LES TEMPLES DE MALTE : LA RÉSOLUTION DU MYSTÈRE

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Table des matières

OBJECTIF DE CET ARTICLE


Comme nous l’avons compris à la lecture de l’article précédent faisant la synthèse des découvertes archéologiques sur ce site, en dépit des nombreuses découvertes pourtant très révélatrices de sa réelle nature, la majorité des archéologues soutient toujours l’interprétation scientiste éculée d’un temple édifié par des chasseurs-cueilleurs un peu « primitifs » se livrant, après leur découverte de l’agriculture au néolithique, à de premiers rites agricoles en lien avec la course du soleil.

Il faut bien avouer que c’est là une interprétation de premier degré, populaire et bien superficielle et, disons-le, du point de vue de la connaissance culturelle du monde sacré, une véritable aberration intellectuelle et hérésie culturelle si l’on connait un tant soit peu la langue symbolique mythologique universelle, le sens des symboles que nos ancêtres utilisaient pour véhiculer leurs enseignements, leurs doctrines, leur culte, leur religion.

C’est donc en utilisant cette langue symbolique que nous allons « traduire » ce site et dire clairement tout ce qu’il sert à représenter, par son architecture, son ornementation et ce que l’on a pu retrouver de connexe.

Parce qu’il va dénouer un par un tous les nœuds énigmatiques qui ont jusqu’ici participé à son mystère, ce décryptage aura je l’espère pour mérite de progressivement déciller les yeux des novices de la science sacrée, des touristes et de toute personne légitimement émerveillée par ce site, mais aussi, donc, les yeux de la communauté archéologique.

Nous allons voir ensemble avec l’analyse de ce site que, par comparaison aux autres sites mégalithiques, il véhicule lui aussi les stricts mêmes enseignements et doctrines de la religion mythologique préhistorique (ou paganisme préhistorique) dont sa doctrine majeure : l’immortalité de l’âme humaine par la célébration de la mort puis de la réincarnation du père des dieux (l’homme primordial divinisé) en son fils, le dieu fils ; une renaissance opérée grâce au pouvoir régénérant de la matrice de son épouse, la déesse-mère (la femme primordiale divinisée).

Cette analyse de ce site sera ainsi une nouvelle illustration du fait que, même si chaque site mégalithique est différent en ce que chacun décline la langue symbolique sacrée de la religion mythologique en fonction de ses spécificités locales, en privilégiant certains symboles plutôt que d’autres, fondamentalement, ils recourent tous à la même langue symbolique sacrée qui véhicule la même doctrine ou religion préhistorique mythologique originelle.

Cet exemple couplé à l’analyse des autres sites mégalithiques nous permettra donc de mieux saisir l’universalité et l’intemporalité de la religion préhistorique mythologique (ou paganisme).

LIEN DE CET ARTICLE AVEC TOUTE LA SÉRIE LITTÉRAIRE « LA VÉRITABLE HISTOIRE DES RELIGIONS DE L’HUMANITÉ :

Il a été effectué une synthèse de tout ce qui a été dit ou découvert de saillant sur les Temples de Malte dans un article distinct disponible aussi sur ce site :

LES TEMPLES DE MALTE : SYNTHÈSE DES DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES

article lui aussi extrait du livre disponible sur ce site :

Les temples mégalithiques de Malte, Göbekli Tepe et Stonehenge

Livre que vous pourrez aussi trouver à la rubrique :

Livres déjà parus

Pour bien comprendre la raison d’être de ce livre au sein de la série littéraire la véritable histoires des religions de l’humanité, rendez-vous à la page :

Introduction / Structuration et contenu

Je vous souhaite maintenant une excellente lecture de l’article mis à votre disposition dans son intégralité ci-dessous :

DATE À PARTIR DE – 5 400 AV. J.-C./ LES TEMPLES MÉGALITHIQUES DE MALTE ET L’HYPOGÉE DE HAL SALFIENI

EXPLICATION DE LA RAISON D’ÊTRE DU SITE DES TEMPLES DE MALTE

Ce site, à bien des égards, est lui aussi absolument extraordinaire pour la démonstration de cet ouvrage, à vrai dire, d’autant plus extraordinaire qu’il est très ancien.

Essayons de remettre en ordre ce qui a été énuméré, afin d’identifier les éléments clefs et convergents allant tout à fait dans le sens de la démonstration générale du culte de la déesse-mère. 

Pour ne pas perdre de temps et vous surcharger d’informations sans vous livrer explications, j’ajouterai aux informations ci-dessus, qui sont aisément accessibles, celles en provenance d’autres sources documentaires plus spécialisées et notamment celles résultant des travaux de thèse en Archéologie menés par Mr Ferguson, lequel, sans le connaître, je tiens à remercier pour ces nombreuses pertinentes observations.

Dans cette partie, les explications seront donc fournies de manière concomitante aux observations complémentaires effectuées sur place par Mr Ferguson plutôt que de le faire en deux temps distincts.

LE LANGAGE SYMBOLIQUE : UNE PROTOLANGUE

En introduction et prologue de cet ouvrage, il a été dit que le postulat de celui-ci est de dire que le langage symbolique est le premier des langages ou plus exactement le langage du sacré par excellence.

À cet égard, la remarque introductive suivante de la thèse de Mr Ferguson est particulièrement digne d’intérêt en s’en faisant l’écho :

Si les symboles sont considérés comme un complément aux formes présumées limitées du langage néolithique, Gimbutas est justifié de déclarer que « les images et les symboles représentent la grammaire et syntaxe d’une sorte de métalangage, à travers laquelle toute une constellation de significations et de valeurs est transmise. » (Gimbutas, 1989) Dans la même veine, Burkert dit : « Ces derniers temps, la tendance est plus à considérer les rituels comme un système initialement autonome, quasi linguistique à côté et avant la langue parlée. » (Burkert 1985 ; 54) Ainsi, la riche vie rituelle des sociétés néolithiques peut être vue comme un dispositif sémiotique qui incorpore les symboles ; les rites et les symboles jouent un rôle majeur dans la mise en œuvre et la transmission de la valeur et du sens des systèmes des sociétés auxquelles ils appartiennent. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.15)

La question est donc posée : qu’est-ce que le langage symbolique universel en vogue aussi sur ces deux îles avec leurs constructions mégalithiques nous dit ?

LOCALISATION SUR UNE ÎLE

En termes de localisation, il est d’ores et déjà intéressant de noter que ce mégalithisme s’est effectué sur une île.

Or, du point de vue symbolique, l’île revêt le même sens que la montagne. 

Elle est figurativement parlant le ventre émergeant des flots de la déesse-mère, à ceci près que bien évidemment l’île vient plus aisément encore que la montagne (qui le fait par la rivière pour l’eau ou par le volcan pour le sang) représenter les fluides s’écoulant de la déesse-mère puisque l’île est littéralement encerclée d’eau (revoir le symbolisme de l’île).

Le fait que deux sites (Mnajdra et Ħagar Qim) soient situés sur des falaises à 200 m au-dessus de la Mer et lui faisant face fait nécessairement référence à cette symbolique.

LA SYMBOLIQUE ARCHITECTURALE DES TEMPLES DE MALTE

DEUX TYPES MAJEURS DE FORMES DE TEMPLES

À cette première considération, observons maintenant la forme des temples de Malte.

Lorsqu’on les compare, on peut sensiblement dégager deux formes d’architecture :

  • L’une caractérisée par une forme en trèfle, disons à trois feuilles, avec une cour et trois absides (ou lobes), ou avec deux absides et une niche/abside centrale
  • L’autre caractérisée par une forme en trèfle, disons à cinq feuilles, avec deux cours superposées, la première avec deux absides et celle du haut avec trois absides ou avec deux absides et une niche/abside centrale.

Prenons les exemples à notre disposition pour illustrer cela et voyons ce que chacune de ses formes représente symboliquement.

LA FORME TRÉFLÉE A TROIS FEUILLES

EXEMPLES DE TEMPLES EN FORME DE TRÈFLE A TROIS FEUILLES

Temple Méridional de Skorba (3 600 – 3 000 av. J.-C.),

Temple méridional de Skorba

Le plus ancien. phase de Ġgantija (3 600 – 3 000 av. J.-C.),

en forme tréflée avec une seule cour à triple abside (en croix

orientée sud-est/nord-ouest

Premier temple de Ta’ Ħagrat (3 600 à 3 000 AV. J.-C.)

Premier Temple de Ta’ Ħagrat

3 600 à 3 000 av. J.-C.

En trèfle avec une cour à trois absides (en croix)

Orienté sud-est/nord-ouest

Temple Primitif (ou supérieur) de mnajdra (av. 3 600 AV. J.-C.)

Temple primitif de Mnajdra

(Av. 3 600 av JC)

En trèfle avec une cour à trois absides (en croix)

L’entrée est formée par un trou découpé dans une grande dalle de calcaire verticale, un type de construction typique des autres entrées mégalithiques de Malte.

Le temple semble avoir possédé à l’origine un plafond voûté

Les piliers sont décorés de trous percés en rangées horizontales sur leur surface interne.

deuxième temple de Ta’ Ħagrat (3 300 à 3 000 AV. J.-C.)

Deuxième Temple de Ta’ Ħagrat

3 300 à 3 000 av. J.-C.

cour à quatre absides.

Orienté sud-nord (entrée donne dans l’abside est du premier).

LE SYMBOLISME DU TRÈFLE A TROIS FEUILLES

La forme du trèfle à trois feuilles doit nécessairement nous évoquer plusieurs choses au regard de ce que nous avons déjà examiné :

  • Le symbole du trèfle à trois feuilles évoque le symbole de la croix (revoir le symbolisme de la croix dans ce tome et son symbolisme complet en tome 3)

De ce point de vue, nous le reverrons dans les tombes à couloir d’Irlande (Dowth, Knowth, Newgrange) dont le couloir aboutit sur une chambre cruciforme avec elles aussi trois absides…

Nous verrons qu’il y sera dit de l’abside droite du tumulus de Newgrange que son renfoncement était plus grand, et que l’art rupestre y était employé plus que dans les deux autres.

Or, la même observation a été faite concernant l’abside droite du temple méridional de Ġgantija qui, dans, sa forme primitive, était à trois feuilles.

Nous sommes donc bien, malgré la distance et le temps qui sépare ces deux lieux mégalithiques, sur un symbolisme et une utilisation rituelle strictement identique

(nous verrons dans l’analyse de Stonehenge la raison probable de l’utilisation majeure de cette abside droite)

  • Le symbole du trèfle à trois feuilles évoque le symbole de la double hache (voir au tome 3 le symbolisme de la double hache)

Pour rappel, dans la tombe très primitive de Xemxija, ont été retrouvés deux pendentifs miniatures de hache (apparemment non double) en pierre verte. De toute évidence, le symbole de la hache était connu des habitants. D’ailleurs, cette hache en pierre verte a été retrouvée avec des coquillages eux aussi en pendentifs, coquilles dont le symbolisme est connu (voir symbolisme de la coquille) qui est associé à celui de la spirale.

  • Le symbole du trèfle à trois feuilles évoque aussi, fondamentalement, le symbolisme du cercle, puisque ce trèfle est composé d’une cour (généralement un cercle central) avec trois absides autour.

À ce propos, le fait que le temple primitif de Mnajdra semble avoir possédé un plafond voûté témoigne du fait que la symbolique recherchée était, jointe à celle de la croix et de la double hache, aussi celle de la coupole, du dôme, donc du globe et de la sphère.

De sorte que de ce point de vue aussi, le temple primitif maltais associe les mêmes formes primitives symboliques de base en représentation de la déesse-mère : croix et cercle.

Ces différents symboles ont déjà été analysés et démonstration a été fait qu’il représente tous trois notamment la déesse-mère et son pouvoir matriciel.

LA FORME TRÉFLÉE A CINQ FEUILLES

EXEMPLES DE TEMPLES EN FORME DE TRÈFLE A CINQ FEUILLES

Temple méridional de Ġgantija (4 100 à 3 000 AV. J.-C.)

Temple méridional de Ġgantija

(4 100 – 3000 av. J.-C.),

de forme tréflée avec deux cours successives à double abside

Forme tréflée peut-être 4 100 av. J.-C.

Puis précédée d’une salle à double abside en 3 600 av. J.-C.).

Relevons que tout comme dans les tombes à couloir irlandaises, l’abside de droite en entrant semble avoir une importance particulière pour le culte.

Un écran ou paravent de pierre, précédé d’un foyer, délimite le fond de l’abside. S’y trouvent deux autels bas sculptés de spirales, disposés sur des marches formant estrade. Au-dessus se situe une niche qui devait recevoir la pierre conique (1 m de haut), parfaitement polie, qui est exposée aujourd’hui au musée national d’archéologie.

L’abside de gauche de Ġgantija a révélé de la décoration faite d’ocre rouge.

À Ġgantija, le couloir permettant le passage dans les absides du fond est constitué de pierres dressées décorées de petites concavités.

Temple Septentrional de Ġgantija (3 600 à 3 000 Av. JC)

Temple septentrional de Ġgantija

3 600 à 3 000 av. J.-C.

en forme de trèfle à double abside (sauf que niche dans la salle du fond à la place de la traditionnelle abside frontale)

Orienté sud-est/nord-ouest.

Le temple central de mnajdra (3 600 A 3 000 AV. J.-C.) 

Temple central de Mnajdra

(3 600 à 3 000 av. J.-C.)

En trèfle avec deux cours à double abside

Temple septentrional de Ħagar Qim (3 600-3 000 av. J.-C.)

Temple septentrional de Ħagar Qim

(3 600-3 000 AV. J.-C.)

Forme tréflée avec deux cours à deux absides (plus une abside/niche)

Entrée orientée Sud

Temple primitif de Tarxien (3 250 AV. J.-C.)

Tarxien Temple primitif 3 250 av. J.-C.

phase Ġgantija (3 600-3 000 av. J.-C.)

Orienté sud-nord

Répertorié comme ayant cinq absides

Le temple inférieur de mnajdra (3 000 a 2 500 AV. J.-C.)

Temple inférieur de Mnajdra

(3 000 à 2 500 av. J.-C.)

En trèfle avec deux cours à double abside

Orienté est

On y trouve les restes d’un possible toit en dôme.

Le temple est décoré de gravures en spirales et d’indentations.

Aux équinoxes, la lumière du soleil passe par l’entrée principale et éclaire l’axe du temple. Aux solstices, elle illumine les bords des mégalithes à la droite et à la gauche de cette entrée.

« … » En décembre 1949, ont été découvertes deux petites statues, une grande pierre ronde.

Temple méridional de Ħagar Qim (3 000-2 500 av. J.-C.)

Temple méridional de Ħagar Qim

(3 000 – 2 500 AV. J.-C.)

forme tréflée (en croix) avec deux cours et deux absides

Vue depuis l’Entrée

Au centre du site, le temple d’origine (3 000-2 500 av. J.-C.) a une forme lui aussi tréflée (en croix) avec deux cours à double abside plus une abside plus éloignée correspondant à une niche (le texte cité dit « un temple a quatre absides et abside distale remplacée par une niche »)

Temple occidental de Tarxien (3 000 AV. J.-C.)

