessin hiératique (parfois aussi

Identique à l’origine avec le trait  utilisé sous Pyr. comme substitut des figures humaines, celles-ci étant considérées comme magiquement dangereuses, p.ex. smsw  en remplacement de  aîné, le plus ancien; l’aîné ; aussi smsm (Faulkner, réed.2017, p. 282)

[15] Les deux traits obliques ou verticaux ; Sources : https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z4 ; Gardiner p. 536, Z4 . Voir aussi Gardiner p. 59,, §73,4

Deux traits obliques, moins souvent verticaux : :

Dans certains cas remplace les représentations humaines considérées comme magiquement dangereuses, p. ex Axt(i)les deux glorieuses en remplacement de

[16] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : Axt   Akhet (la déesse) ;  terre arable ; serpent uræus ;  œil (d’un dieu) voir irt  œil (Faulkner, réed.2017, p. 31) ; flamme ; horizon, tombe du roi / (Faulkner, réed.2017, p. 5)

[17] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : Axty  habitant de l’horizon ; résidant à l’horizon (idiom.), une épithète de dieu / (Faulkner, réed.2017, p. 5)

[18] 92A (Falkenstein, 1936, pp. 88, 97, 124, )

[19] Le signe Z2 : Sources : Gardiner p. 535 ; https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z2

Traittriplé. Il est également écrit ou . Dét. de la pluralité, commun à partir de la 9ème dyn., après un idéo. ou dét. pour indiquer qu’il doit être compris trois fois

L’usage de comme dét. plur. ne peut pas être entièrement dissocié de l’emploi de et  ° dans Pyr. comme substituts de signes représentant des figures humaines considérés comme magiquement dangereuses ; Au M.E. il  est aussi trouvé avec des signes purement phonétiques, p.ex. wrw  les grands (les dieux d’une région)

[20] Le signe Z3 ; https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z3 ; Source Gardiner p. 536, Z3

Même emploi que Commun dans hiéroglyphique depuis la 12ème dyn., plus rare dans hiératique, où la forme originelle était

https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z3A : Pour ce qui est de  c’est donc la forme originelle du signe dans l’écriture hiératique. Avec Même emploi que On retrouve  dans iAt tertre, monticule, butte ; iAt signifie aussi une ruine . Voir aussi AA tas de décombres, ruine

[21] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : AA :  Tas de décombres, ruine / (Faulkner, réed.2017, p. 1)

[22] a-a : father (reduplicated ‘offspring’). (A.Halloran, 1999, p. 71) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français = a-a : père (redoublement de « descendance »)

[23] https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z2C

même emploi que  comme déterminatif pluriel. On retrouve dans awt    qui a le sens de troupeaux, petit bétail; chèvres; (gros) bétail, cheptel et aussi de « hommes » par le hiéroglyphe  

[24] Règle déjà citée : cf  Le trait simple horizontal, Le trait simple vertical

[25] Volume 4 Lexique sumérien / Les équivalences de consonne : Les lettres

« d » et « t » sont parfois équivalentes. Nous en avons un exemple avec le logogramme « dú » qui est un strict équivalent de « tu » :

tud, tu, dú = to bear, give birth to; to beget; to be born; to make, fashion, create; to be reborn, transformed, changed (to approach and meet + to go out) (A.Halloran, 1999, p. 24) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français = dú = tud = tud, tu, dú = porter, donner naissance à ; engendrer ; être né ; faire, façonner, créer ; être né de nouveau, transformé, changé (approcher et rencontrer + sortir).

[26] L’équivalence d / t est constatable en égyptien avec par exemple :

Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : At  un agresseur (Faulkner, réed.2017, p. 8) variation de Adw un agresseur / (Faulkner, réed.2017, p. 8)

[27] Rappel : ada, ad = n., father; shout; song. v., to balk. (A.Halloran, 1999, p. 18) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : ada, ad = nominatif : père, cri, chant / verbe : rechigner

[28] Source : https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z2A est une variante du signe . Il a le même emploi comme déterminatif pluriel. On le retrouve dans rmTt ou rTt hommes, genre humain ; aussi  ou rtmt  ; Les déterminatifs pour hommes, gens, genre humain sont  souvent écrit rT ou donc  (On retrouve bien dans ce dernier ).