Temple occidental de Tarxien

3 000 av. J.-C.

phase Saflieni (3 000-2 900 av. J.-C.),

orienté sud-ouest/nord-est

Deux cours, 5 absides.

Traditionnelle façade concave

Statue, idole, monumentale

Temple occidental de Tarxien : nombre de pierres sculptées en bas-relief de motifs géométriques (volutes, spirales…) ou animaliers (bouc, chèvre, cochon…). Une de ces pierres décorées comporte une ouverture en demi-lune, bouchée par une pierre parfaitement ajustée et décorée. Les fouilles ont révélé que cette pierre donnait ouverture à un espace où étaient déposés des offrandes et le couteau rituel de pierre.

Temple septentrional de Skorba (2 900 – 2500 av. J.-C.)

Temple septentrional de Skorba

(Plus récent) phase de Tarxien (2 900 – 2500 av. J.-C.)

De forme tréflée avec deux cours, la première à double abside, la deuxième à double voire vraisemblablement à triple abside (la « tête » étant visiblement mal conservée)

Orienté Nord sud (accolé à l’autre)

À l’entrée du temple méridional de Skorba, le pavage en pierre comprend six dalles avec cinq trous sur trois d’entre elles qui seraient, suivant H. Trump, destinés à recevoir des libations.

Sur le site de Skorba ont été retrouvées des figurines de torses féminins stylisés de pierre et de terre cuite, montrant clairement poitrine et triangle pubien, ainsi que des os bovidés usés par frottement pour leur donner la forme de phallus, ainsi que des crânes de chèvre fracassés comme on pourrait le voir dans un abattoir.

EXEMPLES DE FORME TRÉFLÉE MULTIPLE

Temple méridional (avec agrandissement) de Ħagar Qim (3 000-2 500 av. J.-C.)

Temple méridional de Ħagar Qim(3 000 – 2 500 AV. J.-C.)

Vue depuis l’Entrée orientée au Nord-Ouest appelée trou de l’oracle

C’est sur ce site, dans la première abside ouest que fut retrouvée la « Venus de Malte », une statuette de nu féminin, sans tête.

Temple central de Tarxien (2 900 a 2 500 AV. J.-C.)

Tarxien Temple Central ; phase Tarxien (2 900-2 500 av. J.-C.). 

À six absides et niche distale

orientée sud-ouest/nord-est

LA SYMBOLIQUE DE LA FORME TRÉFLÉE A CINQ FEUILLES : LA REPRÉSENTATION DE LA DÉESSE-MÈRE ACCROUPIE 

La forme tréflée à cinq feuilles est de toute évidence plus récente puisque concernant le temple méridional de Ġgantija il est spécifié que primitivement il était à trois feuilles (4 100 av JC) avant que ne soit rajoutée une cour supplémentaire avec trois absides (3 600 av JC).

Mais au-delà de son caractère plus récent, ce qui nous intéresse surtout est bien évidemment la raison du choix de cette forme.

Certains chercheurs rapprochent le plan tréflé des temples de Malte aux lobes de certaines grottes sépulcrales artificielles ce qui leur fait penser qu’il s’agit de simples sépultures.

https://www.universalis.fr/encyclopedie/temple-megalithique/

Pourtant, après ce que nous avons déjà dit, la raison de ce choix architectural saute aux yeux (et même à vrai dire sans rien connaître en symbolisme).

Ce plan spécifique sert indubitablement à représenter la déesse-mère elle-même dans sa forme locale, avec ses formes plantureuses spécifiques à la déesse-mère des lieux, vraisemblablement, dans différentes positions :

  • couchée, sur le dos

avec bras et jambes écartées comme dans le symbolisme de la main de Tanit, ou bien vue d’en haut, tête et membres dressées (comme une main dressée vue d’en haut),

  • assise avec ses bras et jambes ramassés,
  • voir aussi sur le ventre.

Cela est d’ailleurs évident dès le site de Xemxija :

Pour la forme couchée sur le dos bras et jambes écartés ou dressés en l’air, regardez le temple :

  • Méridional de Ġgantija
  • Septentrional de Ġgantija
  • Central de Mnajdra
  • Septentrional de Ħagar Qim
  • Occidental de Tarxien

Concernant la forme couchée sur le dos (bras et jambes écartés ou dressés), il semblerait que ce soit la forme architecturale la plus ancienne.

Pour la forme assise, regardez les temples :

  • Méridional de Ħagar Qim
  • Primitif de Tarxien
  • Inférieur de Mnajdra

En soi, la forme assise peut aussi être comprise comme la position couchée sur le dos bras et jambes dressés, mais le temple méridional de Ħagar Qim prêche en faveur aussi d’une position assise ou accroupie.

Pour la forme couchée sur le ventre (?), nous avons peut-être un exemple avec le temple :

  • Septentrional de Skorba

Relevons que cette forme tréflée à cinq branches est à associer directement au symbolisme de la main qui est comme cela a été vu avec le symbole de la main de Tanit l’emblème de la déesse-mère décrite en position d’accouchement et dans son don des fluides vitaux.

Cette forme tréflée locale est ici simplement due au fait que les membres de la déesse-mère sont corpulents.

Un autre symbolisme associé à cette forme en trèfle à cinq feuilles est le papillon, symbole par excellence de la régénération (voir en tome 3 le symbolisme de la chenille et du papillon). De ce point de vue, ce n’est pas simplement le corps de la déesse-mère qui est représenté, mais sa régénération personnelle, comme celle qu’elle a produite sur le père des dieux et par extension sur tous ses adorateurs qu’elle transforme symboliquement en papillons, en êtres nés de nouveau.

TEMPLE IDÉALISÉ ET SYMBOLIQUE ÉVIDENTE

Pour attester de cette représentation, il suffit de jeter un œil à la vision du temple idéalisé tel que l’on conçut les auteurs Mamone et Stoddart au regard de la comparaison des différents éléments retrouvés sur les sites.

Cette vision synthétise tous les éléments usuellement et statistiquement rencontrés dans un temple monolithique maltais :

Organisation latéralisée de l’espace et des activités dans un « temple » idéalisé (Malone et Stoddart 2009, 372)

Les légendes sont en anglais, mais ce qui nous intéresse ici est la forme générale.

Retournons simplement l’image et comparons-la avec la déesse-mère locale :

Bon, certes, elle a perdu sa tête à droite, mais, dans le mythe, nous savons aussi pourquoi ! (revoir sous l’analyse la condamnation à mort par le logos/le symbolisme de la déesse-mère décapitée)

LA STATUETTE SCHÉMATIQUE DE LA DÉESSE-MÈRE DU MUSÉE DE VICTORIA

Dans la même veine, l’article de Anne Larue, qui, au passage, a la pertinente intuition de comprendre que ces temples sont des représentations du corps de la déesse-mère, mais, malheureusement, ne leur attribue pas la caractéristique de temples, produit la photo de la figurine suivante intéressante en provenance du musée archéologique de Victoria :

Anne Larue nous invite à la comparer au temple de Ggigantja et elle a parfaitement raison sur ce point !

https://alka.hypotheses.org/1305

LA SYMBOLIQUE DE L’ARCHITECTURE DU TEMPLE DE HAL SALFIENI

Pour comprendre la raison de ce site particulier de l’hypogée, avec un temple souterrain en tous points identique aux temples de surface, il convient de se focaliser sur le deuxième niveau, sur la zone dépeinte comme la plus remarquable ayant toutes les caractéristiques d’un temple et non pas simplement d’un lieu de sépulture.

Cette zone, ce temple souterrain commence par une porte trilithe (en 2), avec le puits à offrande (en 3), la salle décorée (en 7), la salle principale (en 9), le Saint des Saints (en 10), le Trésor (en 11).

Or, cette zone est encore une fois, exactement comme les temples de surface, une représentation de la déesse-mère souterraine, déesse de la Terre et des enfers :

LE TEMPLE SOUTERRAIN DE HAL SALFIENI

Il est remarquable de constater que le puits à offrande se situe au niveau du nombril, dans l’axe central de la matrice.

Il est aussi intéressant de relever que derrière ce puits à offrande se trouve les 3 pièces principales, dans le sens des aiguilles d’une montre, la pièce principale correspondant au sein droit, le saint des saints correspondant au haut du torse (ou à la tête), le trésor correspondant à la couronne (ou à la tête), auquel on peut ajouter la salle décorée correspondant au sein gauche.

Remarquez cette propension à segmenter le corps de la déesse en 3 cercles majeurs, ce qui rappelle la forme primitive du trèfle à trois feuilles, configuration primitive et centrale dans lequel le puits aux oracles représenterait la porte de la matrice.

LA SALLE DU TRÉSOR : LA TÊTE DE LA DÉESSE-MÈRE

Si nous avons un quelconque doute qu’il en soit bien ainsi, il est remarquable de constater que dans le plan de l’hypogée réalisé par Mr Ferguson, la salle 27 qui correspond à la salle du trésor correspond à la tête de la déesse-mère si nous partons du principe que ce temple est un modèle de son corps

Sur ce plan de Mr, Ferguson, on voit bien que la salle 27, la salle du Trésor, correspond à la salle de la tête de la déesse-mère (ici sur son plan la salle 27 de la tête est tout en bas à droite)

Plan de l’hypogée par Ian F.G.Ferguson

Or, qu’est-ce qui a été trouvé dans cette fameuse salle 27 ? : L’emplacement de ce qui devait être une statue-icône de la déesse-mère, dont la tête pouvait être ôtée et remise en place à loisir par le biais d’une lèvre de pierre perforée au-dessus d’elle et le moyen d’une corde.

 

Voyez en effet ce que nous lisons :

La dernière salle de ce niveau, 27 « … » est une petite pièce sombre encore aujourd’hui, avec une corniche surélevée en face de l’entrée ; ceci, comme Evans le souligne dehors, aurait été approprié pour tenir une icône, et comme lorsqu’elle allumée elle aurait été visible depuis le coin sud-ouest de la 24, il est tout à fait plausible de suggérer qu’un aperçu restreint de l’une des figurines aurait pu été incorporée dans un cérémonial approprié. De nouveau comme Evans l’a souligné, il y a une lèvre de pierre perforée au-dessus du rebord, adapté au passage d’une corde fine. Comme la plupart des statuettes de pierre étaient munies de têtes séparées, et comme une telle statuette debout (S/S40, quelque 40 cm de haut) et même deux têtes de calcaire (S/S 38 et 39) ont été récupérés de l’hypogée, il semble hautement probable que nous ayons ici une forme de consultation rituelle de la déesse, dont la tête aurait pu été déplacé par une corde contrôlée par un opérateur.

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.152).

N’est-il pas étonnant que cet endroit le plus reculé du temple, le trésor, la zone la plus sacrée, contienne la tête « ôtable » de la déesse-mère alors même que dans l’interprétation de cet ouvrage cette pièce du temple est justement l’endroit précis de sa tête (ou de sa couronne) ?

Il n’y a aucun doute qu’il n’y a décidément pas d’erreur à interpréter le temple à cinq trèfles comme le corps de la déesse accroupie.

LA DÉESSE A LA TÊTE COUPÉE PUIS REMISE

De plus, cette tête coupée associe directement cette déesse-mère à d’autres déesses-mères ayant connu exactement le même sort.

Citons par exemple le cas de la déesse Isis lorsqu’elle fut décapitée par, selon les traditions, son fils le dieu Horus ou le dieu faucon Anty (de toute façon lui aussi associé à Horus) après quoi sa tête lui fut rendue, sans que le mythe ne dise pourquoi, avec celle d’une tête de vache. Elle devint alors, après la mise en place de cette tête de vache la déesse Hathor. Après quoi elle régénéra Anty celui-là même qui l’avait décapitée après que celui-ci ait été écorché par Re.

Ce mythe est en vérité très clair et a été expliqué (voir note « le symbolisme de la tête coupée, décapitée » dans l’analyse « la condamnation à mort par le Logos », Tome 1) donnant la raison tant de cette décapitation que de la restitution de cette tête.

Retenons simplement ici que la déesse-mère de Malte est donc, par ce fait, directement associée à Isis comme à d’autres déesses-mères ayant elles-aussi « perdu temporairement la tête ».

LA MAIN DE LA SALLE DÉCORÉE : LA DÉESSE ACCROUPIE QUI ACCOUCHE ET DIFFUSE SES FLUIDES VITAUX !!

Imaginons maintenant un instant que vous soyez toujours perclus par le doute.

Observez avec moi ce qu’observe Mr Ferguson lors de son analyse de la salle 20 communément appelée la salle décorée, qui est dans notre schéma le bras gauche ou le sein gauche de la déesse-mère accroupie.

Je me permets d’en faire une longue citation qu’il je l’espère, me pardonnera, mais afin de vous permettre de l’accompagner comme si vous y étiez tel un guide dans le cheminement de ces constatations et des conclusions que lui-même en tire :

La salle 20 est connue sous le nom de salle décorée, bien que Ridley l’appelle la salle des hexagones ; c’est un grand hall intéressant avec un certain nombre de fonctionnalités – murs et plafond peints, une fosse circulaire, deux piliers et les dernières marches menant au troisième niveau. « … » La fosse circulaire, 22, est située dans le sol et a été délibérément coupée comme une fosse de 2 m de profondeur sans aucune possibilité d’entrée ou de sortie. Sa forme, y compris l’étagère inclinée, ressemble à celui d’un pot (ou jarre) à large col. Zammit croyait que les pendentifs, amulettes et autres objets personnels taillés à la hache des ornements ont été trouvés ici, ainsi que la célèbre figurine en terre cuite connue sous le nom de la Dame au bois dormant et la pièce d’accompagnement, bien que Trump les attribue à la pièce principale (Trump 1972 ; 60). Pourquoi une fosse circulaire a-t-elle été découpée ici dans le sol ? Elle semble assez différente des chambres latérales utilisées pour les enterrements. A-t-elle pu être utilisée pour du stockage de grain, peut-être le maïs de semence ? C’est une hypothèse possible « … »

En conservant cette possibilité, il semble également possible qu’elle ait pu être utilisée à des fins cultuelles. Cette interprétation est étayée par deux petits piliers verticaux creusés dans le roc, portant tous deux une décoration piquée et ocre. Il n’y a pas d’évidence d’une fonction pratique, ils peuvent donc avoir servi un rituel. Les colonnes verticales (bétyles), toutes deux naturelles (stalagmites) et artificielles, sont des caractéristiques que l’on trouve couramment dans des contextes rituels et religieux en Crète et ailleurs, et apparaissent à Malte associés à divers temples lors de la phase marxienne.

La salle 20 possède également, sur le mur face à la fosse, le contour apparent d’une main droite tenue verticalement et portant un pouce et cinq autres doigts, que Ridley et d’autres ont considéré un phénomène naturel. « Il semble être complètement accidentel, même s’il reste possible que la surface a été picorée, mais c’est hautement improbable. Aucun pigment ne peut être vu. » (Ridley 197 6 ; 61) Pendant longtemps moi aussi j’étais de cet avis.

Cependant, il y a trois points qui indiquent une autre interprétation. Premièrement, il y a une statuette en terre cuite sans tête qui a aussi 6 doigts à chaque main. La sclérose en plaques est encore une anormalité médicale relativement courante (le sixième doigt est maintenant généralement retiré au début de la petite enfance) et se transmet génétiquement ; à l’époque préhistorique, un tel phénomène a dû être considéré avec crainte et superstition. Deuxièmement, le motif de la main est une caractéristique commune dans l’art rupestre paléolithique, comme dans la Grotte de Gargus, Hautes-Pyrénées, où une vingtaine des mains négatives, pour la plupart verticales, étaient imprimées sur un mur intérieur par soufflage. Troisièmement, il n’y a pas doute que le contexte général, tant de la Salle des Hexagones et du niveau moyen dans son ensemble, est d’une activité rituelle ou cultuelle. Coïncidences aléatoires se produisent vraisemblablement, mais il y a un point au-delà duquel un le scepticisme scientifique sain devient un irrationnel nihilisme (NB : Ce n’est pas moi qui le dit !). Étant donné que le contexte joue un rôle important dans les questions archéologiques, nous devrions accepter une juste probabilité que cette « main » soit un artefact. Nous devrions noter également que sa hauteur au-dessus du sol est exactement appropriée pour un acte rituel, éventuellement la prestation de serment (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.145)

Vous rendez-vous compte de l’importance de cette observation faite par Mr Ferguson et de sa juste déduction (même s’il n’en comprend pas l’interprétation symbolique) ?

Il constate la présence dans cette pièce décorée avec un soin particulier, la présence d’une fosse circulaire, de deux bétyles taillés dans la roche de type stalagmites-bétyles et enfin du même motif de la main dont nous connaissons le sens mystique profond.

Son raisonnement est extrêmement intéressant : il procède par association et ne se laisse pas submerger par le scepticisme/relativisme ambiant de ses collègues. Il associe cette main à la grande déesse, aux mains rupestres de Gargas et lui attribue, vu le contexte éminemment cultuel un sens rituel, même s’il ne sait l’interpréter.

Stupéfiant n’est-ce pas ?

Or, en ce qui nous concerne, à la différence de Mr Ferguson, nous connaissons le symbolisme de cette main et donc pourquoi elle se trouve là !

Elle est là pour représenter la déesse-mère en position accroupie en train d’accoucher symboliquement du père des dieux réincarné et de distribuer ses fluides vitaux aux vivants et aux morts.

Le réceptacle de ses fluides est justement dans cette pièce la fosse circulaire, dans laquelle on peut imaginer, vu sa profondeur de 2 m, que des dévots étaient mystiquement plongés en symbole de leur mort renaissance.

On peut aussi observer au passage que chaque cercle majeur du corps de la déesse-mère semble décidément fonctionner comme un centre mystique indépendant, avec son icône, son rituel spécifique, même s’il tourne toujours autour du thème central de la régénérescence rendu possible par la déesse-mère.

En l’occurrence, le positionnement de cette distribution de fluides au niveau de cette pièce qui se situe au niveau du sein gauche de la déesse-mère n’est implicitement pas anodin.

Mais le plus important pour l’heure ici à retenir est, comme nous le comprenons intuitivement, sans peut-être en afférer toute la portée historique et religieuse, que ce temple souterrain de Hal Salfieni fait ni plus ni moins le lien entre les cavernes des sites préhistoriques et le symbolisme de la main comme à Gargas, comme l’a fait remarquer Mr Ferguson, d’avec ces temples monolithiques de Malte !

Or, comme nous l’avons démontré, ces temples sont eux-mêmes des représentations de la déesse-mère accroupie !

Et comme l’a justement fait remarquer Mr Ferguson, la main est incontestablement celle de la déesse-mère puisqu’elle a six doigts comme les figurines qui la représentent !

De sorte que le symbole de la main préhistorique est indubitablement aussi directement associé au symbolisme de la déesse-mère (accroupie) !

Même s’il n’était pas besoin de ce site pour le comprendre et le prouver par l’observation et l’analyse, c’est une preuve supplémentaire et flagrante de l’exactitude de cette interprétation, comme de son universalité et intemporalité.

Universalité et Intemporalité, c’est le cas de le dire car, d’un point de vue scientiste, on se retrouve avec des représentations identiques de la déesse-mère sur un site du paléolithique supérieur (Rappel : pour Gargas et Cosquer, entre 43 000 à 29 000 ans pour l’Aurignacien et 31 000 à 22 000 ans pour le Gravetien) par rapport à « à partir de – 4 100 ans daté pour l’hypogée de Ħal Saflieni.

Alors que l’on supposait les ancêtres préhistoriques incapables de représentations mythologiques et de cultes religieux, les voici effectuant fondamentalement strictement le même que “de 40 000 ans à 18 000 ans” plus tard, à l’ère du mégalithisme !

Un culte, de plus, comme nous le verrons dans cette analyse, associé à Isis, à Déméter, et sur lequel se trouvent de véritables signatures mystiques d’Eve et de son mari.

Mais continuons.

TROU “AUX ORACLES” de ĦAGAR QIM

Il est intéressant de relever la nature architecturale du trou de l’oracle du temple méridional de Ħagar Qim.

À titre de rappel, le trou de l’oracle est un sanctuaire abritant deux bétyles, l’un phallique et l’autre trapézoïdale, représentant le sexe féminin.

Le trou de l’oracle se situe en 2, l’abside l’oracle en 1, le sanctuaire abritant les deux bétyles en 3.

Voici une photographie de ce trou de l’oracle :

Arcana Les mystères du monde

https://www.youtube.com/watch?v=vD78nBjyAi8

Ayant compris que le temple est une représentation de la déesse-mère ici en position allongée, bras et jambes dressées, étant donné le symbolisme du poteau de porte en linteau, qui symbolise la déesse-mère et l’entrée de sa matrice, porte sur l’au-delà et la régénération, linteau que l’on retrouve ici juste avant l’orifice du trou, étant donné la présence concomitante sur place d’un phallus et d’un sexe féminin à cet endroit précis, le sens “caché” de ce “trou aux oracles” est évident !

CONCLUSION SUR LA FORME DES TEMPLES

À vrai dire, quelle que soit la position exacte de la déesse-mère qui a voulu être représentée (assise, sur le dos, voire sur le ventre), il est évident que rentrer dans un temple de Malte signifiait pour ses adorateurs entrer dans le corps, le ventre, au sein même de la déesse-mère.

Le fait que la forme primitive ait été d’abord cercle (globe) et croix, se focalisant ainsi au départ sur son ventre, la zone centrale de sa matrice, pour ensuite, visiblement dans des époques ultérieures, la représenter en entier avec tête bras et jambes écartées ou dressées voire plus tard encore assise, montre à quel point cette mystique du temple systématiquement associé au pouvoir régénérant de la matrice de la déesse-mère, même si sous des formes différentes à des époques différentes reste le dénominateur commun de tous ces sites, pourtant situés à des centaines ou milliers d’années de distance l’un de l’autre.

Intéressons-nous maintenant aux éléments qui nous permettent d’identifier cette déesse-mère

IDENTITÉ DE LA DÉESSE-MÈRE ET DU PÈRE DES DIEUX DES TEMPLES MÉGALITHIQUES DE MALTE

LA DÉESSE-MÈRE AGA/AKA ET LE SYMBOLISME DU TRILITHE

Abordons maintenant cet aspect de la construction mégalithique qui est une véritable signature mystique ou symbolique de l’identité de la déesse-mère en question.

La particularité des sites de Malte est en effet que chaque entrée monumentale est un trilithe

Qu’est-ce qu’un trilithe ?

En voici la définition :

NOTE PRÉALABLE SUR LE TRILITHE

Le terme est formé à partir des mots grecs τρία (tria, “trois”) et λίθοσ (lithos, “pierre”), et signifie littéralement “trois pierres”. Il désigne en archéologie une structure constituée de trois pierres où les deux premières disposées en position verticale, les piliers, supportent la troisième, placée horizontalement, le linteau.

L’utilisation de trilithes est assez fréquente dans les constructions mégalithiques à caractère monumental (Stonehenge, temples mégalithiques de Malte). Dans les dolmens angevins, le portique qui précède l’entrée dans la chambre funéraire est généralement constitué par un trilithe.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trilithe

Voici des exemples de trilithes faisant office de porte d’entrée sur le site de Malte :

Entrée du site de Mnajdra

Entrée du site de Mnajdra/WK/Mareksilarski

Entrée du site De Ħagar Qim

Entrée du temple de Ħagar Qim/WK/Erweh

Panneau ouvert De Ħagar Qim

Même si ce n’est pas un poteau de porte à linteau au sens strict, les panneaux ouverts taillés dans les dalles de pierre participent vraisemblablement du même symbolisme.

On notera au passage l’analogie que l’on peut faire avec l’anneau de jade chinois “pi”, à rapprocher du symbolisme du puits (voir symbolisme de l’anneau, de l’anneau de jade, du puits)

WK/Michael Gunther

LA SYMBOLIQUE DE LA FAÇADE

Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur l’importance évidente que devait représenter la façade pour les bâtisseurs en vue d’impressionner les adorateurs de la grande déesse :

Comme l’observe le Dr P-R Giot, “La grande leçon de Barnenez, il y a vingt ans, était que les murs extérieurs ont été construits pour être vus. « … « … » »… »Il n’était pas seulement les aspects internes d’une architecture mégalithique qui pourrait être grandiose – les façades étaient également destinées à être grandioses (1983 ; 26). Ainsi ces murs extérieurs remarquables, construits ostensiblement dans des orthostates massifs, étaient probablement destinés à faire une déclaration de la force, de la puissance et de la détermination de la communauté qui les a construits – et, comme pour s’assurer doublement de l’inviolabilité de leur politique, tout cela était associé et sans aucun doute dédié à la divinité maltaise y présidant. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.95)

Ainsi, la symbolique de la façade est intimement liée à la déesse-mère elle-même. La façade est, « d’entrée » l’emblème de son renom et, comme nous allons le (re)voir, de son nom, une véritable dédicace…

 

LA SYMBOLIQUE DU TRILITHE

Il est intéressant alors de relever dans l’analyse du poteau de porte-trilithe de l’entrée que s’il est considéré comme une solution structurelle ingénieuse au problème du portage de la structure que constitue la création d’une ouverture dans un ouvrage aussi lourd et massif, sa fonction symbolique est indubitable :

Le trilithe – un linteau sur deux montants – est la solution parfaite à l’ingénierie et problème architectural. Il est aussi extrêmement solide à cause de son propre poids, comme en témoignent les anciens trilithes de Stonehenge. Une fois la solution de trilithe trouvée, il a été rapidement adopté partout et est devenu l’entrée standard pour tous les temples, à leurs cours intérieures et chambres en retrait, et a même été introduit dans l’hypogée où il n’avait aucune fonction structurelle, mais était purement symbolique. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.96)

Lorsque la paire extérieure de cours a été ajoutée à Gg, ils ont naturellement reçu leur trilithe à leur nouvelle entrée principale et, comme souvent ailleurs aussi, le passage était étendu en ayant trois trilithes en série. C’était en partie requis par l’épaisseur du mur avec ses remplissage de support, mais était aussi parfois préféré lorsque le mur était plus mince, comme à Tarxien. Cela montre probablement une adaptation de la formule pour des raisons religieuses : les temples étaient sans aucun doute considérés comme un espace sacré, la porte doit avoir été considérée comme le portail d’une zone sacrée. Ceci est prouvé de manière concluante par l’utilisation de trilithes dans l’hypogée où ils n’ont pas de rôle structurel. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.176)

En effet, la logique est simple : pourquoi les bâtisseurs du temple de l’hypogée de Hal Salfieni se seraient-ils échinés à venir créer un trilithe au milieu du niveau 2, à l’entrée du temple souterrain, là où, par nature, il n’y avait nullement besoin d’un portage d’aucune sorte puisque le temple est dans une caverne sous terre ?

La portée symbolique du trilithe en lien avec la déesse-mère, que ce soit à Hal Salfieni ou dans les temples de surface, est donc avérée et attestée.

Mais, s’il vous plaît, prenez aussi en compte un élément de réflexion supplémentaire :

On pourrait aussi considérer que le trilithe était le moyen le plus simple pour entrer dans un édifice de pierre et qu’à cet âge reculé, c’était sans doute la seule technique connue des bâtisseurs.

Toutefois, cet argument ne tient pas puisque « les rangées subsistantes d’éléments de maçonnerie horizontaux indiquent que les monuments avaient des toits à encorbellement, probablement couverts de poutres horizontales. Cette méthode de construction était une solution remarquablement élaborée pour son époque ».

Dans l’hypogée de Ħal Saflieni nous avons vu qu’à l’entrée du temple souterrain se trouve un trilithe alors même que dans les parois des salles ont pour « particularité, jamais retrouvée dans aucun autre hypogée, que leurs parois représentent, sculptées dans le calcaire à globigérine, toutes les apparences extérieures et intérieures des temples de surface, avec leurs entrées trilithes, leurs orthostates, leurs autels, leurs voûtes en encorbellement ».

(Wikipedia/A. Pace – 2004 – p. 29 – 36/J. S. Tagliaferro [2000] p. 29.)

Autrement dit, les bâtisseurs maîtrisaient la technique du toit à encorbellement comme de la voûte à encorbellement, bien plus complexe que le trilithe « de base » !

Il leur aurait donc parfaitement été possible d’en faire une à l’entrée.

Dans la logique de devoir impressionner leurs congénères et démontrer leur virtuosité technique, cela aurait dû être le premier choix !

Alors, pourquoi choisir, alors même que la façade et l’entrée du temple est donc d’impressionner et de mettre en évidence le grand pouvoir de la grande déité, une technique finalement plus simple, un poteau de porte de pierre, un trilithe ?

De toute évidence, ce choix a été fait parce que le trilithe était symboliquement encore plus représentatif de la déesse-mère et de son pouvoir que la voûte à encorbellement même si celle-ci aurait été plus ostentatoire.

Or, nous comprenons parfaitement pourquoi puisque comme cela a été vu dans l’analyse du nom de Eve et dans l’analyse de la porte et du poteau de porte « aka » en sumérien que le poteau de porte avec deux poteaux droits et un linteau, ce « aka » est tout à la fois l’un des emblèmes majeurs de la déesse-mère Eve comme un strict homonyme sumérien de son prénom.

Ce trilithe est incontestablement une véritable signature symbolique invitant le dévot à pénétrer à travers cette « porte » (« ka » en sumérien), à travers ce « poteau de porte » (« aka » en sumérien) dans la matrice de la déesse-mère Eve-aga-aka.

LE SYMBOLISME DE L’AUTEL POT DE FLEURS  

L’Autel floral dans la cour 1 d’Hagar Qim auprès des dalles percées en porte.