[29] Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, ou, Recherches sur les éléments premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes. (Édition révisée avec lettre à Mr Dassier). Champollion Le Jeune

[30] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : a bras, main; région, province; condition, état; article, pièce; piste, trace (Faulkner, réed.2017, p. 45)

[31] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : A = Vautour / (Faulkner, réed.2017, p. 1)

[32] Rappel : Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français / translittération : « A » =  (vautour) = prononciation : [ʔ], hamza (« coup de glotte ») comme en arabe.

[33] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : / « i » / règle selon laquelle « i » est parfois identique à « A » au début des mots. Par exemple : 

ims  montrer de la sollicitude (Faulkner, réed.2017, p. 26) vs Ams  montrer de la sollicitude/ (Gardiner, p. 58)

irt œil (Faulkner, réed.2017, p. 31) vs Axt   œil (d’un dieu) (Faulkner, réed.2017, p. 5)

ihm  être triste (Faulkner, réed.2017, p. 33) vs Ahmt douleur, chagrin, peine, tristesse (Faulkner, réed.2017, p. 4)

ixxw  iwxxw  axxw crépuscule, nuit tombante; aube, point du jour (Faulkner, réed.2017, p. 35)

iHA  se battre, combattre ; combat ; (Faulkner, réed.2017, p. 34) variante de aHA se battre, combattre ; combat (Faulkner, réed.2017, p. 57)

iAwt grand âge, vieillesse ; petit bétail ; troupeaux (Faulkner, réed.2017, p. 10) vs Awt  petit bétail ; troupeaux (voir IAwt) 

Etc…

[34] a, e4 = nom. : water; watercourse, canal; seminal fluid; offspring; father; tears; flood (A.Halloran, 1999, p. 3) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : a, e4 = au nominatif  = eau, cours d’eau, canal, fluide séminal, descendance, père, larmes, inondation ou déluge. 

[35] a-a : father (reduplicated ‘offspring’). (A.Halloran, 1999, p. 71) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français = a-a : père (redoublement de « descendance »)

[36] The Demotic Dictionary of the Institute for the Study of Ancient Cultures of the University of Chicago | Institute for the Study of Ancient Cultures (uchicago.edu) III, Y

[37] The Demotic Dictionary of the Institute for the Study of Ancient Cultures of the University of Chicago | Institute for the Study of Ancient Cultures (uchicago.edu)

III, Y ;  p.1

[38] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : it père ; orge, céréale (Faulkner, réed.2017, p. 39) ; iti  père (Faulkner, réed.2017, p. 39)

[39] Cf : Allez à :

https://mnamon.sns.it/index.php?page=Scrittura&id=46

Et à : https://www.hethport.uni-wuerzburg.de/luwglyph/ –) sign list. p. 15 signe référence 404

[40] À s’écrit en démotique, mais aussi souvent en forme finale, ou donc aussi

[41] The Demotic Dictionary of the Institute for the Study of Ancient Cultures of the University of Chicago | Institute for the Study of Ancient Cultures (uchicago.edu) H, p.8

[42] The Demotic Dictionary of the Institute for the Study of Ancient Cultures of the University of Chicago | Institute for the Study of Ancient Cultures (uchicago.edu) R, p.22

[43] Dans l’expression Re-tawy, c’est le wy qui est la marque du duel ; la notion de dualité de la royauté de Re est en revanche elle impliqué par la position du point de chaque côté du trait, outre le fait que trait-point comme nous l’avons vu, signifie louez. L’expression que j’emploie de « seigneur des deux mondes » ne provient donc pas de tawy qui s’écrit différemment.