Haqar Qim propose également un intéressant ensemble d’autels.

Le plus connu est « l’autel floral 1 trouvé dans la cour 1 (Planche 20.1). Le thème d’une plante poussant dans un pot, répété sur les quatre faces, est sûrement significatif : vraisemblablement la plante était considérée comme sacrée « … » et éventuellement placée en offrande sur surface concave de la tige.

Cet autel doit interpeller, car nous avons vu dans l’analyse d’Isis, un synonyme d’Eve, que son nom signifie notamment « un pot d’argile » par « Isi » la « fosse d’argile », ou par « isi » le « pot de beurre, de la rivière ».

De plus, dans le contexte mystique de régénération du grand dieu que véhicule le temple de la déesse-mère, dont l’un de ses symboles est celui du grain (symbolique ; voir le symbolisme du grain tome 3) illustré aussi dans ce temple (voir un peu plus loin) la présence symbolique de ce pot de fleurs qui porte grain est, indirectement, symboliquement, une autre manière d’évoquer Eve-Isis. 

ÉTYMOLOGIE SUMÉRIENNE

Puisqu’est traité l’aspect nominatif de la déesse-mère, intéressons-nous aux noms mêmes des sites majeurs de Malte et à leur étymologie sumérienne, voyons tout d’abord les origines du maltais et si cette langue peut se révéler être utile.

Origine du maltais

Voici ce que l’on peut lire :

L’histoire de la langue maltaise commence par des interrogations auxquelles les historiens et les linguistes ne peuvent répondre en l’état actuel des connaissances. L’archipel a parlé très certainement une langue ou un dialecte phénicien pendant cinq siècles et punique pendant deux siècles, peut être trois, conjointement avec le grec ancien pendant au moins deux siècles et peut-être avec le latin pendant huit siècles. Toute la population ne parlait certainement pas la même langue au même moment, et il faudrait distinguer entre les occupations sociales ou économiques, ce que les sources ne permettent pas.

Historiquement, la première dispute linguistique au sujet de la langue maltaise porte sur sa filiation à sa langue mère. Globalement deux grandes théories s’affrontent : le maltais est-il d’origine punique ou arabe ? Il existe au moins un point commun à ces deux théories : la langue maltaise est bien une langue sémitique.

S’il existe un consensus sur l’origine du maltais actuel, c’est qu’il s’agit d’une langue chamo-sémitique. « … »

Le maltais (en maltais : Malti) est une langue chamito-sémitique (ou afro-asiatique) de la famille des langues sémitiques.

« … »

Si une langue est le reflet de l’histoire de ses locuteurs, le maltais, parlé au XXIe siècle dans les îles maltaises n’est la mémoire que d’une partie de l’histoire maltaise. La riche culture phénico-punique et la civilisation gréco-romaine n’ont laissé à Malte qu’une faible trace archéologique. Les îles qui ont su créer les plus vieux monuments humains de l’histoire du monde (VIe millénaire av. J.-C.) ne possèdent une langue, le maltais, que depuis, au mieux, le IXe siècle, effaçant ainsi plus de 60 siècles de leur histoire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maltais

Ce que nous retenons fondamentalement de ces éléments est que le maltais est chamo-sémitique, fondamentalement similaire au suméro-akkadien, puisque Sumer a été terre de Cusch, fils de Cham (fils de Noé), et Akkad était une terre de sémites (du nom de Sem fils de Noé)

Il est alors assez remarquable de noter qu’en maltais, la « grand-mère » se dit « in-nanna » ! exactement comme la déesse sumérienne Innanna que nous savons être un avatar d’Eve ! (Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Maltais la Partie sur les consonnes solaires)

Étant donné la nécessaire proximité sémantique originelle du maltais avec le suméro-akkadien, l’analyse étymologique du nom donné aux sites de Malte, que l’on peut simplement espérer être resté imprimé depuis l’origine de leur édification, et resté sous cette forme dans la mémoire collective, devient alors particulièrement intéressante.  

SKORBA 

Il est difficile de donner le sens exact de skorba dans la mesure où le « s » initial peut être un « sa » ou un « si » ou un « su » voir un « šà » un « še » ou un « šu ». Je vous renvoie à l’index du tome 3 pour l’analyse de ces phonèmes respectifs.

En revanche les phonèmes « kur » « ba » sont plus identifiables et donc plus clairs. Concernant « ba », la problématique pour être clair est de savoir s’il s’agit de « ba » ou de la contraction de « aba ».

Le phonème « kur » est extrêmement chargé et est l’un des deux phonèmes avec « du/dul » en qui l’on retrouve toutes les étapes principales de la transformation d’un être déchu en un être régénéré, être qu’il rend à lui tout seul parfaitement identifiable au Père des dieux Adam.

Si « aba » signifie le père, « ba » seul est lui aussi un phonème important et suivant l’index, “désigne aussi bien le père des dieux « pa » que la matrice de la déesse notamment par « ba » (un « récipient ouvert » une créature avec une coquille/coque (tortue, escargot…), un poisson dans une maison (ba4) ; ‘ba7, ba est aussi synonyme de bar qui signifie l’âme, les entrailles, la « toison » ; et par « bár » ou « bara5,6 » un roi, un dirigeant soit le fruit de ses entrailles, le fils-messie appelé à être un roi dirigeant religieux et temporel tirant de sa mère son pouvoir.

Il en résulte que “kurba” est évidemment en lien avec la régénération du père suite à son passage dans la matrice-coquille (en forme spiralée) afin de renaître de nouveau sous le fils vicaire.

ĠGANTIJA

Ce nom peut aisément se décomposer en “ga” “an” “ti” “ia”

Ga

“ga” ou “ka” (k et g étant équivalents) ont le sens de “g” ou “k” “réservoir” avec “a” “d’eau”, de “sperme”, du père – ancêtre’.

Ils représentent donc le vagin, la matrice, de la déesse-mère.

D’autant que le phonème « ka » par son homonymie avec « ga » « ugu » désigne un ancêtre géniteur(trice) soit le père et/ou la mère génitrice. « … »

An 

ce nom désigne bien sûr « a » le père « élevé » « n » le père des dieux sumérien, An

« ti »

Ti désigne un côté, une côte ou une flèche

Ti désigne aussi la vie (équivalent de tìla, tìl)

Ce phonème fut utilisé pour désigner nommément Eve par deux axes différents, à la fois en tant que le côté, la côte puisqu’elle fut célébrée en tant que telle (revoir le symbolisme de la déesse du côté, de la côte) et aussi par le fait qu’étant par son nom « haya » « la mère des vivants » ou « celle qui donne la vie » « ti ».

Ia

« i » par i7 signifie (comme ída ou íd) une rivière, un canal principal, un cours d’eau, et par i un cri de douleur (un dérivé de ér, ír, “larmes, complainte ?) ; ì (et ìa) signifie aussi de l’huile, du gras, de la crème, un galet.

Ainsi « ída, íd, i7 » désigne plus spécifiquement la mère à travers son symbole de la rivière du cours d’eau et de ses larmes et complaintes qui l’associent à Isis (celle qui se lamente)

ìa et ì désignent quant à eux plus spécifiquement les enfants de la mère, ses galets symboliques, ou ses fluides corporels (larmes, etc.) et ses symboles (eau, crème, gras, huile)

Lien entre Ida, Cybèle-koubaba, toutes les déesses-mères et la déesse-mère du côté/de la côte :

« Ida » nous permet aisément d’identifier cette mère :

En effet, si nous décomposons « ida » en « i » « da » qui retrouvons-nous ?

 « da » a les doubles sens d’être un côté, de tenir protéger ; d’entourer par da5 (dab6) ; d’entraver, de retenir, de prendre, d’attacher, « … » (avec un mouvement dans un récipient ouvert) (par dab2,4,5, dib2)

Ce côté ne désigne nul autre que la déesse-mère de la côte ou du côté, la première mère de l’humanité qui protège, entoure, attache symboliquement avec des cordes.

En effet, rappelons l’un des sens de « ama » pour dire « mère » en sumérien :

 Sens de « ma » :

« ma » fait référence par « ama » en sumérien à la mère.

am est une vache ou un bœuf sauvage (de type auroch).

ma signifie aussi lier, attacher [en dialecte Emesal, ñál ; ñá ; autrement dit « ga » ou « ka »]. Nous sommes donc face à la déesse-mère qui attache avec des cordes, autrement dit avec les boyaux de ses entrailles, synonyme d’amour maternel et de miséricorde (voir le symbolisme des cordes).

Si má est un bateau, ma5 tout comme mù signifie broyer, moudre ; brûler (avec pour signe cunéiforme ka׊È).

Nous nous retrouvons encore avec une vision de la déesse-mère qui aime avec ses tripes (attache), mais aussi broie, moud, brûle et qui sinon « a » le père des dieux, l’ancêtre, mais aussi, par extension ses adorateurs, ses propres enfants, ses sujets. C’est là aussi le sens de la déesse vache-mère « am-a ».

Ainsi, ce « i » « da » ce côté/côte qui attache et qui produit des enfants et des fluides vitaux ne fait qu’un avec la mère-vache « ama » qui attache, broie, moud, brûle le père « a ».

Évidemment cela explique le sens du nom de Cybèle nommée Khubel par A.HISLOP et dont le nom ‘signifie non seulement « attacher avec des cordes », mais aussi « être en travail d’enfant » (LDB p.228).

Et cela explique aussi le sens du nom « Idæa mater », c’est-à-dire Idaia Mater ce qui signifie la mère de l’Ida, une montagne sacrée de Phrygie nommée aujourd’hui kaz dag (en turc Kaz Dağı) nom qui lui fut donné par les Romains après que l’oracle de Delphes leur ait enjoint d’amener de Phrygie la pierre noire de la déesse-mère à Rome.

Nous comprenons mieux maintenant le sens réel de cette montagne « Ida » consacrée à Cybèle.

Bien que HISLOP nous dise à ce sujet qu’en chaldéen, Ida signifie la « science » en vertu de quoi Idaia Mater, signifie donc pour lui « la mère de la Science », le sumérien, à la racine du chaldéen, nous révèle non seulement la raison pour laquelle les rivières et sources coulant des montagnes sacrées étaient objet de vénération, mais aussi la personne se cachant derrière les déités mères de ces montagnes sacrées : la déesse de la côte/côté.

On peut dire qu’elle les réunit toutes en elles.

Tenez, regardez ce qu’on lit par exemple par rapport à Cybèle :

Cette Déesse mère était honorée dans l’ensemble du monde antique. Le centre de son culte [comprendre son culte originel, car les Romains après l’avoir amenée à Rome, l’ont associé à une autre montagne, l’Ida] se trouvait dans la Turquie actuelle sur le mont Dindymon, à Pessinonte, où le bétyle [la pierre cubique noire à l’origine de son nom, Kubélé] qui la représentait serait tombé du ciel. « … » Elle était connue en Grèce dès le ve siècle av. J.-C. et se confondit bientôt avec la mère des dieux [Rhéa] et Déméter. « … » On a établi un rapport étroit entre l’Artémis vénérée à Éphèse et les grandes déesses d’autres peuples : on pense d’ailleurs qu’elles ont une origine commune. Un dictionnaire biblique déclare ce qui suit : « Artémis présente de si étroites analogies avec Cybèle la déesse phrygienne, et avec d’autres représentations féminines de la puissance divine dans les pays d’Asie, telles que Ma de Cappadoce, Astarté ou Ashtaroth de Phénicie, Atargatis et Mylitta de Syrie, qu’on peut penser que toutes ces divinités ne sont que les variantes d’un seul et même concept religieux, qui présente quelques différences selon les pays, différences qui s’expliquent du fait que ce concept a évolué en fonction des circonstances locales et de la mentalité du pays ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cybèle

Il est à ce titre tout aussi intéressant de relever le nom auquel Cybèle est associée par certains linguistes :

Le nom d’une déesse nommée Koubaba est attesté dans des textes de nombreuses langues du Proche-Orient ancien et du monde méditerranéen à partir de l’âge du bronze moyen en Anatolie centrale et jusqu’à l’époque de l’empereur romain Auguste. Dans des textes cunéiformes Akkadiens et Hittites, en louvite hiéroglyphique, puis en araméen, en lydien et en phrygien, et enfin en grec et en latin, avec de nombreuses variantes dans ses noms, au point qu’il est parfois difficile de savoir dans quelle mesure on a affaire à une seule déesse désignée par différents noms et adjectifs, ou bien à plusieurs divinités qui dériveraient les unes des autres ou coexisteraient. Ce problème a été posé en 1960 par Emmanuel Laroche, linguiste spécialisé dans les langues de l’Anatolie antique, qui affirme que le nom grec de Cybèle [Κυβέλη, Kubélè] dérive de la déesse syro-anatolienne Koubaba, plus ancienne, qui était vénérée notamment au nord de la Syrie. Laroche se sert notamment d’un nom de déesse distinct, mais très proche, Κυβήβη [Kubebe], également attesté, pour faire sa démonstration. Cette hypothèse est acceptée et renforcée par plusieurs autres historiens des religions.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cybèle

Or, que signifie koubaba en sumérien ?

Disons simplement que « ku » désigne une ancêtre génitrice, « ub » un coin, un angle ou une petite pièce, « ub4 » une cavité, un trou, un écueil, un piège.

« ab » la vache, l’ouverture, le coin « ba » la matrice [c’est très réducteur, car « ba » est un des phonèmes les plus riches, mais je ne peux ici le détailler] et « ab-ba » le père.

De sorte que koubaba désigne tout à la fois l’ancêtre qui s’est révélée être un piège pour le père, que la génitrice-vache du père par sa matrice.

Il a aussi été vu dans l’analyse du côté de la côte que les notions d’angle de coin, sont similaires à celle de côté.

Il s’agit donc aussi de celle qui se tenait à son côté.

De qui peut-il bien s’agir… ?

Si nous revenons à nos moutons maltais, qu’est-ce que ce terme Ġgantijja signifie en sumérien ?

Très synthétiquement, « ga » la matrice de « ti » la compagne (le côté/côte) et la mère donnant la vie (soit Eve) du père ancêtre élevé (Adam sous son avatar sumérien An) générant fils et fluides vitaux.         

TA’ ĦAGRAT

Ce nom peut aisément se décomposer en « ta » « ĥa » (prononcez comme la Ch allemande ou la Jota espagnole…) « aga » « ara » ou « ra » « t »

Étymologie de « ta »

Ta, dá peut signifier comme préposition : de, à, pour, au moyen de (suffixe ablatif instrumental pour le nominatif et préfixe verbal pour les verbes ; en tant que suffixe d’un nom il peut être un locatif avec une compréhension à induire par le contexte comme dans an-ta ou ki-ta)

 

Ainsi, s’il est vrai que « ta » peut jouer le rôle de (vers, pour) il a aussi un autre sens très particulier :

 

Ta signifie une nature ou un personnage [voir Tán [MEN] contraction de (ta « nature, personnage » + an « ciel »).

Tab désigne un compagnon, une paire, « … » être ou rendre double en étant suivant le lexique la contraction de « côté » et de « récipient ouvert »].

tál avec pour signe cunéiforme « PI » signifie l’ampleur ou l’étendue, la compréhension en étant suivant le lexique la contraction de ‘côtés ; ou de « personnage » et de « abondant »). Au sens verbal, il a le sens d’être, rendre large, vaste, étendu ; diffuser, propager ; déplier, déployer (se dit des ailes, des bras).

Ainsi, « ta » désigne un personnage, un compagnon, un côté.

Remarquons que c’est donc aussi le sens de « pi ».

De plus, les phonèmes homophones taka, taga, tak, tag, tà ont de très nombreux sens touchant à des actions de la vie courante, mais dont quasiment toutes ont un sens ésotérique (tisser, décorer, orner ; frapper ; pêcher, chasser). L’un de ces sens est aussi faire démarrer un feu. 

Ce qui nous intéresse ici est que ces phonèmes seraient la contraction selon le lexique de « te », « approcher » et de « aka » « faire, placer, fabriquer ».

Ainsi « taka » équivalant de « ta » et est la contraction de « te » « aka » ce qui évoque bien sûr « te » le vautour mortier « aka » c’est à dire Eve-aga-aka

Mais même l’action courante de « aka » « faire », l’évoque, en vertu de l’explication donnée sous l’analyse du vol du nom de Dieu où elle s’est attribué la capacité de faire, de créer qui est la racine verbale du nom du dieu suprême judéo-chrétien.

Ainsi « ta » désigne la compagne Eve sous ses symboles « te » du vautour et du mortier dont le premier acte de création aux fins de régénération est la destruction.

Étymologie de ĥa

Cette étymologie est très intéressante, car elle véhicule de nombreuses idées très importantes propres au cycle de la régénération et à ses acteurs principaux :

 

ĥa a un sens précatif lorsque préfixe de type « qu’il/elle devienne…, qu’il/elle soit…, puisse… »

ĥa et ĥé, deux phonèmes équivalents, sont des préfixes verbaux précatifs affirmatifs (se dit de quelque chose qui s’exprime par la prière, par exemple « que soit loué… »)

Par exemple, ĥáda, ĥad 2 qui signifie sécher ; briller est composé suivant le lexique de « ĥé » traduit par « qu’il devienne » et de « dág » « brillant »).

On remarque ainsi que ĥé ou ĥa placé devant un verbe signifie « qu’il devienne…, qu’il soit…, puisse… »

ĥa a un sens d’abondance

En effet, ĥa signifie aussi « abondance ».

L’on en a un exemple avec le terme ĥa-šu-úr qui désigne un cyprès ou un tronc d’arbre persan ou sa résine étant traduit dans le lexique par « abondance » plus « verser, déverser » plus « tronc d’arbre ».

Ceci vient certainement du fait que « ĥ » seul signifie « beaucoup », que ĥá ou ĥi-a qui sont équivalents signifient tous deux nombreux, divers, assorti ; mélangé. La raison de cette abondance, de ce caractère de « nombreux » ou de sens de « beaucoup » qu’emporte ĥa étant certainement dû au fait que « ĥi » signifie « mixer ».

Ainsi, de ce qui sort du mortier, de ce qui est mixé, résulte l’abondance.

Rappelons en effet que « ĥar » désigne notamment un mortier.

Il est aussi intéressant de relever que ĥa est associé à trois actions distinctes : l’opposition et l’affrontement, le vol, la ruine et la destruction, mais aussi le fait de distribuer, donner un lot ou un héritage.

Après quoi nous verrons le sens symbolique relatif au père suivi par une synthèse de l’ordre de compréhension mystique logique de ce phonème.

ĥa a un sens d’opposition, d’affrontement

Il est tout aussi intéressant de constater que « ĥa » est associé à l’opposition, au conflit d’une mère, vieille femme sorcière.

En effet, le mot sumérien ĥa-mun signifie en opposition mutuelle ; contrastant, ; conflit, affrontement en étant suivant le lexique la forme conjuguée du verbe « ĥum » « lutter » tout comme en akkadien « huud » « joie » se conjugue en « hadûm » « joyeux » ; sauf qu’en sumérien il n’y a pas de syllabe « mum », mais juste la syllabe « mun » ; cf. p.101 du lexique).

Tout ceci est extrêmement riche de sens, car « ma » désigne la mère qui attache tandis que « um » ou « umu » signifie une vieille femme, une nourrice, « um-ma » signifie une vieille femme, une sorcière l’étymologie de « sorcière » venant de « vieille femme qui lie ou attache », nécessairement avec des cordes sachant que (gi) um signifie une corde faite de roseaux (cf., umu). (Index de la signification des phonèmes du sumérien/Tome 2).

Même si « mun » n’est pas le nom pour « lune » en sumérien (revoir le symbolisme de la lune), astre qui représente généralement la grande déité féminine, il est intéressant de relever au passage l’association entre le sumérien « mun » et l’akkadien « mum » qui désigne très clairement la déesse-mère primitive.

 

Association de ĥa avec le vol :

Il est assez remarquable qu’un voleur (ou une voleuse) se dit šu-ĥa en étant la contraction de « šu » la « main » et de « ĥa » qui exprimer donc ici l’idée de voler, prendre se saisir sans autorisation. Suivant le lexique, l’équivalent de        šu-ĥa est šu-ku6-d étant donné que ĥa et ku6 sont équivalents.

Et nous savons qu’un des sens de « ku » est ancêtre géniteur(trice).

Ainsi, autre exemple, « šu…ĥa-za » signifie « tenir dans la main » en étant la contraction de « šu » « main » et de « ĥaza » “tenir, saisir ».

Association de ĥa avec la ruine, la destruction :

Il est tout aussi intéressant de relever que ĥa-lam signifie ruiner, détruire (souvent avec – ta) (cf. aussi ĥul 3)

Si nous reprenons l’index symbolique des phonèmes du sumérien, on peut lire :

« La » désigne directement l’abondance, le luxe, la richesse, la fraicheur et beauté de la jeunesse ; la béatitude, le bonheur ; le souhait, le désir.

« Lam » désigne à la fois la luxuriance et… les enfers, le monde souterrain. Sa forme verbale signifie aussi faire croître ou croître de manière luxuriante.

Or láma, lám désigne aussi le pouvoir impressionnant d’une divinité étant la contraction de « la », l’« abondance » et de « me », « la fonction, le pouvoir »).

lamma, làma désigne d’ailleurs un génie tutélaire.

« … » lam désigne donc un être divin, source de fertilité, d’abondance, mais aussi seigneur du monde souterrain.

Nous comprenons ainsi que « ĥa » signifie ce (ou celui/celle) qui mixe, détruit « lam » l’abondance, la fraicheur et beauté de la jeunesse…

Ceci fait totalement écho à un autre mot sumérien qui signifie les enfers : « arala ou arali » ; suivant le lexique ils sont la résultante de la contraction des mots « ĥara/àra » « pulvériser » et de « la » la ‘beauté et fraîcheur de la jeunesse’ ; on retrouve leur explication dans le symbolisme du mortier et de la spirale, dénommés ĥar, àr, ur5).

Ainsi « ĥa » exprime bien la première étape du processus de la régénération, celle de la destruction, de la pulvérisation symbolique propre au mortier, qui, nous le savons, avec la spirale, est un symbole de la matrice dans son opération de destruction des êtres vivants, cueillis souvent dans la fleur de l’âge, et qui se retrouvent en elle comme prisonniers, engloutis aux enfers.

ĥa a un sens de distribuer

Dans la logique de la notion d’abondance qu’exprime ĥa il est très intéressant de noter que ĥa-la signifie un héritage, une portion, un lot (cf., ĥal).

Ce qui est alors remarquable est que šu-ĥal-la signifie la main ouverte en étant suivant le lexique la contraction de « šu » « main » plus « ĥal » ‘diviser, distribuer plus « la » ici dans un usage nominatif »).

Autrement dit, la main ouverte, en sumérien, šu-ĥal-la désigne un don en héritage, on pourrait dire une participation à l’abondance résultante du symbole même de la main ouverte qui, on le sait, est le symbole de la déesse-mère accroupie mettant au monde et distribuant au mode ses fluides corporels élixirs d’abondance pour les vivants !

Cette idée de distribution qu’implique “ĥa” permet donc de comprendre qu’il évoque, en fin de cycle de la régénération, l’une de ses résultantes, savoir qu’après avoir, en tout début de cycle, détruit, concassé, broyé le père des dieux, l’abondance, la fleur de la jeunesse, dans les enfers, dans la matrice de la déesse-mère, la résultante finale est toujours la même ambivalente et paradoxale finalité ésotérique savoir la production de l’abondance à destination des vivants et sa distribution aux uns et aux autres suivant le bon plaisir de la déité mère qui y préside.

 

Un sens symbolique de ĥa : la compagne qui mixe le père

Il nous est aussi dit que ĥá ou ĥi-a sont équivalents et signifient tous deux nombreux, divers, assorti ; mélangé.

Il en résulte que ĥa peut être la contraction de “ĥi” et de “a”, autrement dit, ce qui mixe “ĥi” le père “a”.

C’est d’autant plus en phase avec le fait que *ĥa désigne aussi un poisson.

À ce propos, suivant le lexique, ĥa n’est pas le mot usuel pour poisson, mais le signe du Poisson a pu assumer son sens syllabique ĥa à partir de “ĥ” “beaucoup” et de “a” “eau” ; ĥa pour dire poisson est un mot alternatif un mot alternatif à ku6 ou kua pour dire aussi poisson.

Or, nous savons que le poisson est un symbole du grand dieu sacrifié, retourné dans les eaux de la matrice, d’autant que kua signifie littéralement, décomposé, “ku” l’ancêtre’ « a » père ou le père ancestral.

Ainsi, ĥá signifie aussi « ce qui mixe le père ancestral ».

Mais de qui ou de quoi s’agit-il exactement ?

Il a aussi été relevé que ĥa peut être altéré en « a » de sorte que le « ĥ » disparaît. Il y a un exemple avec ara 3,5 qui est équivalent de ĥara suivant le lexique.

De sorte que « há » est équivalent de « á » qui signifient lui et ses équivalents (áĥi, aĥ5) un bras, une aile, une corne, un côté, une puissance…

Nous retrouvons le symbole du côté, de la côte, qui ne désigne ni plus ni moins que la « compagne » du père ancestral.

Ceci éclaire le sens de me-maĥ qui désigne le grand « me », les plus hautes fonctions en référence au pouvoir procuré par la grande déité à ses grands-prêtres et empereurs (le lexique indique que ce terme est la contraction de « fonction » et de ‘élevé, exalté). Étant donné les sens de « me » de « ma » et de « aĥ » (revoir l’index) qui désignent essentiellement par « me » le pouvoir de la déesse-mère, par « ma » la mère qui attache avec les cordes et par « aĥ » le côté, la côte, l’on comprend que le pouvoir suprême dont il est question ici vient en ligne directe de la compagne et mère originelle devenue déesse, Eve. 

Synthèse et explication symbolique du sens profond de ĥa

 

Si l’on replace ces différents sens dans un ordre logique au regard de la pensée ésotérique, on comprendra certainement mieux les raisons de sa polymorphie symbolique.

Dans un premier, ĥa peut désigner tout à la fois le père ancestral et sa compagne, son côté/sa côte, se trouvant dans une situation d’abondance.

Après quoi, à l’initiative de la femme visualisée comme une vieille mère-sorcière, advient un vol, s’effectuant par la prise de quelque chose avec sa main, action qui a alors pour effet de ruiner, détruire, l’abondance, la fleur et la beauté de la jeunesse (revoir un des symbolismes de la fleur avec le mythe de Coré, Perséphone…) et de la/les conduire aux enfers, au monde souterrain, là où, par le pouvoir de sa matrice-mortier-spirale, elle broie, concasse, pulvérise les corps morts de son mari, le père ancestral, et par extension ses propres enfants, pour ensuite finir par reproduire un état d’abondance qu’elle redistribue aux vivants.

Il faut ainsi comprendre que l’apparente contradiction entre abondance et destruction de l’abondance qu’évoque ĥa n’en est pas une.

Il ne s’agit que d’un cycle.

L’abondance est un état initial et aussi un résultat final.

Elle a existé initialement, a été ou est détruite par les conséquences de la faute, mais elle retrouvée par l’autoréparation de cette faute au moyen du passage par la mort (les enfers).

C’est alors que le sens précatif, en mode prière de ĥa prend toute sa dimension lorsqu’il signifie « qu’il en advienne ainsi » !

Cette analyse de « ĥa » que l’on doit lier à celui du mortier et de la spirale « ĥar, àr, ur5 » permet aussi d’éclairer le symbolisme des gueules ouvertes et des postures de fauves agressives montrant leurs crocs, car le terme zú… ur 5 qui signifie mâcher, mordre (en étant suivant le lexique la contraction de « zú » « dents » et de « ur5 » « mâcher ») a pour signe cunéiforme… « ĥar », le mortier, la spirale…

Nous nous retrouvons donc avec des symboles différents (mortier, spirale, gueule et crocs…) qui symbolisent tous fondamentalement la même chose : la destruction qu’opère la matrice de la déesse-mère dans sa phase préliminaire de régénération du défunt.

Vous aurez aussi remarqué combien un simple phonème comme ĥa, lorsqu’il est mystiquement cerné sous toutes ses facettes étymologiques devient très lourd de sens.

J’ai jugé de le développer ici, car il se prête particulièrement à l’explication relative aux temples comme à Malte, mais aussi ailleurs où le symbolisme du mortier, de la spirale (son homonyme sumérien) sera très présent et est lié à ce phonème.

Bref rappel Étymologie d’aga

Le sens de « aga » a été revu dans ce même livre dans l’examen de Göbekli Tepe et de la montagne sacré karaca.

C’est tout bonnement l’un des phonèmes majeurs qui désigne Eve en sumérien sous son nom, tout en invoquant nombre de ses symboles majeurs.

Rappelons que « g » a pour équivalents « k » « ñ » et aussi, nous venons de la revoir « ĥ ». De sorte que « aga », « aka », « aña », « aĥa » sont des synonymes d’Eve.

Étymologie d’ara

Ce phonème a lui aussi été détaillé dans l’examen de la montagne Karaca.

 

Étymologie de « ara »

(voir pour plus de détail l’index symbolique des phonèmes du sumérien disponible en tome 3) : 

 

« ara » signifie aussi bien pulvériser, détruire (par ara 3,5) que briller flamboyer par ara4 (ou ar ou rà). « … »  (d’où le nom solaire du dieu ra égyptien objet de la régénération cyclique)

Notons aussi que « ar » seul avec ses homophones strictement équivalents (re7; ri6, rá, ir10; e-re7; er, ir) a beaucoup de sens dont les plus significatifs sont accompagner, conduire, porter, aller,…, remuer, mélanger ou placer, verser, mettre dans… émettre, engendrer, inonder, prendre, rassembler.

rí par exemple est un équivalent de uru2, (ki), iri, iri11 qui signifient une cité, une ville, un village, un district.