[44] áma, am = wild ox or cow (aurochs) (A.Halloran, 1999, p. 19) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français = áma, am = vache ou bœuf sauvage (auroch)

[45] gud, guð, gu4 = n., domestic ox, bull (regularly followed by rá ; cf., gur4 (voice/sound with repetitive processing – refers to the bellow of a bull) v., to dance, leap (cf., gu4-ud). (A.Halloran, 1999, p. 23); Tome 4 / Lexique sumérien-français : gud, guðx, gu4 = bœuf domestique, taureau (régulièrement suivi par rá ; cf., gur4) (bruit récurrent qui fait référence au mugissement du bœuf. Verbes : danser, sauter (cf., gu4-ud).

[46] ugu4 [KU] = to bear, procreate, produce (cf., ugu4-bi). (A.Halloran, 1999, p. 18) avec traduction au Volume 4 / Lexique sumérien-français : úgu4 (KU) = porter, procréer, produire (cf., ugu4— bi).

[47] a-ka = (cf., úgu) (A.Halloran, 1999, p. 72)

[48] ùgun, ugu4 = n., progenitor. v., to beget, bear. adj., natural, genetic (A.Halloran, 1999, p. 68) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : ùgun, ugu4 = nominatif ancêtre, progéniteur /verbe : engendrer, porter. Adjectif : naturel, génétique.

[49] ama-gan; ama-ugu = natural or birth mother (‘mother’ + ùgun, ugu4, ‘to beget’)  (A.Halloran, 1999, p. 77) Volume 4 / Lexique sumérien-français : ama-gan, ama-ugu = mère naturelle ou biologique (« mother » + ùgun, ugu4, « engendrer »).

[50] a-ugu4 [KU] = the father who begot one (‘semen’ + ‘to procreate’)  (A.Halloran, 1999, p. 74) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français = a-ugu4 (KU) = le père qui engendra quelqu’un (« sperme » » + « procréer »).

[51] ku-ku: ancestors (?) (‘to found; to lie down’) (A.Halloran, 1999, p. 113) ; Volume 4 / Lexique sumérien-français : ku-ku = ancêtres (?) (“fonder”).

[52] a, e4 = nom. : water; watercourse, canal; seminal fluid; offspring; father; tears; flood (A.Halloran, 1999, p. 3) avec traduction au Volume 4 / Lexique sumérien-français : a, e4 = au nominatif  = eau, cours d’eau, canal, fluide séminal, descendance, père, larmes, inondation ou déluge. 

a-a : father (A.Halloran, 1999, p. 71) Volume 4 / syllabaire sumérien-français :  a-a : père

[53] https://www.hierogl.ch/hiero/Signe:Z9 : le prototype de    est devenu . Ce dernier remplace de nombreux déterminatifs désuets et prend leur place dans : Hs  excréments sin  argile wHAt  chaudron mAt granit Abw  Elephantine gw  race de taureau d’où dét. phon. gA. Il est aussi déterminatif de aS  pin parasol

[54] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : gw  race de taureau ; cf. ngAw taureau ou bœuf à longues cornes (Faulkner, réed.2017, p. 353)

[55] gud, guð, gu4 = n., domestic ox, bull (regularly followed by rá ; cf., gur4 (voice/sound with repetitive processing – refers to the bellow of a bull) v., to dance, leap (cf., gu4-ud). (A.Halloran, 1999, p. 23); Volume 4 / Lexique sumérien-français : gud, guðx, gu4 = bœuf domestique, taureau (régulièrement suivi par rá ; cf., gur4) (bruit récurrent qui fait référence au mugissement du bœuf. Verbes : danser, sauter (cf., gu4-ud).

[56] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : ngAw  taureau ou bœuf à longues cornes (Faulkner, réed.2017, p. 176)

[57] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français / règles observables / élision du A : Voici quelques exemples d’élision du A dans différents hiéroglyphes :

hAbq broyer, triturer, égruger ; variante de hbq broyer, triturer, égruger

hw voisinage, environs, alentours parenté, proches, entourage ; variante de hAw parenté, proches, entourage

ikb  deuil ; variation de iAkb deuil.(Faulkner, réed.2017, p. 38)

fqA  un gâteau fqA  fqAw (pluriel)    fq récompenser, rétribuer, rémunérer; récompense, rétribution, rémunération, salaire (Faulkner, réed.2017, p. 122)

Drt*  main ; trompe; anse Voir aussi DAt main  préjudice, tort; lamentation ; * se lit Drt et non drt ou dt.