De sorte que « ar » convoie toutes les actions qu’est censé produire la matrice au bénéfice du Père des dieux et de leurs adorateurs défunts afin de les transformer en étoiles-divinités comme le fait de rassembler les vivants en villes et en cités, étant l’objet de l’alimentation par ses eaux, fluides d’abondance.

Étymologie de « t »

Concernant le « t » final, observation a été faite sur l’analyse de la déesse de la côte, du côté, que les phonèmes « ta » comme « ti » désigne fondamentalement une compagne, l’un comme l’autre faisant référence au côté, avec ti y associant l’idée de vie, induisant la notion d’une compagne qui donne la vie.

Il est aussi évident qu’en sumérien, la « at » finale est la marque du féminin en tous cas pour ce qui concerne les déités, avec par exemple la déesse Anat (associée à Tanit et toutes les grandes déesses-mères) qui, historiquement, n’est sans doute nulle autre que la parèdre, la compagne d’An, le père des dieux sumérien, allant ainsi au-delà de son origine ougaritique et égyptienne.

Il n’est pas anecdotique au regard de l’explication qui vient d’être donnée sur « ta » que « Anat » était aussi nommée « Anta » en égyptien.

Nous voyons ainsi que le « at » ou le « ta » est la marque du féminin à tout le moins pour les noms courants. C’est probablement l’antique raison dont dérive le fait en arabe par exemple que le féminin nominatif soit aussi marqué par la « at » final pour le distinguer du masculin.

Conclusion sur TA’ ĦAGRAT

 

Il en résulte de ce que nous venons de dire que ce nom choisi pour ce temple sacré, TA’ ĦAGRAT, qui a sans doute traversé les millénaires, porte, jusqu’à aujourd’hui, la même charge symbolique colossale qu’à son origine, une origine chamo-sémitique, totalement consanguine du sumérien.

Il est difficile de le résumer en un seul mot de par le jeu des multiples doubles sens, mais si l’on devait lui accorder un sens premier parmi tout ce qu’il évoque et que j’ai détaillé pour vous, ce serait probablement : le mortier d’Eve, la compagne du père aux enfers qui le broie pour le faire s’illuminer et distribuer en retour l’abondance à ses sujets.

ĦAGAR QIM

Ce nom peut aisément se décomposer en « ha » « aga » « ara » ou « ra » puis « qi/ki » « im ».

Concernant Ħagar il est la simple version non contractée de Ħagr, « ar » ou « ra » étant des équivalents en sumérien (revoir l’index des phonèmes).

Entre parenthèses, l’analyse de ce terme nous permet de comprendre le sens du nom de la concubine d’Abraham, que sa femme Sarah lui donna afin qu’elle ait un fils, et qui avait pour nom Agar, celle même qui deviendrait mère d’Ismaël qui serait à l’origine de nombreuses nations dont la nation arabe (Isaac qui naîtrait de Sarah donnant lui la nation juive).

Ne perdons pas de vue qu’Abraham vivait en Sumer puisqu’il vivait à Ur, l’une de ses villes majeures, et que c’est à la demande de Yahvé qu’il quitta Ur pour aller vivre dans des tentes au pays de Canaan.

Ainsi, Agar est un pur nom sumérien puisqu’Abraham partit d’Ur avec tous les siens et, comme nous l’avons vu, sa contraction de « aga » et de « ar » est très évocatrice dans ce monde ésotérique, païen, où Abraham a dû vivre. Le sens de « Agar » pour le commun peuple étant certainement similaire à celui de mère génitrice comme « agarin » (père, mère, ventre utérus) et ses synonymes désignant une mère génitrice.

Mais le sens de Ħagar étant compris, que veut dit Qim ?

Les sens de « imi, im, em » sont « argile, glaise, boue ».

Quant à « k » ou « g » nous avons vu qu’isolé ce terme désigne la matrice :

« ga » ou « ka » (k et g étant équivalents) ont le sens de « g » ou « k » « réservoir » avec « a » « d’eau », de « sperme », du père – ancêtre ».

Ils représentent donc le vagin, la matrice, de la déesse-mère.

D’autant que le phonème « ka » par son homonymie avec « ga » « ugu » désigne un ancêtre géniteur(trice) soit le père et/ou la mère génitrice. « … »

De plus, nous savons que « ki » désigne nommément la déesse sumérienne de la Terre de sorte que « qim » ou « kim » nous renvoie à l’imagerie symbolique du pot d’argile, c’est-à-dire de la matrice de la mère qui façonne, refaçonne les humains en ce sens qu’elle est la mère des vivants comme celle qui régénère les morts.

Le potier façonnant l’argile est évidemment un symbolisme universel du créateur façonnant ou créant les humains (revoir le symbolisme du potier, de l’argile, de la boue…)

CONCLUSION

Il devient, je pense, évident que ces noms-dédicaces ne furent pas assurément choisis par hasard par les bâtisseurs de ces sites.

D’entrée, ils nous disent ce que l’on va y trouver, des symboles majeurs de l’opération de la destruction de la matrice de la déesse-mère Eve, préalable à toute régénération des morts : mortiers, spirales…

PRÉSENCE CONJOINTE DU PÈRE DES DIEUX

Dans la logique qui voudrait que le père des dieux soit lui aussi sous une forme ou une autre, objet d’une représentation et d’une vénération, même si minoré par rapport à la déesse-mère, il est intéressant de remarquer que l’on retrouve une statuette qui pourrait le représenter :

Les fragments de cette statuette debout en argile ont été retrouvés dans le temple central de Tarxien à côté de la niche à double étagère (celle de l’abside médiane gauche). Le manque de seins est juste hypothétique. La jupe a été reconstruite. La tête est bien modelée.

http://web.infinito.it/utenti/m/malta_mega_temples/stattuet/statt/stat/sitknee.html

Il semble évident qu’il s’agisse d’un dieu masculin étant donné le visage, l’absence de seins proéminents (ce qui aurait sans doute été le cas si elle avait représenté la déesse-mère plantureuse locale), le motif de la tunique est différent de celle de la déesse-mère (les plis ou décorations de celle de la déesse-mère partent depuis la mi-hauteur alors que celles-ci partent depuis la taille). Cette statuette est faite d’argile rouge.

Même si l’argile rouge est un lieu commun pour les statuettes, relevons tout de même qu’étant donné l’expertise dans le domaine de la pierre des bâtisseurs, il leur eût été aisé de représenter leur divinité dans la pierre.

Pourquoi recourir à de l’argile rouge, sachant la signification même du nom d’Adam, l’homme rouge ou l’homme tiré de l’argile rouge (voir Tome 3/note à Adam, l’homme rouge).

Sur le site de Majdra ont aussi été découvertes deux petites statues. Si rien n’est dit de leur sexe respectif, cela va aussi dans le sens de la présence d’un couple de dieux.

REPRÉSENTATIONS ANIMALES DU PREMIER COUPLE HUMAIN DIVINISE : TAUREAU VACHE BOUC ET CHÈVRE

Il est une autre évidence qui atteste de la présence conjointe du premier couple humain divinisé en tant que père des dieux et de la déesse-mère : c’est leur représentation sous deux de leurs formes animales privilégiées respectives : le taureau et le bouc pour le père des dieux et la vache et la chèvre pour la déesse-mère

En effet, malgré les interprétations usuelles des observateurs de ces sites qu’il ne m’apparaît pas nécessaire de rappeler et commenter ici (selon lesquelles les animaux servent à représenter uniquement les animaux sacrifiés et/ou le cheptel local de l’époque [sic…]), il a été démontré après les analyses introductives que même s’il est vrai que les déités qu’elles représentaient les réclamaient en offrandes, taureau et bouc ou vache et chèvre ne sont pas là pour représenter la faune et la flore locale, ni même que les animaux usuellement dédiés au sacrifice.

Il a été vu dans ce tome que le bouc est un des emblèmes d’Adam, au même titre que le taureau, le cerf, le crabe, l’âne… etc.

idem pour Eve, avec sa contrepartie femelle, la vache, la chèvre.

Ce n’est donc nul autre que le premier couple humain divinisé qui est représenté ici sur ce site.

Il a ainsi été évoqué que dans le Temple occidental de Tarxien que l’on retrouve nombre de pierres sculptées en bas-relief de motifs géométriques [volutes, spirales…] ou animaliers [bouc, chèvre, cochon].

[Pour le symbolisme du cochon, voir le tome 3]

Plaquette 16.1 dans la cour 13 du site de Tarxien court 13 on trouve une fresque en bas-relief montrant un taureau et une vache)

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.7)

Remarquez comme la vache est représentée avec des franges en dessous de son ventre et tout du long, comme autant de multiples plis, franges à l’image de celle portée par la déesse-mère (quand elle est habillée).

LE PILIER CENTRAL DE SKORBA

Il est d’autre part tout à fait logique que le père des dieux ne soit pas surreprésenté puisque, foncièrement, il est « seulement » l’objet de la régénération de la matrice de la déesse-mère. Toute l’attention et tout le culte sont dirigés vers le moyen de sa régénération, la déesse-mère et sa matrice. 

Même si la visibilité de la présence du père des dieux est moins évidente, il ne faut pas oublier que le but du temple du corps de la déesse-mère est la transformation du père en divinité, après quoi celui-ci est réputé faire le choix de rester sur terre pour se réincarner dans son fils (qu’il a lui-même préalablement généré en fécondant sa femme) et rester une déité guide pour ses fidèles sur terre (exactement à la manière d’un bouddha illuminé qui choisit après avoir acquis seul la divinité de rester sur terre pour guide les humains sur la même voie et est alors nommé bodhisattva).

Si la matrice de la mère est donc le moyen de cette régénération-réincarnation, la manifestation du père fécondant et du père régénéré dans le fils se fait au moyen du symbole usuel du monolithe au centre de la matrice.

De ce point de vue, le pilier central du temple de Skorba de 2,90 m en globigérine, étant donné sa localisation au « chœur » du temple dans la zone au-dessus de l’autel central est sans doute une manifestation du père des dieux tout à la fois fécondant (du haut vers le bas) et régénéré (du bas vers le haut).

Il est à cet endroit dans l’axe du cosmos, prêt à rejoindre les étoiles.

En effet, sur le site de Skorba, le pilier de 3,90 en calcaire globigérine se situe au niveau de l’abside supérieure.

L’emplacement de ce pilier massif au-dessus de la zone de l’autel et en – dessous de l’abside supérieur est similaire à l’emplacement traditionnel de Jésus sur la croix dans les basiliques.

Avec ce pilier en globigérine nous retrouvons parfaitement le symbolisme du poteau, de la colonne, de l’obélisque, de la pierre dressée (revoir leur symbolisme respectif) symbolisant notamment et surtout parce qu’à cet endroit, le père régénéré, émergeant de la matrice de pierre de la déesse-mère pour être catapulté en étoile-divinité vers le cosmos.

Au regard de ce qui a été développé par ailleurs, son nom n’est certes pas écrit dessus, mais c’est tout comme. 

LES SYMBOLES DES DIFFÉRENTES ÉTAPES DU CYCLE DE RÉGÉNÉRATION

LA MATRICE DE LA DÉESSE-MÈRE QUI BROIE : LE SYMBOLISME DES MORTIERS

LA DEESSE-MERE : UNE DÉESSE DU GRAIN (PRO DÉMÉTER)

Il est particulièrement intéressant de relever que l’une des conclusions de la thèse de Mr Ferguson est qu’il trouve des caractéristiques de type de type matristique, avec le culte d’une déesse chthonienne associée aux céréales

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.3).

Une déesse chthonienne associée aux céréales ?

C’est-à-dire que nous sommes en présence d’une déesse du monde souterrain, des enfers, qui est, de plus, associée au symbolisme du grain.

Mr Ferguson précise plus avant sa pensée et ce qui l’a conduit à cette déduction avec la présence de :

  • mortiers en forme de colonnes de pierre sur le site du temple de Tarxien

Mortier du temple de Tarxien

  • d’un autre mortier à sept compartiments ressemblant (trop) étrangement à la frise se trouvant sur la plinthe au-dessous du socle de la statue géante de la déesse-mère du temple de Tarxien

Mortier avec sept compartiments du site occidental de Kordin

Sur les mortiers colonnes de pierre du temple de Tarxien voici ses observations livrées telle quelle :

Les mortiers sont généralement de simples objets en pierre aplatis avec une surface supérieure concave adaptée au meulage vigoureux lorsqu’il est posé au sol. De Tarxien nous avons un groupe d’objets appelés mortier avec une surface supérieure légèrement concave qui montre des signes d’utilisation apparente, mais ils forment le sommet d’une colonne de pierre d’environ deux pieds de haut qui semble la plus inappropriée pour le broyage. Prenant le contexte de leur temple en compte, ainsi que l’étroite similitude de leurs contours à sept objets sculptés en relief sur le socle de la statue monumentale « … », je les ai interprétées comme peut-être des quêtes rituelles conçues pour être utilisées par un préposé devant l’image du culte (Ferguson 1986).

Mr Ferguson comprend ici que ces mortiers ne sont pas assez pratiques pour être destinés à un usage quotidien et qu’étant donné le contexte du temple, ils ont nécessairement un caractère rituel

Il reparle à un autre endroit de ces mortiers-colonnes du temple de Tarxien et fait le lien avec le mortier à sept compartiments du temple de Kordin que son homologue Mr Trump prend lui pour un mortier communal :

La fouille de Tarxien a également produit trois objets en pierre droits, décrits comme mortiers, maintenant dans le Musée du temple de Tarxien (planche 23,2, 24.2). Deux ont des côtés concaves, avec un contour très similaire aux sept objets sculptés sur le socle de la Déesse (voir Ferguson, 1986), tandis que le troisième ressemble plus à un pilier avec une base et un chapiteau ; ils ont tous une surface supérieure un peu concave qui aurait pu être utilisée pour le broyage du maïs, et ces surfaces semblent avoir été utilisées pour le broyage. Mais s’ils étaient vraiment utilisés comme mortiers, ils étaient très spécialisés, puisque leur forme est beaucoup trop instable pour être pratique pour l’action vigoureuse requise pour moudre des quantités substantielles de farine ; les mortiers néolithiques étaient généralement placés sur le sol et étaient plats, plusieurs exemples du néolithique Malte sont préservés (souvent de lave). Étant donné qu’ils sont venus de l’enceinte de Tarxien, j’en conclus que leur inhabituelle forme implique un usage spécifique, et puisque le socle de la statue montre sept de ces objets, nous avons une association néolithique entre la statue du culte et ces mortiers en question. Il serait inapproprié de rester assis au moment de faire une offrande, donc la conclusion doit être que ces mortiers ont été spécialement conçus pour que le maïs puisse être moulu en farine en position debout. Ce serait une offrande rituelle utilisée uniquement pour de petites quantités de maïs et de farine, et ainsi nous devrions voir ces objets autant comme des autels que comme des mortiers. Leur forme, bien que peu élaborée, est similaire à celui de l’autel floral à Hagar Qim, donc il semble que la communauté Tarxien ait basé son rituel sur le blé et l’orge ; l’existence d’un mortier à sept compartiments intégrés au temple de Kordin III (Planche 23.1) implique des préoccupations similaires dans cette communauté proche (éventuellement parentale). Trump commente, « Pour moi, l’implication semble claire que c’était le grain de la communauté étant amené dans le temple pour être broyé sous la protection immédiate de la divinité de la communauté. Il y avait presque certainement un élément social fort dans ce broyage communautaire de la farine quotidienne. » (1983 ; 73) (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.181,182).

Quant à ces mortiers, arrêtons-nous au passage sur une particularité que Mr Ferguson relève plus loin dans sa thèse, mais n’explique pas :

En ce qui concerne la lave, Bonanno commente, « Les pierres de mortier de lave de Tarxien… sont venues certainement de l’Etna. Cette importation de lave pour le broyage des céréales est encore plus significative étant donné que le calcaire corallien local servait à cet effet tout aussi efficacement. En effet parmi les broyeurs et pierres de mortier du site de Skorba aucune n’était de cette matière importée. » (1986 b ; 38) (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.269)

La question ici est : pourquoi les bâtisseurs de Tarxien se sont-ils pris la peine d’aller chercher de la pierre de lave de l’Etna pour édifier leurs mortiers ?!

Après quoi, relevons la conclusion à laquelle ses observations conduisent Mr Ferguson :

La preuve de la plinthe (de la statue de la déesse-mère du temple de Tarxien) avec son travail en relief indique une déesse associée aux céréales et aux mortiers rituels de ceux du type retrouvé à Tarxien. Cela a un parallèle étroit avec l’interprétation de Trump du mortier communal de Kordin tel qu’il est utilisé pour moudre quotidiennement la farine ; encore une fois, nous voyons la proximité de Kordin et Tarxien dans le rituel. L’implication est celle d’une déesse associée aux céréales et la fertilité de la terre labourée, une proto-Déméter. Déméter, rappelons-le, est décrite dans l’Hymne d’Homère comme étant fini de procréer. Il y a d’autres fortes allusions à Malte à la religion agricole et au rituel qui ont des analogies grecques en Déméter et les mystères d’Éleusis (ceux-ci doivent avoir des racines néolithiques). Tout comme dans l’étude de la religion comparée dans son ensemble, ce n’est pas une discipline (comprendre les mystères d’Éleusis) dans laquelle une approche scientifique positiviste s’est avérée ni fructueuse, ni approprié (p.191) « … »

Il vaut la peine de souligner que la preuve grecque de l’hymne homérique à Déméter et notre connaissance des mystères d’Éleusis dépeint Déméter spécifiquement en tant que femme ayant passé l’âge de procréer, une nourrice, mais qui n’allaitait pas et un rituel explicite (répété dans les Mystères) la fait rester assise par terre. De même, ses disciples, bien que femmes mariées, devaient maintenir la pureté rituelle en s’abstenant de relations sexuelles pendant sa Fête. Les deux cas sont trop similaires pour être écartés comme une « coïncidence » : les figurines assises d’Agar Qim, quelle que soit la manière dont nous essayons de les lire, auraient certainement été vues par les Grecs comme représentant Déméter dans cette position caractéristique de la sienne, assise sur la terre. (p.193,194)

La similitude est encore renforcée par l’association de Déméter et de la déesse maltaise avec le grain. Mon interprétation des reliefs sur le socle de la déesse à Tarxien semblerait subjective si des mortiers avec le même contour n’avaient pas été découverts à Tarxien lui-même, et ce contexte précis « … » signifie que les formes ovales sur le socle sont bien mieux interprétées comme étant des grains. Cette association est plus soutenue par la pierre « auge » de Kordin III, d’abord vu par Ashby comme un mortier pour moudre le maïs. Allons-nous accepter comme une « coïncidence » les sept compartiments à Kordin et les sept mortiers esquissés à Tarxien ?

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.194).

Toute cette réflexion est décidément très intéressante.

C’est comme si Mr Ferguson nous disait : à un moment donné, ouvrons-les yeux ! il faut arrêter de vouloir regarder les choses par le petit bout de la lorgnette scientifique positiviste qui veut voir, comme Mr Trump (un des grands découvreurs du site de Malte et un de ses homologues chercheurs) dans le mortier du site de Kordin un simple mortier communal pour le village local ! Assez de cette vision qui se veut « scientifique » et qui occulte complètement les analogies pourtant évidentes à faire entre cette déesse maltaise du grain, assise et accompagnée de mortier de toute évidence sacré (nous sommes dans un temple tout de même !), d’avec le culte de Déméter, la déesse grecque assise du grain.

Même si Mr Ferguson ne comprend pas le sens symbolique des mortiers, du grain, de la position assise, de la lave, ni les mystères de Déméter, il a parfaitement compris que nous sommes aux antipodes d’un culte agricole et qu’il touche du doigt avec ce culte sur Malte une ramification d’un culte néolithique dans lequel les mystères d’Éleusis ou le culte de Déméter puise aussi leurs racines !

Évidemment, les pseudos « experts » dogmatiques hurleront en pointant du doigt le fossé temporel qui sépare les temples de Malte de Déméter des Grecs, mais c’est complètement ignorer que nous parlons ici une protolangue, à vrai dire la première des langues sacrées et qui est donc par nature universelle, intemporelle, qui transperce les âges et les civilisations, même si ici ou là elles privilégient des symboles, ou un pan du langage symbolique, plutôt que d’autres.

 

Pour ce qui nous concerne, avec les analyses livrées du symbolisme du mortier (dans ce tome) du grain (voir tome 3) de la position assise de la déesse-mère, tout ce mobilier mystique est parfaitement compréhensible.

Le mortier rappelons-le brièvement sert à représenter une des premières étapes de l’action de la matrice dans le processus de régénération savoir la destruction, le concassage, le passage au pilon symbolique du père des dieux (ou du défunt) afin de lui faire payer symboliquement ses fautes. C’est une des étapes préalables, avec celle de sa combustion et celle de son battage, barattage, mélange, pour permettre ensuite sa purification, sa sublimation, sa renaissance.

Aller chercher des pierres de lave pour façonner le mortier qui est un symbole de la matrice est une évidence étant donné le symbolisme de la lave qui est le sang de la matrice de la déesse-mère, dont ses menstrues. La pierre de lave est donc idéale pour façonner et symboliser l’utérus irrigué de sang de la déesse-mère.   

LA MATRICE QUI BARATTE LE PÈRE DES DIEUX : LE SYMBOLISME DES AUTELS AVEC SPIRALES

Puisque j’en suis à parler de battage, de remuer, de mélanger de baratter, autant de mots pour désigner cette étape importante du processus ésotérique de régénération, intéressons-nous maintenant si vous le voulez bien à ce qui, sur ce site, l’illustre parfaitement : le recours à la spirale.

Il est important de préciser à l’égard de ce motif que, jusqu’à l’écriture de ce livre, elle était parfaitement incomprise et faisait l’objet de nombreuses conjectures.

On lira encore et toujours par exemple sur le site du tumulus de Newgrange en Irlande, que le motif de la spirale à l’entrée des temples reste un symbolisme inexpliqué…

Et bien il ne l’est plus puisque comme nous avons pu le lire dans son analyse, elle représente simplement l’atteinte par l’individu de la perfection par le moyen de la matrice dans son action de remuer, mélanger, battre, baratter l’individu, le défunt en vue de le punir de ses fautes, en une étape préalable à sa purification et à sa renaissance (d’autant comme nous venons de le revoir que la spirale se dit ĥar, àr, ur5 comme le mortier-mixeur et est donc intimement associé à son action symbolique).

LES AUTELS ET LEUR DISPOSITION

La disposition des autels est généralement centrale, au centre des trèfles (ou croix), notamment du trèfle supérieur :

  • Sur le site du Temple méridional de Ħagar Qim, l’autel (en 4) est au centre de la structure, avant comme après l’agrandissement du temple.
  • Sur le site du Temple occidental de Tarxien, les autels (en 5) sont au centre de la structure, autour de la cour du premier trèfle. L’autel principal est lui au centre du deuxième trèfle à trois absides (ou croix majeure).

Cette configuration de l’autel au centre de la croix est similaire à celle qui sera observée plus tard dans les basiliques.

Voici d’ailleurs ci-dessous l’autel principal du site qualifié de « décoré ».

Voyons pourquoi

AUTEL DÉCORÉ DU SITE DE TARXIEN

Copie de l’autel décoré dans le temple (occidental) de Tarxien (l’original est au musée d’archéologie de La Valette)

Rappel de ce qui nous est dit concernant cette pierre : Nombre de pierres sculptées en bas-relief de motifs géométriques (volutes, spirales…). Une de ces pierres décorées comporte une ouverture en demi-lune, bouchée par une pierre parfaitement ajustée et décorée. Les fouilles ont révélé que cette pierre donnait ouverture à un espace où étaient déposés des offrandes et le couteau rituel de pierre.

Attendu le symbolisme de la spirale qui est avant tout le retour au centre, à la perfection grâce au barattage de la matrice, le symbolisme de la demi-lune qui est elle aussi, notamment, lorsque fendue sur sa hauteur, un symbole de la vulve, que signifie cet autel à cet emplacement central, au niveau du « chœur » du temple ?

C’est évidemment la zone du sacrifice, voire de la participation au sacrifice par les prêtres et les adeptes, l’offrande faite à la matrice de la déesse-mère pour la remercier pour son propre sacrifice et lui redonner du « sa », de l’énergie vitale, afin qu’en retour elle assure la régénération des morts et continue de prodiguer ses bienfaits, ses fluides vitaux aux vivants. 

Il est tout aussi éclairant de constater que la structure derrière l’autel, avec un orifice après une porte en linteau, le tout encadré par deux blocs de pierre, représente le vagin, l’entrée de la matrice (à la manière du trou des oracles d’Hagar Qim vu plus haut) dans laquelle l’offrande va être sans doute en tout ou partie, donné, jetée après avoir été sacrifié sur la table de l’autel. 

La victime sacrificielle va permettre au défunt de satisfaire la grande déesse en vue de sortir vainqueur du battage/barattage/brassage qui l’attend dans la matrice que symbolisent les spirales.

AUTEL DÉCORÉ DU TEMPLE OCCIDENTAL de TARXIEN

Autel de l’abside du fond du temple occidental de Tarxien

Voici ce que Mr Ferguson dit à son sujet :

Une dernière frise remarquable de Tx W est la plus grande de tous, mesurant environ 3 mètres de long, et sculpté d’une double rangée de spirales en cours d’exécution dans le style tarxien (Planche 8.1). Sa position est particulièrement intéressante : il se trouve juste en face de l’entrée de la souvent reconstruite abside terminale « … » et coupe efficacement l’abside du public un peu comme le rail de communion dans les églises chrétiennes. Bien qu’il puisse aucune preuve qu’il a été utilisé pour fabriquer ou recevoir offrandes, il divise apparemment la zone en une zone publique et une zone intérieure pour le sacerdoce. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.181).

Nous sommes sur la même symbolique que précédemment.

AUTRES ÉLÉMENTS AVEC SPIRALE

Paravent en pierre gravée du temple centre de Tarxien

Pierre bloquante du temple central de Tarxien cour 14

Même si ces deux dernières ne sont pas relatives à des autels, elles partagent avec ceux-ci un point commun en ce qu’elles marquent elles aussi une séparation entre d’un côté la zone sacrée réservée à la prêtrise et les probables assistants aux cérémonies.

Si la frise (vue juste avant) de l’abside du temple occidental de Tarxien est une variante de l’autel décoré (vu en premier), remarquez comme le symbolisme de des ceux derniers exemples est évident et frappant.

Mr Ferguson mentionne le fait que d’aucuns y ont vu les deux paires d’yeux de deux déesses-mères pour signifier qu’elle voit tout. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.208).

Mais voyons plutôt le réel symbolisme premier :

Remarquez sur la première qu’il y a au centre un cercle avec un point en son centre : c’est là ni plus ni moins le symbole universel de la déité suprême, de l’atteinte du centre du cercle. Or cette atteinte de la perfection suprême est le fruit d’un mélange, d’un battage de toutes parts. De plus les triangles de part et d’autre servent à illustrer le fait que l’on se trouve à l’intérieur du vagin denté, de la gueule symbolique de la matrice (voir le symbolisme de la gueule, du vagin [denté]). 

Cette frise illustre parfaitement le fait que l’entrée dans la matrice pour y être broyé (avec ses dents exactement comme avec un mortier) aura aussi pour effet suite à son action successive de battage/barattage/brassage de finir par rendre parfait l’être qu’elle a englouti, broyé et battu, de finir par lui faire atteindre le centre du cercle.

Idem pour la deuxième où l’action conjointe des deux flux opposés du battage

a pour résultat l’élévation du grain symbolique, de l’individu au centre.

Nous avons ainsi deux symboles différents, l’atteinte du centre du cercle, ou l’élévation (du grain), deux symboles distincts mais qui signifient strictement la même chose : l’atteinte de la divinité (l’un par le centre, l’autre par le ciel) en lien avec l’action du barattage de la matrice !

Le symbolisme des yeux halluciné de la déesse-mère est connexe et est aussi induit, puisque, fondamentalement, l’œil est aussi un symbole de la matrice de la déesse-mère et un symbole de sa sagesse en tant que l’œil qui voit tout (voir tome 3 le symbolisme de l’œil, le symbolisme de la déesse contemplatrice).

Mais il reste ici un symbolisme secondaire.

HYDROGRAPHIE ET SYMBOLISME DES FLUIDES

CARTOGRAPHIE HYDRAULIQUE DES SITES

Il est intéressant de noter que les sites les plus anciens (Skorba et Ta Hagrat) sont au plus proche des sources d’eau actuelles de l’île) :

L’archipel a sa propre nappe phréatique qui rompt la surface à divers points en saison pour fournir de l’eau fraîche. Aujourd’hui les sources se trouvent principalement à Gozo et à l’ouest de Malte, les sites néolithiques de Skorba et Ta Hagrat étant à portée de main, comme les « amas mégalithiques » de l’ouest de la côte. Mais ces sources modernes ne sont pas nécessairement révélatrices de celles disponibles à la préhistoire (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.19)

Certes, rien ne dit que l’emplacement des sources est la même qu’à l’époque de la préhistoire, mais étant donné le symbolisme des fluides, il est logique que les bâtisseurs soient venus édifier les temples primitifs de leur déesse accroupie au plus près des sources d’eau.

HYPOGÉE DÉCOUVERTE SUITE À LA CRÉATION D’UN PUITS

Dans sa thèse Mr Ferguson émet l’idée qu’y doit y avoir d’autres hypogées comme celles de Hal Salfieni, pour pouvoir absorber le nom de morts de la communauté locale. Et dans son explication, il est intéressant de noter qu’il précise « que le site de Hal Safliéni n’a été découvert que par le hasard que les plans de construction du bâtiment de surface comprenaient un puits à une position cruciale »

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.159).