[58] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français :  iwA bœuf ; bétail à longues cornes ; viande de bœuf (Faulkner, réed.2017, p. 15)

[59] « A » peut-être équivalent de « iw » :

iwms inexactitude, mensonge (Faulkner, réed.2017, p. 16) ; iw-ms, lit. arrangement de ce qui est ; voir Ams : Ams   mensonge/ (Faulkner, réed.2017, p. 4)

[60] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français / règles observables / inversion de type Am, mA : Voici quelques exemples dans différents hiéroglyphes :

imA arbre ; gentil ; bien disposé ; plaisant; être plein de grâce; être enchanté (Faulkner, réed.2017, p. 24) cf iAm  ; iAm : arbre (variante de imA arbre) (Faulkner, réed.2017, p. 11)

imAw, imw, iAmw éclat, splendeur  tente, hutte (Faulkner, réed.2017, p. 24)

[61] Cf Livre 3 / Lexique hiéroglyphes-français : iAw  adoration ; vieillard (Faulkner, réed.2017, pp. 9,10)

[62] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français / règles observables / équivalence aw, Aa, aA : iaw  lavage (Faulkner, réed.2017, p. 13) où le lexique Faulkner nous renvoie à iAa, iaA jupe, tablier ;     laver ; lessiver, effacer ; (Faulkner, réed.2017, p. 13)

[63] Revoir note déjà citée Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français / règles observables / règle selon laquelle « i » est parfois identique à « A » au début des mots avec nombreux exemples.

[64] a, e4 = nom. : water; watercourse, canal; seminal fluid; offspring; father; tears; flood (A.Halloran, 1999, p. 3) avec traduction au Volume 4 / Lexique sumérien-français : a, e4 = au nominatif  = eau, cours d’eau, canal, fluide séminal, descendance, père, larmes, inondation ou déluge. 

[65] a-a : father (A.Halloran, 1999, p. 71) Volume 4 / syllabaire sumérien-français :  a-a : père

[66] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français : kA  Ka, âme, esprit ;  taureau, bœuf  (Faulkner, réed.2017, p. 347)

[67] skA  cultiver, labourer ;  bœuf de labour ;  récoltes (Faulkner, réed.2017, p. 308)

[68] Cf Volume 4 / Lexique hiéroglyphes-français :  s (z)   verrou de porte récipient ornemental gerbe de flèches  ou  homme ; quelqu’un; personne, aucun, nul; homme de rang (Faulkner, réed.2017, p. 255)

BIBLIOGRAPHIE 

Proto-sumérien :

CNIL. Full list of proto-cuneiform signs

& Falkenstein, A. (1936). Archaische Texte aus Uruk. https://www.cdli.ox.ac.uk/wiki/doku.php?id=late_uruk_period :

Sumérien :

A.Halloran, J. [1999]. Lexique Sumérien 3.0.

Héroglyphique :

Faulkner. [réed.2017]. Concise dictionary of Middle Egyptian.

Hiero (hierogl.ch) (Hiero – Pierre Besson)

Démotique :

 The Demotic Dictionary of the Institute for the Study of Ancient Cultures of the University of Chicago | Institute for the Study of Ancient Cultures (uchicago.edu)

Hittite hiéroglyphique :

 Mnamon / Antiche scritture del Mediterraneo Guida critica alle risorse elettroniche / Luvio geroglifico – 1300 a.C. (ca.) – 600 a.C.

https://mnamon.sns.it/index.php?page=Scrittura&id=46

https://www.hethport.uni-wuerzburg.de/luwglyph/Signlist_2012.pdf

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Le déchiffrage du language des cavernes

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