Force est de constater que l’hypogée de Hal Salfieni se trouve visiblement à l’exact surplomb d’une nappe phréatique, sinon un puits n’y aurait pas été envisagé.

LE RECOURS AU CALCAIRE : UN RAPPEL DE LA GROTTE

Il est aussi utile de rappeler la nature des roches utilisées sur les sites pour la création des temples : soit de la coralline, soit de la globigérine (pour les dalles et blocs soigneusement façonnés et finis, généralement utilisés pour les portes et les intérieurs, normalement de taille moyenne en dehors des orthostates.

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.89)

La globigérine est une forme de calcaire correspondant à du plancton fossilisé  

 

Observons aussi ce qu’il est dit concernant le paysage général de l’île :

Le paysage est accidenté et façonné par des failles ; les plateaux calcaires aux sols fins sont interrompus par les pentes abruptes des vallées et les systèmes fluviaux des oueds formant les fonds des vallées (Foglini et al. 2015 ; French et al. 2018)

La solubilité du calcaire, son consentement à l’eau, signifie qu’[il]… est riche en lieux clandestins : rigoles, crevasses, tanières, grottes, creux, ravines.

Robert Macfarlane, « The Wild Places » (2008, 166/thèse de Jess Emma Thompson octobre 2019/Magdalene College, University of Cambridge)

Pour autant, ce n’est pas parce que le paysage est fait de calcaire que la globigérine était à portée de main. En effet, par exemple, le bloc de 3,90 m de haut, utilisé pour la construction de l’embrasure intérieure du temple de Tarxien provenait d’une carrière à plus de 1 500 m dans un paysage accidenté….

Pourquoi s’échiner à un tel effort sinon pour exprimer un symbole fort ?

Or, dès l’instant où nous comprenons que le temple est la représentation de la matrice de la déesse-mère (étape 1) ou de son corps tout entier (étape 2), l’usage du calcaire dans la construction sert à restituer la nature même du corps de pierre de la déesse-mère de la Terre, de la roche, comme des fluides qui y circulent et qu’elle distribue à ses adorateurs.

C’une manière de représenter la texture même de la matrice remplie de liquide amniotique, de rappeler la grotte primitive donc chacun est né et à partir de laquelle le monde entier est inondé de fluides vitaux.

CITERNES DANS L’HYPOGÉE

Dans l’examen du site de l’hypogée, il y est confirmé l’existence de deux grandes citernes :

Il y a une grande citerne (33 000 litres) à l’entrée interprétée comme une réserve d’eau, et une plus petite au niveau trois (7 000 litres) interprétée comme ayant aussi été une réserve d’eau.

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.155 sur l’hypogée. P.158).

Si certains auteurs pensent qu’il s’agit de simples réserves d’eau, cependant, dans un contexte cultuel avec le temple souterrain représentant la déesse-mère en position allongée, avec la citerne en bout de course il y a fort à parier que cette citerne à l’attention servait à représenter le don de ses fluides vitaux à ses dévots.

LE PUITS À OFFRANDE DANS L’HYPOGÉE

S’il est remarquable de constater que le puits à offrande se situe au niveau du nombril du temple souterrain de l’hypogée de Hal Salfieni, il se trouve de facto symboliquement dans l’axe central de la matrice, communiquant à la fois avec le cosmos par le haut, mais aussi avec le tréfonds de la terre en bas. Étant un puits, on peut imaginer qu’il ait pu signifier dans l’esprit des bâtisseurs le puits par lequel la déesse-mère vient alimenter la terre de ses fluides vitaux, le puits central venant alimenter les nappes phréatiques alentour. 

LE BOL MONOLITHIQUE ET LA CONSOMMATION DE BOISSONS FERMENTÉES

Temple central de Tarxien avec bol monolithique à côté de l’entrée-trilithe

Foyer sur le devant

Il n’est certainement pas anodin de constater dans le temple central de Tarxien la présence d’un bol monolithique qui a pu être un réservoir de boisson fermentée de type bière :

C’était évidemment conçu pour contenir du liquide, mais est-ce que c’était de l’eau (un autre élément important symboliquement) ou peut-être une boisson fermentée comme de l’hydromel ou une bière d’orge est assez incertain. Dans le cadre du temple populaire agricole de Tarxien, probablement dédié à une déesse associée aux céréales, une bière d’orge est plus probable. Dans l’ancien Proche-Orient et l’Égypte, le brassage de la bière était pratiqué dans les temples, et de grandes quantités étaient consommées dans les grandes fêtes.

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.208).

Étant donné le symbolisme de la bière qui a été analysée en amont, qui participe totalement du symbolisme des fluides en tant que fluide vital, urine émanant du corps de la déesse-mère accroupie représentée par le temple, cette présence de bol de bière monolithique en ces lieux n’est pas (plus) une divine surprise.

LES AUTELS-CHAMPIGNONS 

En rapport avec le symbolisme des fluides et plus précisément de la putréfaction, on retrouve aussi sur site le symbolisme du champignon (revoir en tome 3 le symbolisme du champignon) :

Les deux « autels aux champignons » (Trump les appelle autels de table) sont également intéressants, bien que n’étant pas exactement une paire. La partie haute plus finement coupée de celui de gauche fait soutenir l’utilisation en tant qu’autel (un fluide, peut-être du sang, est certainement sous-entendu). Il y a des différences dans leurs tiges ce qui implique également une certaine différence dans l’utilisation rituelle. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.183).

Remarquez que Mr Ferguson induit lui-même la notion de fluide sur cet autel champignon.  

La présence de cet autel champignon est ici parfaitement logique puisque le champignon n’est pas seulement un symbole phallique du grand dieu et/ou de ses adorateurs considérés comme morts puis régénérés et rejoignant le ciel tel des divinités, mais aussi un pur symbole matriciel, représentant la matrice de la déesse-mère et tout particulièrement son vagin surmonté d’une coupole à partir duquel elle expulse les êtres nés de nouveau (revoir le symbolisme du champignon).

LE SYMBOLISME DE LA COUPE : LE PARVIS SEMI-CIRCULAIRE OU TERRASSE ELLIPTIQUE EN DEMI-LUNE A L’ENTREE DES TEMPLES

Il a été remarqué que les façades des temples ont une forme concave, de coupe ou demi-lune.

Ainsi lit-on :

Zammit dit : « Elles ont un parvis semi-circulaire et étaient à l’origine confinées par un haut mur de monolithes qui dans de nombreux cas ont survécu jusqu’à nos jours. » (Zammit 1929, 1980 ; 8) « … » Eliade dit, « les vastes terrasses elliptiques qui s’étendaient devant ou entre les sanctuaires servaient certainement pour les processions et la chorégraphie rituelle » (Eliade 1987 ;-168 – Temple Functions132). « … » Certaines preuves de sacrifice sont prouvées par de grands blocs d’attache perforés, sûrement les plus appropriés pour le bétail, et la libation est un autre rite établi. (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.169).

Si l’on garde présent que le temple représente le corps de la déesse-mère duquel va s’écouler des fluides qu’il va s’agir de recueillir, il est normal de représenter la cour comme une coupe afin de réceptionner les fluides de la déesse-mère qui vont s’en échapper essentiellement par l’entrée de sa matrice c’est-à-dire au niveau du temple de son corps vu dans son entier, la porte d’entrée du trilithe.

LIBATIONS AUX MARCHES DU TEMPLE

Faudra-t-il alors s’étonner qu’à l’entrée du temple méridional de Skorba, le pavage en pierre comprenne six dalles avec cinq trous sur trois d’entre elles qui seraient suivant H. Trump, destinés à recevoir des libations ?

À cet endroit même de l’entrée de la matrice, effectuer des libations s’assimile à l’éternel donnant donnant entre la déesse-mère et ses sujets : tu me donnes des fluides vitaux, du sang, du « sa » en échange de quoi je te donnerai les fluides de mon corps.

LES BÉTYLES DU PARVIS AVEC LE GRAND BASSIN MONOLITHIQUE

À cet égard, la présence sur le parvis du temple de Tas Silg (non traité dans notre revue des sites majeurs) de deux bétyles de part et d’autre du parvis et directement associés à un grand bassin monolithique atteste qu’il est ici question d’eau, de fluides d’abondance, à destination de toute la communauté réunie aux abords de l’entrée du temple de la déesse-mère.

Les deux bétyles pouvant représenter indistinctement le père des dieux comme la déesse-mère (revoir symbolisme du bétyle, du poteau, de la colonne…).

Si le bétyle central proche de l’autel représente indiscutablement le père régénéré dans le fils, en revanche le bétyle, le poteau sacré, isolé, peut représenter, cela a été vu dans leur analyse, indistinctement, l’un et/ou l’autre. 

Voici le texte commentant cette découverte :

En 1968, des excavatrices italiennes ont trouvé un gros bétyle, 1,30 m de haut, environ 30 m vers la gauche et légèrement devant le temple de la phase Tx à Tas Silg (Fig.7) – Il était directement associé à un grand bassin monolithique d’environ 5 m de long. Azevedo a noté que plus tard « la planimétrie et la situation générale de la zone a été respectée » malgré altérations majeures (dans MaiaM 6, 1969 ; 118 trans. Fales). Soupçonnant une disposition symétrique dans le parvis, les Italiens ont cherché et en 1970 ont trouvé un autre bétyle dans la position équivalente à droite du parvis.

Azevedo commente : » Le baetylus n’a pas seulement été conservé par respect

pour son ancienneté et pour son lien avec les plus édifice cultuel sacré ; il était également considéré comme un objet cultuel en soi. Sur ce point la preuve

provenant de l’excavation est très claire… (ceci) est prouvé à la fois par des fragments de baetyli votifs, moulé dans une forme cylindrique, trouvé dans la région, et par l’effigie d’un bétyle sur le fronton d’un aedicula. » (Ibid ; 119)

Cette preuve importante de Tas Silg, impliquant conception et planimétrie du parvis, établit sans ambiguïté un culte du bétyle : ceci est encore confirmé à Tarxien par Zammit1s trouvailles qui comprenaient la base d’un bétyle en Tx C, cour 12, et divers fragments de pnalli modélisé (planche 22.2), deux d’entre eux en fait triplé. Quelle est leur signification ?

(the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.201)

UTILISATION RÉCURRENTE DE L’OCRE ROUGE

Il est aussi intéressant de relever l’usage constant de l’ocre rouge au sein des temples, dont l’hypogée de Hal Salfieni.

En voici un exemple :

Il est clair que l’enterrement était au moins fréquemment associé à l’utilisation traditionnelle de l’ocre rouge, prolongeant probablement une symbolique paléolithique (the temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology/p.155 sur l’hypogée)

Dans l’examen de la symbolique de l’ocre rouge, notamment dans le cadre des rites funéraires, il a été vu qu’il symbolise plusieurs choses : l’homme primitif, Adam, l’homme rouge, c’est-à-dire l’homme tiré de l’argile rouge ; le sang et l’énergie vitale que celui-ci véhicule, qui apparaît essentiel de représenter s’il l’on veut représenter et espérer la régénération du défunt ; mais aussi le sang matriciel, dont les menstrues de la déesse-mère, dont on recouvrait les défunts puisque celle-ci est réputée par ses fluides vitaux être capable de régénérer ses enfants morts (revoir la symbolique de l’ocre rouge).

Dans le contexte de ce temple dédié à la déesse-mère, ce dernier aspect de la symbolique est particulièrement prégnant. 

CONCLUSION

Que conclure de l’analyse d’un tel site ?

À bien des égards, il est une puissante démonstration de l’exactitude du langage symbolique ésotérique et comme nous l’avons vu de son universalité et intemporalité.

Les temples mégalithiques de Malte sont de véritables temples de la matrice (temples à trois trèfles) et du corps tout entier (temples à cinq trèfles) de la déesse-mère Eve-Aga-Aka, la déesse-mère de la Terre et des enfers.

Elle est nommée au moyen de son trilithe. Elle est identifiée au moyen de ses symboles universels de la vache, de la chèvre, du pot de fleurs.

En ses temples, elle opère par le moyen de sa matrice-mortier-cuve les opérations rituelles de destruction et de battage du père des dieux taureau-bouc pour lui faire payer ses fautes avant d’opérer sa purification, sa sublimation, et lui permettre de renaître sous leur fils engendré, sous le pilier central, sous le grain.

Pour cette opération d’accouchement mystique réussie, elle est ici aussi célébrée comme répandant ses fluides bienfaisants sur le monde, en véritables produits de substitution de son fils-messie.

Ici aussi elle est symbolisée dans sa position assise et accroupie par la main et le temple de son corps en train de déverser sur ses fidèles ses fluides d’abondance, dans les fosses, jarres, puits, citernes, bol monolithique, sur les marches de ses temples, dans la coupe des places publiques ou les bassins d’extérieurs.

Fluides issus de sa matrice et de son corps, qu’elle promet à ses dévots en échange de leurs propres sacrifices ou d’animaux chargés de « sa » qu’elle leur réclame en contrepartie, et dont elle les enivre dans leur propre quête d’immortalité, afin d’imiter le père des dieux, quitter leur corps de chair pêcheur chargé de fautes et atteindre eux aussi, comme lui, par leur passage à travers la matrice, le centre du cercle, l’élévation, la suprême divinité.

BIBLIOGRAPHIE 

LES TEMPLES MÉGALITHIQUES DE MALTE 

J’en profite pour remercier aussi au passage le travail que je juge exceptionnel réalisé par Hamelin de Guettelet, en ce qui concerne les plans des temples sans qui cette analyse n’aurait sans doute pas eu la même résonnance.

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypogée_de_Ħal_Saflieni
  • Chaîne You Tube Arcana.
  • https://www.youtube.com/watch?v=6EIZYWwSZAs
  • Thèse de Jess Emma Thompson octobre 2019/Magdalene College, University of Cambridge
  • The temple builders of Prehistoric/Malta Doctoral thesis by Ian F.G.Ferguson for the University of London Ph. D in Archaeology)
  • http://web.infinito.it/utenti/m/malta_mega_temples/stattuet/statt/stat/sitknee.html

 

RAPPEL DU LIEN DE CET ARTICLE AVEC TOUTE LA SÉRIE LITTÉRAIRE « LA VÉRITABLE HISTOIRE DES RELIGIONS DE L’HUMANITÉ :

Il a été effectué une synthèse de tout ce qui a été dit ou découvert de saillant sur les Temples de Malte dans un article distinct disponible aussi sur ce site :

LES TEMPLES DE MALTE : SYNTHÈSE DES DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES

article lui aussi extrait du livre disponible sur ce site :

Les temples mégalithiques de Malte, Göbekli Tepe et Stonehenge

Livre que vous pourrez aussi trouver à la rubrique :

Livres déjà parus

Pour bien comprendre la raison d’être de ce livre au sein de la série littéraire la véritable histoires des religions de l’humanité, rendez-vous à la page :

Introduction / Structuration et contenu

 

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